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La puissance temporelle de Rome s'est incarnée successivement en plusieurs figures divines qui, plus que les protectrices célestes de la Ville, sont ses incarnations surnaturelles. Celle que nous appelons la Dea Roma est en fait d'origine grecque (apparue au IIIe siècle) et sa figure symbolique ne s'est imposée que lentement dans le monnayage et l'idéologie de la République. Au temps d'Auguste, une nouvelle entité, une Fortuna Vrbis, qu'il conviendra de définir plus précisément, n'est pas parvenue à s'imposer de façon durable. C'est dans ses associations impériales, d'abord, sous Auguste, à la divinité du Prince, puis, sous Hadrien, à Vénus, mère de la nation romaine, que Roma, désormais titulaire d'un temple, accédera pleinement au statut divin. A travers ces alliances successives s'affirme l'image idéale que Rome Eternelle entend donner d'elle-même à ses citoyens et au monde.
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