Police de la ville et diffusion socio-spatiale des épidémies

Lieu : Séminaire en ligne
Début : 01/12/2020 - 14:30
Responsable(s) scientifique(s) : Pierre Bergel (UFR SEGGAT) et Alain Hugon (UFR HSS)

Dans le cadre du Séminaire d’après : villes et épidémies

  • VINCENT MILLOT (historien, Université Paris 8) : « État sanitaire = État policier ? L’épidémie, accélérateur des transformations policières (France, XVIIIe siècle) »

    Le terme de « police » est sous l’Ancien Régime synonyme d’administration, notamment urbaine et les pouvoirs de police sont répartis entre plusieurs institutions au premier desquelles on trouve les villes. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, face à l’épidémie dont la peste fournit l’exemple le plus emblématique et le plus inquiétant par sa puissance dévastatrice, l’impuissance médicale est totale. Depuis le XVIe, la lutte contre la peste, les mesures de prévention, reposent d’abord sur des dispositifs administratifs urbains. Il s’agit dans cette intervention de s’interroger sur ce que font l’épidémie et la « mémoire » laissée par l’épidémie, aux institutions dotées de pouvoirs de police dans la France du XVIIIe ? Quelles sont leurs incidences sur l’organisation, les pratiques, les acteurs de ces pouvoirs et les formes de contrôle qu’ils exercent sur la population et sur le territoire ?
    La Peste de Marseille de 1720-1722, dernière grande peste qui touche le royaume et qui reste cantonnée à son quart sud-est, modifie, au moins pour un temps le fonctionnement de la police dans la ville, en associant dispositifs inédits et mobilisation intense de formes de régulations traditionnelles. Mais
    jusqu’à quel point la peste de 1720 contribue-t-elle à impulser plus largement, une dynamique transformatrice durable des pratiques policières et des « systèmes policiers » urbains au cours d’un Siècle des Lumières, marqué par les aspirations et les projets réformateurs.
     
  • LAURENT LEMARCHAND (historien, Université de Rouen) : « Qui combat l’épidémie ? Les politiques sanitaires face à la peste de Marseille (1720) »