Présentation

Le programme émergent Vulnérabilités, Santé et Société est une refondation du pôle Santé Maladie et Handicap. Lors du contrat établissement une forte dynamique autour des vulnérabilités a pu être identifiée au sein de l’Université Caen Normandie. Elle a rassemblé huit laboratoires des Sciences Humaines et Sociales. Il a pu par ailleurs être mis en évidence une dynamique équivalente à l’Université de Rouen montrant que cette thématique constituait une réalité en matière de recherche dans la Région Normandie.

Pourtant cette dynamique n’a aucune visibilité ni au niveau régional, ni au sein de l’UCN ou de la MRSH de Caen, c’est pourquoi nous avons voulu faire évoluer le pôle Santé Maladie et Handicap (plus restrictif) vers la thématique Vulnérabilités sans faire disparaître celle, corollaire de Santé.

Depuis fin 2016, un groupe se réunit régulièrement au sein de l’UCN pour donner à cette dynamique une assise institutionnelle (cf. infra pour les actions). Il rassemble des chercheurs en sciences humaines et sociales (sociologie, sciences de l’éducation, psychologie, droit, géographie, lettres et arts du spectacle) mais aussi acteurs du monde sanitaire et social.

L’objectif global du futur pôle est de promouvoir des formes de recherche adaptées aux problématiques de terrain ce qui nécessite des approches méthodologiques diversifiées conjuguant recherche-action, recherche interventionnelle et recherche participative sans exclure pour autant des recherches fondamentales en SHS.

Les liens entre le pôle et les institutions régionales en charge des populations vulnérables et de la santé en font un interlocuteur scientifique privilégié (ARS, Education Nationale, CHU, IRTS, ASE, …).

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Le concept de vulnérabilité [vulnerability] authentiquement transdisciplinaire émerge dans différents champs des sciences humaines et sociales dans les années 1990/2000, il tend à remplacer celui de précarité ou encore d’exclusion et recouvre un domaine plus vaste qui va bien au-delà des vulnérabilités sociales. Ce concept dont les fondements sont philosophiques avec en particulier l’éthique de la sollicitude (Ricœur, Lévinas) et celle du care (Gilligan), ouvre sur une nouvelle lecture des grilles interprétatives à partir desquelles se construit la représentation de l’humain (Génard). Cette notion nous fait passer d’une anthropologie disjonctive à une anthropologie conjonctive où chacun est vulnérable mais aussi capable, au cœur d’un entre-deux entre autonomie et dépendance.

Le concept de santé a beaucoup évolué et vient faire contrepoint à celui de vulnérabilité. Si la santé était pour Leriche à la fin du 19e « le silence des organes », elle est pour l’OMS en 1946, un état de « de bien-être physique, mental et social, et non pas seulement absence de maladie ou d’infirmité ». La santé recouvre alors un champ qui va bien au-delà de l’absence de maladie ou même de celui de bonne santé somatique pour inclure un état psychique et social satisfaisant. Parallèlement, elle devient une notion subjective et prend des contours flous : qu’est-ce que le bien-être ? Qu’est-ce que la bonne santé mentale ? sociale ? La santé devient ainsi moins un concept médical qu’un concept anthropologique, sociologique et psychologique.

Vulnérabilités et Santé se conjuguent donc dans une approche humaine et sociétale transdisciplinaire.