Les mots pour le dire, les objets pour le faire

Lieu : MRSH, salle SH 027
Début : 31/03/2015 - 14:00
Fin : 31/03/2015 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Pierre Bergel (CRESO UMR 6590), Vincent Milliot (CRHQ UMR 6385)

Séance organisée dans le cadre du séminaire plurisciplinaire "Villes et sciences sociales" qui s'intitule en 2014-2015 "Villes (de) riches, villes (de) pauvres".

Au programme :

  • Natacha Coquery (Lyon 2, Larhra UMR 5190) :  Luxe de riches, luxe de pauvres ? L’essor du demi-luxe à Paris au XVIIIe siècle
    Après avoir présenté le contexte historiographique, notamment l’importance du questionnement des sociologues pour les historiens de la consommation, puis rappelé l’ambivalence du terme « luxe », construction à la fois culturelle, économique et sociale qui repose sur des éléments divers (rareté, savoir-faire, provenance, nouveauté, convoitise…), je me propose de traiter la question de la séance du jour (Les mots pour le dire, les objets pour le faire) en quatre points : 1/luxe, communication, pouvoir : être et paraître (les mots pour le dire), à partir de la querelle du luxe qui a traversé le XVIIIe siècle ; 2/un point de vue statique : le luxe aristocratique (les objets pour le faire/1), à partir des consommations de cinq maisonnées aristocratiques (La Trémoille, Fitz-James, Fleury, Coigny, Kinsky) ; 3/un point de vue dynamique : luxe, demi-luxe, nécessité : des catégories fluctuantes, ou la diffusion sociale des biens (les objets pour le faire/2) ; 4/les boutiquiers à la croisée des marchés, à partir des objets, des qualités et de la clientèle, pour montrer les nuances de la culture de consommation.
  • Nicolas Bautes (Caen, UMR ESO 6590) : Qu’est-ce qu’une ville (de) riche, une ville (de) pauvre ? : réflexions sur la construction des catégories et des représentations socio-spatiales
    Maria Maneiro et Nicolas Bautès discutent les catégories sociales et spatiales qui président à l’identification de ces deux types d’espaces urbains à partir de plusieurs terrains d’investigation : Rio de Janeiro, Buenos-Aires, Mumbaï. Les oppositions binaires entre villes de riches et villes de pauvres sont popularisées par les représentations politiques ou médiatiques, parfois académiques. Cette communication essaie d’analyser ces oppositions et ces représentations schématiques avant de proposer des pistes en vue de les nuancer. Les pauvres ne sont pas forcément « marginaux » ou « exclus » ; les pauvres ne sont pas forcément à grande distance des riches et les relations peuvent être fortes entre les deux catégories.