Lieu : MRSH, salle des Actes
Début : 24 janv. 2012 - 14:30
Fin : 24 janv. 2012 - 18:00

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire pluridisciplinaire "Villes" de la MRSH.

Responsables : Pierre Bergel (ESO-Caen-umr 6590) et Vincent Milliot (CRHQ-umr 6583), en association avec Alain Hugon (CRHQ) et Stéphane Haffemayer (CRHQ)

Au programme :

  • Frédéric Ocqueteau (sociologue, directeur de recherche CNRS, CESDIP) « Lecture critique de l'ouvrage de  Didier Fassin : La force de l'ordre »  
    Frédéric Ocqueteau, sociologue, Directeur de recherches au CNRS, membre du Cesdip (Centre d'études sur le droit et les institutions pénales UMR  ) s'intéresse en particulier à la sociologie de professons policières, aux politiques de préventions des risques et de sécurité, à la réforme des institutions régaliennes, aux instruments d'action et au nouveau management public. Les transferts de culture sécuritaires entre l'Etat et les entreprises constituent également l'un de ses terrains d'enquête.
    Parmi ses publications récentes, on peut signaler, Polices, Entre Etat et marché, Paris, Presses de Sciences po, 2004 ; Mais qui donc dirige la police ? Sociologie des commissaires, Paris, Armand Colin, 2006. Il a également dirigé avec A. Chauvenet un ouvrage consacré à un sociologue de la police qui a joué un rôle décisif dans l'évolution de ce chantier de recherche, pour les sciences sociales dans leur ensemble, Dominique Montjardet. Notes inédites sur les choses policières. 1999-2006, suivi de Le Sociologue, la politique, la police, Paris, La Découverte, 2008.
    C'est sur la base de son implication sur ce terrain de recherche, d'une brûlante actualité, que le séminaire « Villes et Sciences sociales » lui a proposé pour son édition 2011-2012 (« Les Cultures urbaines de la révolte, 16e-21e s. ») de nous livrer ses réflexions critiques de sociologue sur le dernier ouvrage de l'anthropologue Didier Fassin, La Force de l'ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, Paris, Le Seuil, 2011. Cet ouvrage s'intéresse au quotidien d'une Brigade anti-criminalité (BAC) dans une ville de la banlieue parisienne, en décrit les pratiques ordinaires et interroge des formes invisibles de violence et les manifestations des discriminations.
    Polémique, assurément politique ou « citoyen », l'ouvrage a suscité de nombreuses réactions, contribué au débat sur les « bavures policières ». Il pose également de nombreuses questions méthodologiques, voire épistémologiques dans le domaine des sciences sociales. L'enquête qu'a menée Didier Fassin fait froid dans le dos : violence, abus, racisme règnent sans frein dans la BAC étudiée. Mais peut-on sans autre forme de procès élargir le constat à l'ensemble de la situation française ?
    Pour équilibrer un point de vue « particulier », les responsables du séminaire « Villes et sciences sociales » ont tenu à proposer sous forme de liens plusieurs recensions autour de cet ouvrage, les éléments de réponse et de débat.
  • Gauthier Aubert (Université de Rennes 2, CERHIO UMR 6258) : « 1675 : villes de l'Ouest en révoltes ».
    En 1675, un certain nombre de villes de l'ouest de la France, à  commencer par Bordeaux, Rennes et Nantes, connaissent des révoltes  dites "du papier timbré", d'autant plus remarquables qu'elles se  prolongent dans les campagnes de Basse Bretagne (où l'on parle de  "révolte des bonnets rouges"). Aujourd'hui pleinement intégré au  paysage historiographico-mémoriel breton, cet épisode est perçu comme  la fin d'un "âge d'or de la Bretagne " et vient alimenter une  construction identitaire régionale qui met en évidence la posture du  Breton résistant. En s'appuyant sur de nouvelles sources, en tentant  de porter sur d'autres un nouveau regard et en tâchant de désenclaver  l'objet en le reliant au contexte de la guerre de Hollande (1672-1678), il apparaît possible de tenter de retrouver un évènement  enseveli sous la mémoire qu'il a généré.