Recherches sur les sociétés et les espaces ruraux

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Début : 13/03/2018 - 14:30
Fin : 13/03/2018 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe MADELINE et Jean-Marc MORICEAU

Alexandre HOBEIKA, Docteur en sociologie à l’école des Hautes études en Sciences Sociales,  Le travail syndical à la FNSEA et l’encadrement professionnel de l’agriculture (France, 1980-2010). L’exemple de l’Orne

Résumé : La FNSEA est une institution centrale du gouvernement de l’agriculture depuis la Libération. Principal syndicat d’agriculteurs en France, elle représente les agriculteurs auprès de l’État, des marchés et des organisations professionnelles agricoles (OPA). Cette thèse prend pour objet une fédération départementale de ce syndicat afin d’éclairer les modalités de cette représentation et plus largement les évolutions du régime de gouvernement du secteur.
L’enquête est située dans l’Orne, département regroupant des productions importantes pour la PAC et pour la FNSEA (céréales, lait, viande) et lieu de forts mouvements syndicaux d’oppositions. Elle s’appuie sur l’observation de l’activité du syndicat sur plusieurs années, et une analyse de documents internes, combinées avec une ethnographie de son implantation locale dans deux cantons, et des entretiens de ses dirigeants et militants. L’analyse de l’activité de coadministration, de régulation du marché des terres et du marché du lait montre que le syndicat parvient à maintenir des configurations cogestionnaires auprès des institutions publiques, mais apparait vulnérable face à la libéralisation de marchés, en dépit de sa forte expertise et de son nombre de militants. Dans un contexte de baisse du taux d’adhésion, il tente de développer des services marchands, mais se heurte à la concurrence des autres OPA et à la résistance de son style fondé sur l’interconnaissance et les relations personnalisées. Système institutionnel de production et de formation de cadres intermédiaires des organisations agricoles, sa capacité à attirer les élites agricoles diminue, à mesure que celles-ci s’orientent vers des systèmes de production à plus haute valeur ajoutée et se détachent des sociabilités agricoles. Ils forment un espace de groupes techniques et commerciaux, dont les syndicats d’opposants apparaissent comme une composante. Les injonctions exogènes à la libéralisation du secteur se traduisent ainsi par un effritement du pouvoir du syndicat sur les circuits commerciaux.