Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux

Lieu : MRSH - Amphithéâtre
Début : 04/04/2017 - 14:30
Fin : 04/04/2017 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe MADELINE et Jean-Marc MORICEAU
  • Fulgence DELLEAUX, Maître de conférences en histoire moderne à l’université de Namur
    « Un itinéraire d’historien ruraliste : des sociétés d’agriculture à la microhistoire »

    Résumé. Cette intervention tente de mettre en valeur la cohérence historiographique d’un ensemble de travaux, entrepris depuis 2004, ayant pour dénominateur commun la grande exploitation agricole au XVIIIe siècle.

    Au point de départ se trouve une thèse sur l’évolution socioéconomique des campagnes du Hainaut français de la fin du règne de Louis XIV jusqu’au début du XIXe siècle. La période est marquée par d’âpres conflits militaires et à la suite une croissance démographique exceptionnelle. L’hypothèse de départ était de montrer que cette conjoncture atypique pouvait avoir un impact sur la structure des campagnes hennuyères. Elle pouvait être l’élément déclencheur, ou tout du moins amplificateur, de toute une série de transformations. Nous avons tenté de les observer en resserrant la focale sur les « censiers », de moyens et grands exploitants en fermage, dont l’exploitation est souvent la propriété d’un  seigneur, et qui occupent une part importante des terroirs. L’enquête a alors révélé, en combinant approches macro et micro, d’une part la palette de stratégies d’adaptation des censiers face à des événements spécifiques ; d’autre part, le rôle actif, stimulateur et indispensable de plusieurs seigneurs.

    Nonobstant, bon nombre d’aspects relatifs aux dynamiques et stratégies de fonctionnement de la grande exploitation au siècle des Lumières restaient dans l’ombre. Pour les saisir sur le vif, nous avons aujourd’hui pris le parti d’utiliser des « écrits paysans » suffisamment détaillés, à savoir des livres de comptes, des journaux, des correspondances ou encore des mémoires sous la plume de grands exploitants ou d’employés au service des grands domaines agricoles. Autant de témoignages directs susceptibles de réévaluer, de notre point de vue, l’apport des autres sources habituellement invoquées lors d’études se rapportant à la marche des grandes exploitations agricoles. Au fil des découvertes archivistiques, le champ géographique a été étendu à la Belgique et à la Suisse romande.

  • Nicolas CAHAGNE, docteur en géographie de l’Université de Rennes 2
    « La ruralité au comptoir. Un regard sur les recompositions sociales et culturelles des campagnes bretonnes au prisme de l’évolution des cafés et des  pratiques »

    Résumé. Le renouveau des campagnes est, depuis deux décennies, bien documenté, notamment du point de vue des dynamiques démographiques des espaces ruraux, de leurs recompositions socio-économiques et de la diversification croissante des populations rurales. Il nous semble en revanche que l’évolution des manières d’habiter le rural au quotidien a moins retenu l’attention des chercheurs. Dans cette communication, nous proposons un regard original sur les nouvelles ruralités à partir d’un objet relativement peu considéré, presque oublié par la recherche : les cafés ruraux. En interrogeant le déclin et les formes de résistance de ces lieux dans les campagnes bretonnes, en insistant sur les stratégies des cafetiers face aux nouvelles attentes des populations rurales et sur la diversité des pratiques et des motivations des clients, il s’agit de rendre compte de la variété des modes d’habiter ruraux et des inévitables processus de différenciations et de micro-distinctions sociales qui procèdent du partage d’un même espace local par des groupes sociaux hétérogènes.