Friches olympiques, friches urbaines. Reconvertir les territoires du sport ?

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Début : 20/03/2018 - 14:00
Fin : 20/03/2018 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Ludovic Lestrelin

Journée organisée par Ludovic Lestrelin (UFR STAPS)

En janvier 2017, le ministre des sports Patrick Kanner dressait devant la presse le bilan de « l’Euro 2016 », compétition internationale de football organisée en France. Parmi les bénéfices avancés : médiatisation et notoriété pour les villes françaises, soft power, afflux de visiteurs européens, rentrées fiscales, création d’emplois et « héritage » pour les territoires avec la construction de grands équipements sportifs structurants. Quelques mois plus tard, l’obtention des Jeux olympiques de 2024 a suscité chez les élus, responsables politiques et sportifs des discours similaires, insistant sur les multiples répercussions territoriales et externalités positives d’une telle manifestation : création de valeur, effet d’image, cohésion sociale, animation festive, venue de touristes étrangers, « attractivité ». En quelques décennies, les événements sont devenus une composante essentielle des projets urbains dans un contexte de concurrence inter-métropolitaine. Et, depuis la fin des années 2000, l’État a cherché à développer une politique d’accueil des grands événements sportifs. 

Ceux-ci soulèvent pourtant de nombreuses questions. Si la mesure des impacts économiques et sociaux agite les économistes (qui pointent régulièrement les difficultés méthodologiques d’un tel calcul), la journée d’études entend porter le regard sur les dimensions matérielles et immatérielles : les Jeux olympiques (JO) supposent la construction d’infrastructures, l’aménagement de sites qui transformeront profondément le tissu urbain. Qu’adviendra-t-il de ces « territoires sportifs » une fois refermé le rideau de la compétition ? Trois chercheurs tenteront d’apporter un éclairage. Historienne de l’architecture, Hélène Caroux portera son analyse sur le département de la Seine-Saint-Denis où seront localisés, pour les Jeux de 2024, la plupart des équipements durables, dont la piscine olympique. Les JO sont-ils une chance pour ce territoire ? Quels bénéfices pour la population locale ? Sociologue et maître de conférences à l’Université de Bourgogne, Antoine Marsac déconstruira la notion « d’héritage des sites olympiques » si souvent invoquée pour justifier l’accueil de l’événement. Enfin, André Suchet, géographe et maître de conférences à l’Université de Bordeaux, reviendra sur le cas de Grenoble, ville hôte des Jeux olympiques d’hiver de 1968, et proposera une étude du tremplin de saut à ski, aujourd’hui à l’état de friche.

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