20 ans après

Lieu : MRSH - Salle des Actes
Début : 08/04/2014 - 14:30
Fin : 08/04/2014 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du séminaire 20 ans après - Toutes portes ouvertes. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.

Au programme :

  • Jean-Pierre Poussou, Recteur, Professeur émérite d'Histoire à l'université Paris-Sorbonne
    Les mobilités rurales XVIIe - début XXe siècle

    Résumé. Lorsqu’au cours des années 1960 la Démographie Historique prit son essor, la mobilité rurale française entre le XVII° et la fin du XIX° siècle restait largement méconnue et sous-estimée. Les premières véritables vues d’ensemble n’apparurent qu’avec mon gros article de 1970 dans les Annales de Démographie Historique. Il montrait que les travaux étaient en réalité nombreux mais qu’en dehors de l’intérêt porté à l’exode rural qui s’installe à partir de la deuxième moitié du XIX° siècle, ils n’avaient pas débouché sur une vision globale. Depuis cette date, beaucoup d’autres travaux ont été réalisés mais la complexité de la question reste largement ignorée. Les ruraux étaient à la fois très mobiles - mais à petite distance pour la plupart, ce que j’ai proposé dès 1970 de définir comme une micro-mobilité, et non comme une migration -, et majoritairement sédentaires, à l’exception des « pays » de migrations saisonnières et temporaires. C’est essentiellement dans la deuxième moitié du XIX° siècle que se mit en place une migration de grande ampleur vers les villes ou vers l’étranger, en n’oubliant pas toutefois que, comme l’a fait remarquer Pierre Goubert, quand on regarde les monuments aux morts de la guerre de 1914 -1918, on retrouve dans presque tous les villages de France les mêmes noms de famille qu’aux XVII° ou XVIII° siècles.

    Tout le monde n’a pas partagé ou ne partage pas ce point de vue. La question suscite donc de nombreux problèmes de méthodologie qu’il faudra aborder, notamment ce qu’il faut entendre par migration et par mobilité, les différences de résultats suivant les sources, ou la question de savoir s’il n’y a pas une démographie des sédentaires et une démographie des mobiles. Au bout de cette démarche, il me semble cependant possible d’affirmer avec force que très majoritairement les migrants ne constituent qu’une minorité dans les campagnes françaises des XVII°-XIX° siècles, et que par ailleurs la mobilité comme les mouvements migratoires sont fortement régionalisés.

  • Mauricette Fournier, Maître de conférences en Géographie à l'université de Clermont-Ferrand
    Culture et développement local : espaces d'expérimentation de nouvelles ressources territoriales

    Résumé. Les travaux académiques portant sur les relations entre culture et territoire se sont multipliés ces dernières années, en corrélation étroite avec l’intérêt croissant que manifestent les décideurs publics pour cette question. Toutefois la grande majorité d’entre eux se concentre sur l’analyse des processus de patrimonialisation de diverses ressources locales (gastronomie, architecture vernaculaire, savoir-faire …). Nous proposons de nous intéresser ici plutôt à la diffusion des pratiques artistiques et au développement d’actions culturelles sans lien apparent avec les traditions des sociétés concernées. En effet, certains espaces ruraux, parfois parmi les plus isolés, se sont transformés en terrain d’expérimentation de projets culturels originaux dans un contexte général de territorialisation de l’action publique. S’appuyant sur plusieurs exemples, la communication cherchera à illustrer diverses facettes de l’action culturelle en milieu rural et à mesurer son impact sur le développement des territoires (plus ou moins grande difficulté des sociétés locales à investir le champs de la culture « légitime », mécanisme de « clusterisation », création de « cercle vertueux » pour le développement local, rôle de la culture dans la construction des territoires).