Séminaire annuel

Lieu : MRSH, salle des Actes
Date : 02/05/2012
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline, Jean-Marc Moriceau

Au programme

  • Sylvie DÉPATIE, Professeur d'histoire moderne à l'Université du Québec, Montréal : Le faire-valoir indirect au Canada au XVIIIe siècle.
 
  • Ivan BRUNEAU, Maître de conférences en sciences politiques à l'université Lumière Lyon 2 : Les conditions de l'engagement à la Confédération Paysanne : idéologie structurante et configurations militantes.

    Résumé :
    Cette communication s'appuie sur une enquête qualitative (entretiens, observations, archives) menée auprès des militants de la Confédération Paysanne, et principalement auprès des militants de l'Orne et de l'Aveyron entre 2000 et 2004. Après un rapide retour sur l'histoire de ce syndicat minoritaire, j'interrogerai les conditions de formation des collectifs départementaux, ce qui suppose d'analyser les trajectoires biographiques des militants, les positions qu'ils occupent dans l'espace social agricole, leurs dispositions à l'engagement dans un syndicat agricole «  de gauche », et les processus qui contribuent à l'homogénéisation des groupes. Pour autant, les conditions de l'engagement sont aussi tributaires des configurations locales, et l'observation des collectifs militants permet d'attirer l'attention sur les cultures organisationnelles spécifiques des groupes départementaux et leurs effets sur les variations des rétributions militantes.

Lieu : MRSH, salle des Actes
Date : 03/04/2012
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Au programme

  • Valérie TOUREILLE, Maître de conférences en histoire du Moyen Age à l'Université de Cergy-Pontoise : Laboureurs et écorcheurs. Guerre et violences paysannes au XVe siècle

    Résumé :
    J'évoquerai dans un premier temps l'historiographie de la question du brigandage. Il faudra également s'arrêter sur le mot lui-même, ses définitions plurielles, ses inflexions et ses évolutions (le brigand du Moyen Âge n'est pas celui de l'Epoque moderne en dépit d'un cousinage étroit). J'aborderai ensuite la problématique proprement dite du séminaire à travers les exemples d'affrontements entre paysans et gens de guerre, à l'occasion écorcheurs (cette évocation sera d'ailleurs l'occasion de revenir aussi sur un point de définition).
 
  • Armelle Caron, Ingénieure de recherche en économie environnementale à l'UMR  Métafort - AgroParisTech-Engref : La violence comme modalité de résolution des conflits. L'exemple du lac de Grandlieu.

 


Lieu : MRSH, salle des Actes
Date : 13/03/2012
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

 Au programme

 

  • Xavier ROCHEL, Maître de conférences en géographie historique à l'université de Nancy 2 : L'élevage et la forêt : un antagonisme ?Pratiques et paysages d'hier à aujourd'hui.

    Résumé :
    Le pâturage en forêt et en bordure de forêt n'a cessé de susciter discussions, litiges et conflits au cours de l'histoire. Il est longtemps resté honni des forestiers, comme en témoigne le réquisitoire de Mathey (1900). Mais la coexistence entre l'arbre et l'animal domestique a aussi suscité des formes d'accommodement qui montrent qu'hier comme aujourd'hui, élevage et forêt peuvent, bon gré mal gré, faire bon ménage.
    Après avoir rappelé la nature de ces pratiques qui ont durablement marqué les forêts françaises, il s'agira de s'intéresser aux espaces et aux paysages anciens et actuels du pâturage en forêt. Dans une optique résolument géographique, et donc spatialisée, on s'attachera notamment à comprendre, localiser et cartographier la présence des troupeaux dans les forêts des trois derniers siècles, et ses conséquences paysagères, voire écologiques. Dans les Vosges, trouées, clairières et « hautes chaumes » peuvent ainsi être finement documentées et reconstituées à partir de divers documents antérieurs à l'expulsion des troupeaux et aux grandes phases de reboisement. Sur les plateaux lorrains, les anciens communaux aujourd'hui boisés ou en cours d'enfrichement se prêtent au même travail. En forêt d'Orléans, les anciens « vides » qui occupaient un peu plus de 35% du massif de Châteauneuf en 1869 peuvent également être cartographiés sous S.I.G. grâce aux archives forestières. Au Pays Basque, enfin, les taillis perchés liés au pâturage en forêt constituent également à la fois un précieux patrimoine bioculturel et un champ d'investigations fascinant pour une biogéographie historique orientée vers les enjeux actuels.
 
  • Anthony TCHÉKÉMIAN,Maître de conférences en géographie à l'université de Nancy 2 : L'application de la PAC en France : analyse des effets sur les acteurs et sur les territoires.

    Résumé :
    L'intervention propose d'analyser les effets de l'application d'une politique publique agricole européenne sur les acteurs et les territoires ruraux. La politique publique étudiée concerne le second pilier de la PAC, le Plan de Développement Rural National. Mes travaux mettent en évidence le fait que le programme français de développement rural favorise les démarches collectives territoriales. Les acteurs, très dépendants des aides de la PAC, adoptent des stratégies et des comportements différents afin d'assurer le maintien de leurs activités et de leurs revenus. Ainsi, de par les entretiens réalisés, nous verrons que les exploitants ont majoritairement une vision à court terme de leur exploitation et qu'ils ont aussi des difficultés à se projeter et à remettre en question leurs modes de fonctionnement. Ce programme français de développement rural incite les exploitants à développer des activités nouvelles liées à la multifonctionnalité et à renforcer la fonction paysagère des territoires ruraux français. Le zonage du programme permet aux acteurs d'appréhender différemment les territoires ruraux en apportant un nouveau référentiel. Enfin, par ses priorités et mesures, le programme mis en place tend à faciliter la cohabitation entre les territoires urbains et ruraux en orientant les acteurs vers la prise en compte de la demande sociale.

 


Lieu : MRSH, salle des Actes
Date : 07/02/2012
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Au programme

  •  Fabrice MAUCLAIR, Professeur d'histoire-géographie au collège de Richelieu (Indre-et-Loire) : Les justices seigneuriales (XVe-XVIIIe siècle) :des institutions privilégiées pour étudier les conflits et la violence dans les campagnes françaises avant la Révolution
Résumé : Longtemps critiquées et déconsidérées, les justices seigneuriales bénéficient depuis quelques années d'une véritable réhabilitation de la part des historiens. Loin de l'image négative véhiculée depuis l'Ancien Régime et la Révolution, ces justices apparaissent désormais sous un jour nouveau. En effet, avant d'être des « armes » aux mains des seigneurs, les « justices de village » étaient avant tout au service des justiciables et, à ce titre, jouaient un rôle majeur dans les régulations sociales. Situés au plus près des populations, les tribunaux seigneuriaux ont laissé des quantités d'archives considérables qui offrent la possibilité d'étudier de nombreux aspects de l'histoire rurale. Ces tribunaux, à l'image de ceux du duché-pairie de La Vallière, une terre titrée située aux confins de l'Anjou, du Maine et de la Touraine, permettent ainsi de connaître l'ordinaire des conflits et de la violence qui avaient cours dans les campagnes françaises au XVIIIe siècle.
 
  • François Laurent, Maître de conférences en géographie à l'université du Maine : Tensions et conflits autour de l'eau en France et au Brésil. Des dynamiques territoriales générées par les pollutions d'origine agricole.
Résumé : Le modèle de développement agricole fondé sur la maximisation des rendements est lourd de conséquences sur l'environnement. Dans de nombreux espaces ruraux, les ressources en eau sont fortement dégradées par les pollutions d'origine agricole qui présentent des risques sanitaires et des coûts économiques importants pour la société. Ceci engendre des tensions voire des conflits entre usagers de l'eau, pouvoirs publics et agriculteurs. Des agriculteurs modifient aujourd'hui leurs pratiques pour limiter leurs impacts, sous la pression des réglementations mais aussi du fait d'actions volontaires en lien avec des politiques publiques territoriales. Nous analyserons certaines expériences dans l'Ouest de la France et dans le Sud du Brésil.

 


Lieu : MRSH, salle des Actes
Date : 10/01/2012
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Au programme

  •  Fabien GAVEAU, Professeur d'histoire en classes préparatoires au Lycée Carnot de Dijon : Pâturage, tensions et conflits dans les campagnes françaises dans le premier tiers du XIXe siècle.

Résumé : La promotion de la propriété privée se traduit dans de nombreuses communes par de nouvelles tensions ou par le renforcement d'anciennes. Le pâturage, lié à l'élevage ou au simple entretien des animaux indispensables à la vie d'un foyer, devient l'une des activités les plus sensibles à organiser. La conduite des animaux dans les pâtures, les jachères et les prairies soulève de manière inédite la question du respect des espaces cultivés. Les difficultés prononcées engagent les autorités locales, appuyées par l'administration, à revoir l'encadrement des troupeaux. Cela débouche sur l'écriture ou la réécriture de règlements locaux, eux-mêmes objets de violentes discussions entre les habitants intéressés par cette activité. Dans les années 1820, on assiste à la multiplication de tensions au cœur des espaces villageois, tensions qui se nourrissent alors d'anciennes inimitiés, de désirs refoulés de vengeance, de bruits, de rumeurs et qui prennent parfois appui sur une contestation plus radicale des formes nouvelles d'administration que les gouvernements semblent promouvoir. Révélateurs des difficultés sont les conflits dans lesquels les bergers, les pâtres, et les gardes champêtres figurent au premier chef. Autour de ses conflits du premier XIXe siècle se jouent au fond une part des mutations sociales et économiques qui caractérisent pleinement le long XIXe siècle.

 

  • Maxime MARIE, Maître de conférences en géographie sociale rurale à l'Université de Caen Basse-Normandie : Dynamiques comparées des systèmes agricoles laitiers :
    Basse-Normandie, Galice, sud de l'Angleterre.
Résumé :  La communication porte sur les logiques de production des espaces et des paysages de bocage en domaine laitier. Dans une démarche multiscalaire - de la région à l'exploitation agricole -, le paysage agricole est abordé à partir de la dimension matérielle de la production de l'espace et de la dimension idéelle. Les terrains situés dans l'arc laitier de l'Europe Atlantique, présentent des contextes agricoles variés. Les principales transformations des systèmes agricoles ont été identifiées à partir des statistiques agricoles à l'échelle régionale entre 1990 et 2000. Les formes et les structures des espaces et des paysages produits par les activités agricoles ont ensuite été analysées à travers une démarche classique d'analyse spatiale s'attachant à mettre en lumière leurs principes d'organisation (distance au siège d'exploitation, morphologie parcellaire). Cette démarche a enfin été couplée à l'analyse compréhensive des logiques d'action qui animent les agriculteurs dans la mise en œuvre de leurs pratiques et à l'étude de leurs représentations paysagères. Cette dernière partie du travail a ainsi révélé l'importance des modèles professionnels auxquels se réfèrent les agriculteurs dans leur lecture du paysage. Ces modèles participent ainsi à définir ce que représentent pour eux les différentes formes du paysage et à travers elles les pratiques qui leur sont associées. Le travail mené s'est donc appuyé sur la mobilisation d'une démarche comparative et multiscalaire qui a permis de mettre en lumière toute la complexité des processus à l'œuvre dans l'organisation des paysages de bocage par les activités agricoles et laitières en Europe de l'ouest. 

 


Lieu : MRSH, salle des Actes
Date : 06/12/2011
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Au programme

  • Éva GUILLOREL, Maître de conférences en histoire moderne à l'Université de Caen Basse-Normandie : Violences et conflits dans la société rurale bretonne d'Ancien Régime : l'apport croisé des archives judiciaires et des chansons de tradition orale. 
Résumé :
Comment l'historien moderniste peut-il solliciter la chanson de tradition orale - une source qui retient habituellement l'attention des ethnologues - pour analyser les phénomènes de violences et de conflits dans les sociétés rurales ? En quoi ces chansons permettent-elles de renouveler la connaissance d'un domaine déjà bien documenté par les archives écrites ? C'est en confrontant le contenu de procédures criminelles et de complaintes à caractère local que l'on peut mesurer la complémentarité entre ces deux types de documentations et l'apport bien souvent négligé des sources orales pour la connaissance des sociétés modernes. La Bretagne des XVIe-XVIIIe siècles constitue une aire privilégiée pour une telle étude, du fait de la richesse du répertoire de tradition orale qui y a été recueilli depuis le début du XIXe siècle et qui, pour une part, continue encore à être interprété aujourd'hui.
 
  • Hervé DAVODEAU, Maître de conférences en géographie, Département Paysage Agrocampus Ouest, Angers : Les modalités de la conflictualité paysagère
Résumé :
Dès lors que l'on cherche à étudier les politiques publiques paysagères, les conflits liés aux paysages (à leur protection, gestion, aménagement) deviennent un objet de recherche associé. L'objectif de cette communication est de saisir la diversité de situation de conflits en proposant une typologie permettant d'interpréter le « statut » du paysage à partir de plusieurs cas d'étude : objet ou instrument du conflit mais aussi outil potentiel pour sa résolution. La communication cherchera donc à dépasser la situation de conflit pour aborder les principes de la médiation paysagère élaborés et testés aujourd'hui aussi bien par les chercheurs théoriciens que par les praticiens paysagistes ou non. En définitive, réfléchir sur les conflits de paysage et leur résolution conduit à interroger les modalités du processus d'aménagement et de participation du public dans ces processus. Ce questionnement est aujourd'hui l'un des moteurs de l'évolution des pratiques paysagistes.

 


Lieu : MRSH, salle des Actes
Date : 08/11/2011
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Au programme

  •  Guillaume LACQUEMENT, Professeur de géographie à l'université de Perpignan : La transformation post-socialiste dans les territoires ruraux d'Allemagne orientale : concepts et méthodes d'analyse.
Résumé :
La transformation post-socialiste des espaces ruraux en Allemagne orientale a été encadrée par une politique précoce de transfert de normes et de pratiques d'aménagement et de gestion territoriale dans un contexte de dépression démographique et socio-économique. Un processus de transformation territoriale à l'œuvre s'est appuyé sur trois dynamiques principales : l'adaptation et l'amélioration des performances du secteur agricole ; la diversification des fonctions socio-économiques des espaces ruraux, l'encouragement aux démarches endogènes de développement et la formation de nouveaux périmètres d'intervention. Vingt ans après la réunification et le changement de système, le gradient socio-économique entre les campagnes de l'ouest et de l'est du pays demeure prononcé tandis que le processus de transformation a donné naissance à des structures territoriales et des formes spatiales originales au regard des normes et des modèles transférés. La différence est-ouest en Allemagne autant que les contrastes régionaux de l'évolution territoriale dans les nouveaux Länder invitent la discipline à une réflexion sur les concepts et les méthodes mobilisés pour interpréter la nature du processus de transformation et analyser la diffusion des formes nouvelles de structuration territoriale dans les campagnes post-socialistes. La réflexion conduira en outre à poser la question de la spécificité de l'évolution post-socialiste en Allemagne par rapport aux autres pays d'Europe centrale.
 
  • Benoît GARNOT, Professeur d'histoire moderne à l'université de Bourgogne : La violence dans la France rurale d'Ancien Régime.
Résumé :
L'étude de la violence dans la France moderne a donné lieu ces dernières années à des travaux importants. Il en ressort l'idée que la violence était située au cœur des relations humaines, sous des formes multiples, et que les ruraux de la France moderne la pratiquaient abondamment. En effet, à lire les archives judiciaires, on est tenté d'imaginer un monde où les relations entre les individus reposent surtout sur des rapports de force, lesquels s'expriment publiquement et violemment.
Pourtant, la prudence s'impose devant des documents qui ne rendent compte, le plus souvent, que de l'exceptionnel, de ce qui choque parce qu'il n'est pas habituel. Certes, la violence fait partie des rapports humains, mais elle n'en constitue qu'un stade paroxystique et éphémère, et surtout minoritaire, inséré dans un cadre général le plus souvent pacifique. Elle est même organisée, formalisée, le plus fréquemment dominée, parfois utilisée, et elle s'insère dans une sociabilité particulière, où les rapports humains s'organisent avec une grande cohérence et à la régulation desquels tous participent, chacun à sa place. On est bien loin d'un monde déchiré en permanence par les bagarres et les règlements de comptes, exercés par des individus frustes et impulsifs. En réalité, la violence est l'exception, et ses lieux privilégiés ne la connaissent qu'épisodiquement ; ils restent la plus grande partie du temps le cadre d'une sociabilité pacifique, qu'il s'agisse des cabarets, perçus très majoritairement comme des havres de plaisir et de repos, ou encore des familles, au sein desquelles les solidarités sont plus fréquentes que les conflits, et, a fortiori, des communautés villageoises.

 


Lieu : MRSH, salle des Actes
Date : 18/10/2011
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau
  • 9h - 10h30 : séance d'accueil pour les étudiants
     
  • 10h30 - 12h : actualités et présentation du séminaire (tout public)
     
  • 14h : Table ronde autour de l'ouvrage de Michel NASSIET, Professeur d'histoire moderne à l'université d'Angers : La violence, une histoire sociale (France, XVIe-XVIIIe siècle), Seyssel, Champ Vallon, 2011, 383 p.
    Débat avec Clotilde LEMARCHANT, Maître de conférences en sociologie à l'université de Caen Basse-Normandie, Fabrice RIPOLL, Maitre de conférences en géographie sociale à l'université de Paris Est Créteil  et Jérôme VIRET, Maître de conférences en histoire moderne à l'Université de Caen Basse-Normandie