Séminaire annuel

Lieu : MRSH - Salle des Actes
Date : 13/05/2014
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire 20 ans après - Toutes portes ouvertes. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

  • Benoît Grenier : Professeur d'Histoire à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke (Québec)
    Les persistances de la propriété seigneurale au Québec : seigneurs et censitaires après l'abolition (1854 - 1940)
    Résumé : L’historien canadien Fernand Ouellet affirmait que « Parler du régime seigneurial, c’est poser le problème de l’évolution de la société dans la seule perspective qui soit vraiment significative : la longue durée ». Quoi qu’on puisse discuter cette prise de position épistémologique, nulle doute que la question seigneuriale québécoise est propice à une étude pluriséculaire. Si l’historiographie retient habituellement que l’Acte pour l’abolition des droits et devoirs féodaux dans le Bas-Canada a mis un terme, en décembre 1854, au régime seigneurial, les travaux que nous menons sur les persistances seigneuriales (économiques, sociales, culturelles) ont permis de dépasser cette limite traditionnelle et d’intégrer cet objet à l’histoire du Québec contemporain. La présente communication permettra de révéler les enjeux de la lente disparition de la propriété seigneuriale du territoire québécois (1854-1970).
  • Sébastien Caillault, Maître de conférences en Géographie à l'Agrocampus Ouest, Angers
    Le feu, la brousse et la savane. Modélisation spatiale de la dynamique des paysages soudaniens (Burkina Faso)
    Résumé : Dans les paysages soudaniens de l'ouest du Burkina Faso, les mutations engendrées par l’intensification agricole recomposent les espaces et les modes de gestion associés. De région de « grande brousse » à défricher pour l'administration coloniale, cet espace est désormais analysé à travers la nécessité de protéger les « savanes » menacées par l'expansion agricole. Le feu étudié dans sa dimension matérielle et idéelle, permet de dévoiler les enjeux passés et présents qui parcourent cet ancien front pionnier. Le travail mené autour du feu questionne alors l'hétérogénéité des représentations et des pratiques face à la place nouvelle accordée aux territoires dédiés à la protection de la nature.

 


Lieu : MRSH - Salle des Actes
Date : 08/04/2014
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire 20 ans après - Toutes portes ouvertes. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

  • Jean-Pierre Poussou, Recteur, Professeur émérite d'Histoire à l'université Paris-Sorbonne
    Les mobilités rurales XVIIe - début XXe siècle

    Résumé. Lorsqu’au cours des années 1960 la Démographie Historique prit son essor, la mobilité rurale française entre le XVII° et la fin du XIX° siècle restait largement méconnue et sous-estimée. Les premières véritables vues d’ensemble n’apparurent qu’avec mon gros article de 1970 dans les Annales de Démographie Historique. Il montrait que les travaux étaient en réalité nombreux mais qu’en dehors de l’intérêt porté à l’exode rural qui s’installe à partir de la deuxième moitié du XIX° siècle, ils n’avaient pas débouché sur une vision globale. Depuis cette date, beaucoup d’autres travaux ont été réalisés mais la complexité de la question reste largement ignorée. Les ruraux étaient à la fois très mobiles - mais à petite distance pour la plupart, ce que j’ai proposé dès 1970 de définir comme une micro-mobilité, et non comme une migration -, et majoritairement sédentaires, à l’exception des « pays » de migrations saisonnières et temporaires. C’est essentiellement dans la deuxième moitié du XIX° siècle que se mit en place une migration de grande ampleur vers les villes ou vers l’étranger, en n’oubliant pas toutefois que, comme l’a fait remarquer Pierre Goubert, quand on regarde les monuments aux morts de la guerre de 1914 -1918, on retrouve dans presque tous les villages de France les mêmes noms de famille qu’aux XVII° ou XVIII° siècles.

    Tout le monde n’a pas partagé ou ne partage pas ce point de vue. La question suscite donc de nombreux problèmes de méthodologie qu’il faudra aborder, notamment ce qu’il faut entendre par migration et par mobilité, les différences de résultats suivant les sources, ou la question de savoir s’il n’y a pas une démographie des sédentaires et une démographie des mobiles. Au bout de cette démarche, il me semble cependant possible d’affirmer avec force que très majoritairement les migrants ne constituent qu’une minorité dans les campagnes françaises des XVII°-XIX° siècles, et que par ailleurs la mobilité comme les mouvements migratoires sont fortement régionalisés.

  • Mauricette Fournier, Maître de conférences en Géographie à l'université de Clermont-Ferrand
    Culture et développement local : espaces d'expérimentation de nouvelles ressources territoriales

    Résumé. Les travaux académiques portant sur les relations entre culture et territoire se sont multipliés ces dernières années, en corrélation étroite avec l’intérêt croissant que manifestent les décideurs publics pour cette question. Toutefois la grande majorité d’entre eux se concentre sur l’analyse des processus de patrimonialisation de diverses ressources locales (gastronomie, architecture vernaculaire, savoir-faire …). Nous proposons de nous intéresser ici plutôt à la diffusion des pratiques artistiques et au développement d’actions culturelles sans lien apparent avec les traditions des sociétés concernées. En effet, certains espaces ruraux, parfois parmi les plus isolés, se sont transformés en terrain d’expérimentation de projets culturels originaux dans un contexte général de territorialisation de l’action publique. S’appuyant sur plusieurs exemples, la communication cherchera à illustrer diverses facettes de l’action culturelle en milieu rural et à mesurer son impact sur le développement des territoires (plus ou moins grande difficulté des sociétés locales à investir le champs de la culture « légitime », mécanisme de « clusterisation », création de « cercle vertueux » pour le développement local, rôle de la culture dans la construction des territoires).



     

 


Lieu : MRSH - Salle des Actes
Date : 18/03/2014
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire 20 ans après - Toutes portes ouvertes. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

  • Jean-Pierre Williot, Professeur d'Histoire à l'Université François-Rabelais, Tours, Institut Européen d'Histoire et des cultures de l'Alimentation
    Produire des pommes de terre et les consommer en France : de la résistance à l'innovation, du manque à la satiété.
    Résumé : Si plusieurs travaux de référence (Salaman 1949, O’Grada 1999, 2005) ont déjà mis en lumière l’importance de la pomme de terre comme moyen de subsistance humaine et de nourriture animale, l’étude du rôle économique et social de ce tubercule n’est pas achevée. Sa  culture se propage en Europe à partir du XVIIe siècle, bien avant Parmentier. Sa production intègre des innovations de savoir faire depuis le milieu du XVIIIe siècle. Méprisée avant d’entrer dans le registre gastronomique bourgeois au cours du XIXe siècle, les famines qui lui sont imputables ont rappelé le caractère indispensable de cet approvisionnement et le rôle majeur de ses producteurs. Cette histoire sera relue à la lumière de travaux récents et notamment du colloque international tenu à Tours en 2008, l’année mondiale de la pomme de terre comme le souhaita la FAO.
  • Eric Rouvellac, Maître de conférences en Géographie à l'université de Limoges
    Enjeux paysagers et prospectifs dans le vignoble de Banyuls Collioure (Pyrénées Orientales). Concurrence entre viticulture patrimoniale, enfrichement et balnéarisation.
    Résumé : L'intervention propose une approche diachronique (fin XVIIIe- début XXIe siècle) des transformations anciennes ou récentes des paysages artificiels de ce territoire en reconstituant ses changements. Dans quelles directions, avec quelle ampleur et à quel rythme se produisent ces évolutions ? Comment sont-elles utilisées dans la communication œnotouristique ? A partir de ces réflexions, il s'agit de réaliser une étude prospective d’évolution des paysages à l’aide de différents scénarii. La prise en compte des spécificités du vignoble de Banyuls Collioure soulève des questions relatives à l’aménagement spécifique en terrasses et à  l’écoulement des eaux de pluie ; à l’enfrichement et au danger des feux de forêt récurrents ; à l’urbanisation consécutive à la forte activité touristique. Finalement, quelles interactions ont modelé, modèlent et modèleront les paysages anthropiques particuliers de cette petite partie des Pyrénées ?

 


Lieu : MRSH - Salle des actes
Date : 11/02/2014
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire 20 ans après - Toutes portes ouvertes. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

  • Jérôme Viret, Maître de conférences HDR en Histoire à l'université de Caen Basse-Normandie
    La famille normande sous l'Ancien Régime.
    Résumé : Dans La famille normande. Mobilités et frustrations sociales au siècle des Lumières (2013), J.L. Viret saisit et décrit les dynamiques sociales de reproduction, dans un bourg normand, du début du XVIIIe siècle aux premières années de la Révolution. Les femmes et les filles en présence de frères n’étaient ni des associées, ni des héritières. Les maris conservaient tous les gains tandis que les filles étaient presque toutes privées du droit de succéder aux parents. Cette condition dégradée de la femme, qui sera examinée dans un premier temps, profitait-elle au moins aux hommes ? C’est le second volet de l’enquête, réalisée à partir des trajectoires fiscales et professionnelles reconstituées. Les terres se divisaient à chaque génération en autant de parts qu’il y avait de garçons. La pression démographique, aggravée par l’afflux des migrants dans le bourg d’Argences, a tiré les catégories moyennes vers le bas. Seuls ont échappé à ce mouvement descendant les clients de l’abbaye de Fécamp, les principaux laboureurs et une poignée de marchands. Argences agit comme un miroir grossissant, qui dévoile les ressorts autrement peu visibles d’un siècle considéré de manière trop souvent uniforme.
  •  David Gaillard : Maître de conférences en Géographie à l'université de Caen Basse-Normandie
    Analyse spatiale et géomatique : outils d'aide à la décision et à l'innovation en milieu agricole.
    Résumé : Entre problématique environnementale, urbanisation, économie et production agricole, la gestion des espaces ruraux et agricoles mobilise des enjeux multiples portés par des acteurs aux intérêts parfois divergents. Le fonctionnement en système de ces espaces nécessite une approche intégrée et croisée entre les différents services en charge de leur gestion et de leur aménagement. En tant que science du territoire, la géographie y contribue grâce à des diagnostics adossés à une gamme d’outils et de méthodes performants depuis l’approche cartographique jusqu’à la modélisation spatiale. À ce titre, les méthodes de la géomatique répondent à de nombreux questionnements et besoins tant des acteurs de terrain que des chercheurs. Au cœur de ces espaces, l’agriculteur et son exploitation sont confrontés à des enjeux et des contraintes variés : gestion des risques naturels, protection de la ressource, qualité alimentaire, consommation d’énergie etc. Face à ces contraintes et exigences règlementaires autour des problématiques environnementales, l’exploitation devient le lieu d’innovations multiples portées par des outils géomatiques. Deux exemples sont présentés : la mise en place d’un protocole de concertation et la réduction des consommations de carburant.

Lieu : MRSH - Salle des Actes
Date : 07/01/2014
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire 20 ans après - Toutes portes ouvertes. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

La recherche en action :

Séance consacrée à l'état d'avancement des travaux des étudiants du Pôle rural (doctorats et masters)

 


Lieu : MRSH - Salle des actes
Date : 03/12/2013
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire 20 ans après - Toutes portes ouvertes. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

  • Bertrand Hervieu, Sociologue, Vice-Président du Conseil général de l'alimentation de l'agriculture et des espaces ruraux, Ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Fôret
    D'une sociologie rurale à une sociologie des mondes agricoles.

 


Lieu : MRSH - salle des actes
Date : 05/11/2013
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline, Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire 20 ans après - Toutes portes ouvertes. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

  • Marie-Claude Maurel, Géographe, Directrice d'études à l'EHESS

Les temps de transformation des territoires ruraux : 30 ans d'éxpérience de recherche sur les campagnes d'europe centrale

Résumé : Pour les sociétés d'Europe centrale, la chute du mur de Berlin, en 1989, déclenche un basculement majeur de système politique et social. Parce que cet événement introduit une rupture  entre le passé, le présent et le futur (ou les futurs possibles), il pose la question du temps, de la manière de penser le temps (les moments de cassure comme le temps du changement graduel). Le séminaire se propose d'analyser les rapports entre le temps économique et social de la transformation postsocialiste et les temps de genèse et de recomposition des formes spatiales qui structurent les territoires ruraux. Changement social et changement spatial se déroulent selon des temporalités propres à chacun d'eux. L'ambition est de comprendre comment s'articulent changement social et changement spatial, aux diverses échelles (macro et micro), lorsque s'accomplit le retour inédit « du socialisme au capitalisme ». Quel rôle joue l'inscription spatiale des faits sociaux  dans leur matérialité comme dans leur expression symbolique ? Comment les stratégies des acteurs prennent-elles en compte les héritages pour tenter de les préserver ou pour s'en affranchir ?

 


Lieu : MRSH - Salle des Actes
Date : 01/10/2013
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau
  • 10h - 11h30 : séance d’accueil pour les étudiants
  • 14h - 17h : ouverture du séminaire (tout public)
    Actualités et présentation du séminaire
    • Gérard Béaur, Historien, Directeur de recherche au CNRS, Directeur d'études à l'EHESS
      Vers une histoire des campagnes à l'échelle de l'Europe et au delà. 11 ans de séminaire et de coopération internationale à l'EHESS