Recherches sur les sociétés et les espaces ruraux

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Début : 14/11/2017 - 14:30
Fin : 14/11/2017 - 19:00
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe MADELINE et Jean-Marc MORICEAU

14h30 - 19h

Florent MEROT, Professeur (Saint-Leu-la-Forêt), docteur en histoire, Paysages et environnement en Vallée de Montmorency aux XVIIe et XVIIIe siècles

Résumé : Entre la décennie 1640 et l’extrême fin du XVIIIe siècle, la vallée de Montmorency constitue, grâce à son environnement, une région privilégiée pour observer les relations que les sociétés humaines entretiennent avec leur lieu de vie. A quelques lieues seulement au nord-ouest de Paris, la vallée subit irrémédiablement les influences d’une capitale dont la population ne cesse d’augmenter depuis le milieu du XVIIe siècle. Tout en se diversifiant, la demande accompagne les rythmes de la croissance démographique urbaine et ne manque pas d’imposer ses exigences aux campagnes proches dans lesquelles se fond le vallon. Toutefois, le processus de transformation du paysage y est beaucoup plus précoce que dans le reste de l’Ile-de-France : les habitants sont animés par la volonté de satisfaire les besoins de la capitale dès la seconde moitié des années 1650. Secondés par un dense réseau routier, les échanges économiques, sociaux et culturels entre la vallée, Paris et l’ensemble de l’Ile-de-France se multiplient. Le paysage agricole s’imprègne progressivement d’un système multidimensionnel, associant sur de minuscules parcelles vignes, arbres fruitiers, plantes légumineuses et fourragères, résultat d’une complémentarité pensée par la paysannerie‑marchande pour assouvir ses désirs de profit et les besoins de la capitale. L’organisation spatiale des espaces bâtis s’adapte aux nouvelles activités agricoles, l’exploitation des massifs forestiers évolue pour satisfaire les exigences matérielles de celles-ci. Admiré par des spectateurs de plus en plus nombreux, le paysage et sa beauté contribuent à l’installation des élites sociales et urbaines au cœur même des villages. Le paysage de la vallée de Montmorency est une construction savante dotée d’une diversité qui recèle une remarquable cohésion d’ensemble et traduit l’habitude inaliénable qu’a l’Homme de construire son environnement à son image.

Camille CLEMENT, Docteure en géographie de l’Université de Montpellier, post-doctorante UMR Innovation, La publicisation des espaces agricoles périurbains : un cadre d’analyse en géographie

Résumé : La publicisation des espaces désigne le processus par lequel des espaces, qu’ils soient publics ou privés, urbains ou ruraux, sont pratiqués par de multiples acteurs pour en faire des espaces d’usages.  Bien renseigné à l’échelle locale dans la littérature sur les espaces urbains, il n’a été étudié qu’à une échelle nationale pour les campagnes. Mon travail de thèse a proposé, à partir de deux études de cas, une grille d’analyse de la publicisation des espaces agricoles périurbains à l’échelle locale. La publicisation se décline en trois axes (le débat public, les politiques publiques et les pratiques spatiales) étudiés à deux échelles (le territoire et le lieu) suivant cinq dimensions d’analyse (le juridique, le social, le politique, l’historique et l’économique). Ce cadre d’analyse sera présenté en s’appuyant sur des exemples concrets. Il sera ensuite mis en perspective des évolutions récentes dans le débat public et dans la recherche (depuis 2012, date de soutenance).