Séminaire annuel

Lieu : Salle des Actes Sh 027 - MRSH
Date : 21/05/2019
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline
  • Éric BARATAY, Professeur d’histoire contemporaine à l’université Lyon III, membre senior de l’IUF,
    Autour des animaux : itinéraire d’un chercheur
    Résumé : Éric Baratay, membre de l’Institut universitaire de France et professeur à l'université Lyon 3, présentera son itinéraire de spécialiste de l'histoire des animaux depuis les années 1980. Il a d’abord développé une histoire humaine des animaux en étudiant des représentations (L'Église et l'animal ; Des Bêtes et des Dieux) et des pratiques humaines (La Corrida ; Zoos), puis la condition des animaux (Et l'homme créa l'animal) et leur présence dans la société (Bêtes de somme). Il travaille depuis dix ans sur les vécus et les points de vue afin de bâtir une histoire animale des animaux (Le point de vue animal, une autre version de l'histoire ; Bêtes des tranchées, des vécus oubliés ; Biographies animales, des vies retrouvées). Il s'agit de montrer que les animaux sont des acteurs importants influençant l'histoire des hommes et qu’ils ont une histoire personnelle, à retracer en se plaçant de leur côté pour comprendre leurs situations, leurs comportements, leurs réactions. Ces approches exigent une redéfinition de l'histoire, de ses problématiques, ses méthodes, ses écritures, un croisement avec d’autres sciences, une révision des concepts utilisés de manière à bâtir une etho-ethno-histoire ou eth(n)o-histoire animale.
     
  • Romain REULIER, Maître de conférences en géographie à l’université de Caen Normandie,
    Agriculture et érosion des sols dans les petits hydrosystèmes du Nord-Ouest de la France
    Résumé : En s'adaptant au tournant productiviste du milieu du 20ème siècle, l'activité agricole a profondément bouleversé les paysages, reflets des interactions Nature / Société : agrandissement du parcellaire, augmentation des surfaces cultivées, diminution du nombre de prairies, arasement des haies, comblement des chemins, création de fossés, etc. Parmi les conséquences socio-environnementales associées à ces transformations paysagères (homogénéisation des paysages, diminution de la biodiversité, etc.), celles liées au processus de ruissellement érosif et aux transferts hydro-sédimentaires sont particulièrement prégnantes : érosion des sols, pollution de la ressource aquatique, inondations aux exutoires, etc. Dans ce contexte, quel est le rôle de l’organisation spatiale des objets du paysage (haies, fossés, parcelles agricoles, etc.) sur les processus hydrologiques de surface (ruissellement érosif et transferts hydro-sédimentaires jusqu’au cours d’eau) ?. Deux approches méthodologiques complémentaires (géomorphologie et analyse spatiale) sont présentées. Elles permettent d’abord d’estimer les volumes sédimentaires transitant au sein des hydrosystèmes au cours d’épisodes pluvieux puis de statuer sur le rôle des entités paysagères sur le parcours des écoulements de surface par la mise en place d’indices de sensibilité utiles pour une gestion raisonnée et durable des territoires agricoles. Il s’agit aussi de montrer l’intérêt des archives cartographiques pour la reconstruction des paysages anciens en vue de retracer l’évolution des relations paysage/processus.

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Date : 12/03/2019
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline
  • Greta TOMMASI, maîtresse de conférences en géographie, Frédéric RICHARD, maître de conférences en géographie - université de Limoges, « De la renaissance à la gentrification rurale ? Dominations et inégalités socio-spatiales dans les campagnes françaises. »
    Résumé de la communication :
    Depuis environ quatre décennies, la « renaissance rurale » a permis de regarder autrement les évolutions des espaces ruraux français. L’arrivée de nouvelles populations et le dynamisme socio-économique marquent autant un renouveau de ces espaces que de la géographie rurale. Ces processus ne sauraient cependant occulter qu’une partie des espaces ruraux, notamment les plus riches en aménités environnementales, est traversée par des inégalités et marquée par des rapports de domination entre les groupes sociaux. À cet égard, la mobilisation de la notion de gentrification rurale peut être pertinente pour expliquer les transformations sociales dans une partie des campagnes. Dans le cadre de ce séminaire, il s’agit de revenir sur l’application de cette notion et de montrer son articulation avec la grille de lecture du capital environnemental, actif social permettant de comprendre les rapports de force et les inégalités d’accès à l’environnement.

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Date : 05/03/2019
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline
  • Remise du Prix Marcel Lachiver (Concours national du meilleur master d'histoire organisé par l’Association d’Histoire des Sociétés Rurales : http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/socrurales/5785
  • Stéphane KRONENBERGER, Docteur en histoire contemporaine, post-doc.lab. Telemme, Marseille, « Les fromagers et fromages suisses en Franche-Comté (1850-1914) »

    Résumé : Les migrations entre campagnes suisses et françaises, s’inscrivant sur la longue durée des relations entre les deux pays, ont eu un impact économique extrêmement positif des deux côtés de la frontière que le recours aux sources de la micro-histoire a permis d’affiner. Les flux de fromagers fribourgeois et alémaniques se sont ainsi succédés, selon des temporalités variées, afin de combler le manque partiel mais constant de main-d’œuvre spécialisée en Franche-Comté pour produire du gruyère, puis une quantité croissante d’emmental. Ces déplacements sont également à mettre en relation avec les dynamiques inhérentes aux sociétés d’origine, longtemps marquées par une forme complexe de pluriactivité, dont l’émigration temporaire à l’étranger constitue une composante essentielle. La prise en compte de trajectoires complètes a par ailleurs permis de mettre en exergue en Suisse comme en France la descente progressive vers la plaine de la production fromagère, et par conséquent la crise de la montagne fribourgeoise, synonyme d’une installation plus durable au-delà de la barrière jurassienne à partir des deux dernières décennies du XIXe siècle. Les fromagers suisses contribuent alors à la revitalisation de campagnes comtoises affaiblies démographiquement. Cette réussite visible de tous et enviée par certains renforce, notamment en temps de crise économique ou de guerre, un courant d’opinion hostile aux Suisses. Ces derniers sont alors stigmatisés comme des profiteurs qui s’enrichissent avec avidité au détriment des autochtones. Le net tarissement du flux migratoire qui se produit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, puis la fermeture de la plupart des fromageries tenues par des familles d’origine suisse dans les décennies suivantes ont presque fait disparaître de la mémoire collective cet apport économique majeur et de longue durée à l’économie comtoise.


Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Date : 12/02/2019
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline

« Atelier jeunes chercheurs 2 » - Séance consacrée à l’état d’avancement des travaux des doctorants du Pôle rural

  • Adeline GRABY, Les enjeux du commerce alimentaire en milieu rural en Normandie et en Midi-Pyrénées
  • François BEAUVAIS, Changement climatique et agriculture : l’exemple du blé en Plaine de Caen-Falaise (14) et du Neubourg-Saint-André (27)
  • Jacques-Marie MAÎTREPIERRE, Ces petits paysans et vignerons du Sancerrois sous l’Ancien Régime
  • Bleuenn LEROUX, Le cheval en Bretagne du XVIIe au XIXe siècle

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Date : 15/01/2019
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline

« Atelier jeunes chercheurs 1 »

Séance consacrée à l’état d’avancement des travaux des étudiants du Pôle rural

  • 10h-12h : Présentation-débat des sujets de recherche (M1)
  • 14h-18h30. Présentation-débat des sujets de recherche (M2)

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Date : 13/11/2018
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline
  • Productions agricoles, aléas climatiques et conflits sociaux en Normandie au XVIIIe siècle par Cédric CHAMBRU, doctorant en histoire, université de Genève, Paul MANEUVRIER-HERVIEU, doctorant en histoire, université de Caen Normandie et Univ. Genève, Institut Paul Bairoch»

    Résumé de la communication
    Après un XVIIe siècle troublé, la Normandie entre dans une phase de développement économique rapide, soutenu principalement par l’accroissement du commerce extérieur et le dynamisme des activités agricoles et textiles. Cependant, l’activité économique reste vulnérable à des chocs dont les origines sont variées : aléas climatiques, épidémies, guerres atlantiques ou modification de la législation commerciale. Cette présentation cherche à identifier les conséquences de ces chocs sur l’évolution du niveau de vie, ainsi que les stratégies de résistances et de résiliences mises en place par les hommes du XVIIIe siècle. Pour cela, nous avons élaboré une nouvelle base de données regroupant des informations sur le climat, la démographie, la production agricole, les conflits sociaux, et l’évolution des prix et des salaires. Ces données quantitatives permettent donc d’étudier les liens entre les capacités de résilience et les structures socio-économiques des espaces géographiques normands. Enfin, nous utilisons également ces données pour replacer la Normandie dans le contexte européen de la « Petite Divergence ».
     
  • Le nouveau capitalisme agricole : de la ferme à la firme par François PURSEIGLE, Professeur de sociologie à Institut Nat. Polytechnique de Toulouse et Ecole Nationale Sup. Agronomique, UMR INP-INRA AGIR

En rupture avec l'exploitation familiale traditionnelle, des firmes agricoles se profilent dans de nombreuses régions du globe. Avec elles, s'amorce une recomposition agraire dont les contours restent largement invisibles. À l’exception de quelques cas médiatisés de « mégafermes » et autres « fermes des 1 000 vaches », la majorité de ces firmes ont jusqu’à présent échappé à l’analyse tant leurs visages sont multiples et flous. Leurs performances économiques et financières tout comme leurs incidences environnementales et sociales interrogent aussi bien les milieux politiques, professionnels que scientifiques. Comment sont-elles organisées ? Quels sont leurs logiques et modes d’action ? Dans quels espaces s’inscrivent-elles ? Comment une ferme familiale devient-elle une firme agricole ? Quels types d’acteurs sont impliqués ? Quels rapports au politique entretiennent-elles ? Quels conflits provoquent-elles ?


Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Date : 09/10/2018
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline

10h30 - Accueil des étudiants de masters et des doctorants

14h30- 18h30 :

Le séminaire du Pôle rural de Caen (1994-2018). Vingt-cinq ans d'action, vingt-cinq ans de formation. Par Jean-Marc Moriceau, professeur d'histoire, Université de Caen

Les sociétés rurales traditionnelles face à l'hiver (XVIe-XVIIIe siècles). Par Olivier Jandot, Professeur d'histoire agrégé, Arras

« L’hiver existe-t-il encore pour un Européen, un Nord-Américain à leur aise ? » écrivait Lucien Febvre en 1938, voulant ainsi souligner que le rapport sensible aux saisons n’était à l’évidence pas le même à des époques où les conditions matérielles de l’existence différaient profondément de celles qui sont aujourd’hui les nôtres. Jusqu’à une époque récente, l’hiver a représenté pour les sociétés rurales traditionnelles une redoutable épreuve. Les hivers rigoureux ont laissé de multiples traces dans les archives. Celles-ci témoignent à la fois de la rigueur du froid mais aussi de l’incapacité des sociétés anciennes à se protéger efficacement des assauts récurrents de l’hiver. Médiocrité avérée des performances calorifiques de la cheminée, souci permanent d’économie du combustible, perméabilité de l’habitation aux infiltrations de l’air extérieur : la lutte contre le froid était un combat sans cesse renouvelé et quasiment toujours perdu d’avance. Elle nécessitait une inventivité permanente et conditionnait les modes de vie et les manières d’habiter. Cette accoutumance à l’inconfort et cette capacité à endurer avec résignation des températures dont l’évocation seule nous fait aujourd’hui frissonner pose aussi la question des seuils de tolérance et de leur évolution.

Les espaces ruraux dans la France d'aujourd'hui. Par Philippe Madeline, professeur de géographie, Université de Caen.

"De la visite du chef de l'Etat dans un village de l'Orne à la fermeture du dernier commerce, de l'adoption de la loi Agriculture et alimentation à la recherche d'un médecin, de la contestation du projet de méthanisation à la réhabilitation d'une ancienne mairie en gîte communal, de l'ouverture d'un Établissement pour personnes âgées dépendantes de la fin programmée du glyphosate : pas un jour ne passe sans que les espaces ruraux ne fassent l'actualité. Et ils le sont encore un peu plus en cette rentrée universitaire grâce à la nouvelle question des concours de l'enseignement secondaire. Longtemps perçus comme des espaces productifs, les campagnes françaises sont aujourd'hui multifonctionnelles. Loin des clichés d'archaïsme et de mal développement véhiculés par des décennies, les espaces ruraux de la France d'aujourd'hui présentent une grande diversité de situations que le seul rapport de proximité et d'éloignement à la ville ne peut suffire à expliquer. Au moment où la question des rapports ville-campagne s'inscrit sous le signe d'un renouveau, la première séance du séminaire du pôle rural, qui propose depuis 25 ans des connaissances sur ces espaces en mouvement, fait le point sur les mutations récentes des espaces ruraux français.