Séminaire annuel

Lieu : MRSH - salle des Actes
Date : 09/04/2013
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

  • Alain-Gilles CHAUSSAT, Doctorant en histoire moderne UCBN, Le rôle du sarrasin dans les crises de subsistances du XVIe au XXe siècle
  • Michaël POUZENC, maître de conférences en géographie à l’université de Toulouse et et Jean-Louis VINCQ, ingénieur du Génie Rural, UMR « Dynamiques Rurales », « Vin naturel, bon pour la santé… et de terroir ? Les constructions du bio et du terroir chez les producteurs de Gaillac » 
    Le vignoble de Gaillac, situé à 40 km au Nord-Est de Toulouse, comporte aujourd'hui 7 000 ha en production. Ce cas est particulièrement illustratif d'un développement rapide du bio participant à un repositionnement de l'ensemble du vignoble. Au-delà de préoccupations unanimement partagées, les producteurs interrogés ne conçoivent pas tous de la même manière la qualité bio de leurs produits, qu'elle soit en priorité bonne pour la santé et respectueuse des équilibres naturels, ou moyen de créer des vins originaux et prestigieux, ou encore prolongement du travail effectué avec l'AOC sur la qualité des vins de terroir. Ces conceptions différentes témoignent d'une territorialisation renouvelée de la production vitivinicole et plus largement de la production agroalimentaire.

Lieu : MRSH -salle des Actes
Date : 05/03/2013
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline, Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux


Au programme :

  • Steven KAPLAN, Goldwin Smith Professor of European History, Cornell University : Mauvais pain, mauvais gouvernement : la qualité comme question politique, 1660-1960.
    Résumé 
    Peu de questions plus politiques que celle du pain dans l'histoire de la France. Elle est consubstantielle à la formation de l'Etat, au développement économique, à la tranquillité sociale, à la légitimité du prince (ou du président du Conseil), etc. On mesure, par convention historiographique (qui mérite d'être scrutée), la préoccupation acharnée avec l'approvisionnement  presque exclusivement selon un seul critère : la quantité de céréales, et partant de farine et de pain disponible. Je souhaite montrer ici la centralité de la question de la qualité - notion polysémique - dans la théorie et la pratique politiques. Pour ce faire, j'évoquerai de nombreux cas soulignant ce souci permanent : le pain mollet (années 1660) ; la doctrine Delamariste sur la qualité requise (fin Louis XIV) ; les maladies populaires (1692/3, 1709, 1725) ; le refus de l'ersatz (1740) ; la première libéralisation (1763-64) ; la mouture économique ; les Lumières économiques et le pain de ménage ; le complot de famine, la marche sur Versailles (octobre 1789), le pain de l'égalité (1792-94) ; le souci de Napoléon ; la qualité sociale (grande enquête de 1849) ; la sueur pathologique (1880-1910) ; le siècle de la double chute de la qualité et de la consommation (XXe s.) ; la question sociale dans la boulangerie (années 1920/1930) ; l'organisation du marché du blé et ses séquelles (années 1930-1940) ; la longue pénurie après la Libération (les dix peu glorieuses, 1945-55) ; L'ONIC ; le CNERNA ; Pont-St-Esprit .
  • Eve Anne BUHLER, maître de conférences en géographie à l’Université Paris 8, Formes sociales de la production agricole et appréhension de la « distance» entre producteurs et consommateurs. Réflexions croisées autour de l’exploitation paysanne et de l’agriculture de firme
    Résumé
    Avec la fin annoncée des paysans et la généralisation de l'exploitation familiale (ou de l'entreprise agricole) comme outil analytique, les réflexions sur les formes sociales de la production agricole étaient quelque peu tombées en désuétude. Elles renaissent depuis quelques années et ont traversé mes recherches, qui ont porté sur des acteurs aussi divers que les riziculteurs Brasiguayos (Brésiliens migrant en Uruguay), les acteurs des circuits courts en Midi-Pyrénées, ou les firmes agricoles en Ukraine et au Brésil. Les recherches sur les circuits courts s'articulent souvent autour de la notion de proximité entre producteurs et consommateurs, abordée sous ses aspects sociaux, spatiaux et culturels. Je tenterai de mobiliser son contrepoint, la distance, plus neutre et plus adaptée aux différents cas de figure étudiés, pour apporter des clefs de lecture sur les rapports des producteurs agricoles à l'espace et sur leurs modalités de territorialisation. La distance au consommateur sera donc une entrée parmi d'autres, pour envisager plus généralement la structuration des systèmes d'acteurs de l'alimentaire à différentes échelles en fonction des formes sociales de la production agricole dont il s'agit.

 


Lieu : MRSH - salle des Actes
Date : 05/02/2013
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline, Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

Benoît Marpeau, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Caen

  • La trajectoire éditoriale d’un ouvrage de référence : l’Histoire de la France rurale des éditions du Seuil.
    Le livre au centre de cette communication peut être appréhendé comme un carrefour de déterminations multiples. Comprendre la place qu'il en vient à occuper dans l'espace intellectuel français de la fin du XXe siècle passe en effet par la prise en compte de facteurs multiples, comme la position des Editions du Seuil dans le champ éditorial des sciences humaines, les trajectoires des auteurs et des directeurs de l'ouvrage, les conditions de réception de la littérature savante centrée sur le monde rural. Ces aspects peuvent être éclairés dans une large mesure par les fonds d'archives de l'IMEC, en particulier les fonds Georges Duby et Seuil.
  • Christophe SOULARD et Coline PERRIN, géographes à l’INRA, UMR Innovation Montpellier, Urbanisation et durabilité des systèmes alimentaires : quel renouvellement des recherches sur l’agriculture urbaine?
    La nouvelle "équation alimentaire" (selon Morgan, 2010) renouvelle t-elle les relations entre les villes et leurs agricultures ? Cette question a été analysée dans la prospective INRA-CIRAD DUALINE sur la durabilité de l'alimentation face à de nouveaux enjeux, qui pointe sur le rôle débattu des agricultures urbaines et périurbaines en matière de sécurité alimentaire. Mais la question alimentaire change aussi le regard des villes sur l'agriculture qui n'est plus vue seulement comme une activité de maintien d'espaces non bâtis à préserver, mais aussi comme un patrimoine alimentaire à conserver ou à réinventer. La question alimentaire réhabilite ainsi l'enjeu de la production agricole dans et autour des villes, avec des conséquences sur la reconnaissance des formes d'agricultures existantes ou promues, et sur la conception de politiques ou projets d'aménagement intégrant l'enjeu alimentaire aux pratiques foncières. Les auteurs discuteront de ces questions en les illustrant par des études de cas menées dans différentes villes et pays de la Méditerranée.

Lieu : MRSH - salle des Actes
Date : 08/01/2013
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.


Au programme :

  • La recherche en action.

Séance consacrée aux doctorants et masters. Etat d’avancement des travaux des étudiants du Pôle rural

 


Lieu : MRSH - salle des actes
Date : 04/12/2012
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

 

Au programme :

Nadine VIVIER, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université du Maine

  • La valorisation du patrimoine rural. Peut-elle contribuer à la vitalité des villages au XXIe siècle ?

Nicolas ROUGET, maître de conférences en géographie à l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambraisis

  • L’agriculture dans les projets de territoires.

Lieu : MRSH - Salle des Actes
Date : 06/11/2012
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.


Au programme :

  • Emmanuel LE ROY LADURIE, Professeur honoraire au collège de France, membre de l’Institut

Clio, climat, crises de subsistance de 1315 à 1956.
 

Titulaire de la chaire d'histoire de la civilisation moderne au Collège de France, membre de l'Institut de France et disciple de Fernand Braudel, il fut l'un des animateurs majeurs de l'école des Annales et devint dans les années 1970 une figure emblématique de la nouvelle histoire. Certaines de ses œuvres, en particulier l'ouvrage Montaillou, village occitan de 1294 à 1324, qui s'inscrivent dans le courant de l'anthropologie historique connurent un grand succès auprès d'un large public. Toutefois, les apports majeurs d'Emmanuel Le Roy Ladurie dans le champ de la connaissance historique concernent l'histoire économique et sociale du monde rural et l'histoire de l'environnement, notamment à travers ses travaux précurseurs sur l'histoire du climat qui lui ont conféré un grand prestige international. Ses travaux lui permettent de travailler sur la longue durée, ce qu'entend montrer l'exposé de cette séance. L'intervention d'Emmanuel Le Roy-Ladurie entend s'interroger sur les différentes causes et conséquences des crises de subsistances en France et en Europe, de la fin du Moyen-Age à la première moitié du XIXe siècle : vaste programme !

 

  • Françoise PLET, Professeur émérite de géographie à l’université Paris 8

Le risque alimentaire au XXIe siècle : occurrences, gestion, réglementations et émergence d’un droit à l’alimentation


Lieu : MRSH - salle des Actes
Date : 09/10/2012
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.


Au programme :

Philippe MADELINE et Jean-Marc MORICEAU

  • 10h - 11h30 : séance d’accueil pour les étudiants
  • 14h - 17h : ouverture du séminaire (tout public) 

Actualités et présentation du séminaire
Histoire et géographie de l’alimentation, état des lieux sur la place de l’alimentation en géographie
et en histoire (et la place qui y tient le monde rural)

  • Florent QUELLIER, titulaire de la Chaire CNRS histoire de l’alimentation des mondes modernes à l’Université François-Rabelais à Tours,
L'alimentation paysanne des Temps modernes, un dossier à (re)prendre ?
Résumé :
Héritée des années cinquante et soixante du XXe siècle, la vulgate historiographique dresse le tableau d'une alimentation paysanne débilitante, fortement carencée, faiblement carnée mais écrasée par les céréales et hantée par le spectre de la "famine-disette-cherté ". Cette présentation tient à une manière de faire de l'histoire largement inadaptée aux nombreuses parts d'ombre du dossier (autoconsommation, don d'aliments, cueillette, braconnage) et au rôle subalterne de facteur explicatif longtemps réservé à l'alimentation du monde rural par la démographie historique et l'histoire économique et sociale classique, sensibles aux malheurs du temps, alors que les historiens de l'alimentation n'avaient d'yeux que pour les livres de cuisine et les élites. Pourtant, en évitant les pièges des faux amis et des préjugés culturels, et en dénonçant l'amalgame dominant entre famine et culture de la faim, il est possible d'écrire une autre histoire.
  • Gilles FUMEY, Professeur de géographie à l’IUFM de Paris
Résumé
Engagés dans une refonte lente, progressive mais inéluctable de leur alimentation, les pays riches ont compris, grâce au travail des ONG et de l'ONU, que le modèle agroalimentaire mis en place après la Seconde Guerre mondiale n'était pas durable. Parce qu'une trop grande part de l'humanité n'a pas un accès sécurisé à l'alimentation et parce qu'une autre part non moins importante, vivant dans l'abondance alimentaire, est victime de pathologies dont la plupart sont nouvelles et difficilement traitables par la médecine et la diététique.
Pour comprendre vers quoi nous sommes engagés, il faut reprendre les fondamentaux de l'anthropologie de l'alimentation et, en particulier, comprendre la forte distinction qu'il y a entre le modèle industriel américain et le modèle "latin" ou méditerranéen ou européen du Sud qu'on appelle "géographique". L'alimentation géographique est bâtie sur un rapport aux territoires issu de fortes cultures paysannes  et fondé sur le mythe de la naturalité des classes urbaines de l'abondance. C'est ce modèle qui est perçu aujourd'hui comme porteur d'avenir et comme une alternative à l'alimentation industrielle envers laquelle la défiance est de plus en plus grande.