SOCIO-ANTHROPOLOGIE D’UNE MISE EN DECISION :
LE TRAITEMENT DES DECHETS A L’HEURE DE
LA SANTE ENVIRONNEMENTALE

DESCRIPTION DU PROJET
Contexte et objectifs

Assiste-t-on à une requalification écologique et sanitaire de la question des déchets ? L’urgence environnementale engendre un changement d’échelle de réflexion à propos de la destruction des milieux et des effets de la dilapidation des matières premières. Ce nouvel éclairage, plus global, vient perturber les modes de gestion de l’élimination des déchets qui étaient jusqu’à il y a peu relativement circonscrits. Corrélativement, ont assiste à des formes de recomposition des jeux d’acteurs autour des conflits que peuvent engendrer les installations d’industries du traitement (ce fut notamment le cas avec l’incinérateur de Marseille/Fos-sur-Mer). Les élus et décideurs, dans ce domaine, doivent de plus en plus prendre en considération cette nouvelle donne environnementale portée par les politiques nationales et européennes et mise en lumière par les grands sommets internationaux, tout comme ils doivent tenir compte des acteurs émergeants dans les débats concernant les déchets. L’étude a visé à saisir la complexité nouvelle des interactions entre les acteurs impliqués dans les processus décisionnels concernant le traitement des déchets, à partir d’une approche socio-anthropologique. Elle s’appuie pour cela sur une analyse comparée (de deux situations hexagonales mais avec une ouverture forte vers l’Espagne).

Méthodologie

Quatre territoires sont explorés : La Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole (qui a fait le choix de l’incinérateur de Fos-sur-Mer, engendrant des formes de résistances et de ré-appropriations de l’expertise transformant le débat public) ; L’agglomération Caen-la-Mer (Calvados-14), qui est historiquement engagée vers l’incinération (situation consensuelle) ; La ville de Madrid (Communauté autonome de Madrid, Espagne), qui dispose d’un parc technologique regroupant toutes les techniques disponibles, ainsi que la ville de Fuenlabrada (Communauté autonome de Madrid, Espagne), qui jouxte la capitale mais qui procède différemment ; Séville (Andalousie, Espagne) qui développe une politique de « ville durable » et est dotée d’un mode de collecte spécifique (système souterrain et automatique de transport des ordures ménagères), tout en privilégiant le compostage et l’enfouissement. Notre démarche est essentiellement qualitative, fondée sur des entretiens. Les principes qui président à sa réalisation sont prioritairement : l’identification de chacun des contextes décisionnels (tant institutionnels, politiques, sociaux, démographiques que géographiques et écologiques) et l’analyse des dynamiques de consensus ou de dissensus entre les acteurs, reposant sur l’histoire, la culture et l’économie locales.

Résultats

Les quatre terrains explorés offrent des configurations diverses qui montrent, d’une part, comment les problèmes posés par les déchets et leur « mise en décision » dépassent largement les cadres simplement techniques ou économiques d’élimination des déchets ; d’autre part, que les choix en la matière mettent en jeu différentes formes de rationalités localisées, parfois contradictoires, impliquant des acteurs institutionnels, sociaux et politiques, dont les objectifs ne rencontrent pas toujours la nouvelle mise en perspective environnementale et sanitaire des déchets. Un « nouveau paradigme » environnementaliste est loin d’émerger malgré des évolutions observables en ce sens mais qui n’interviennent que peu dans les processus décisionnels concernant les déchets. Des jeux d’acteurs qui pourraient être plus démocratiques sont peu développés. En dehors de la situation très particulière du conflit phocéen qui a vu émerger de nouvelles formes de constructions décisionnelles, le consensus, ailleurs, se formule par sédimentation-acceptation, dans l’histoire locale, d’un mode de collecte, de tri et de traitement. Cela n’empêche pas, chez les décideurs comme chez les habitants, un questionnement plus large autour de nos modes de production et de consommation qui génèrent autant de déchets.   

Valorisation

Manifestation :

Journées d'étude et de rencontres : Traitement des déchets : jeu d'acteurs – Santé – Environnement, 11-12 octobre 2012 ; Abbaye aux Dames-Conseil Régional de Basse-Normandie / Maison de la Recherche en Sciences Humaines (avec le soutien financier de la Région Basse-Normandie).

Communications :

De l'intérêt des échanges d'expériences et de pratiques en matière de traitement des déchets (analyses comparées : Caen-la-Mer, Marseille-Fos, Madrid et Séville) ; Intervention aux Journées d'étude et de rencontres : Traitement des déchets : jeu d'acteurs – Santé – Environnement, 11-12 octobre 2012 ; Conseil Régional de Basse-Normandie / Maison de la Recherche en Sciences Humaines.

Dimensions sociales, culturelles, historiques et économiques, dans les décisions en matière de traitement des déchets ménagers. Etude de cas en France et en Espagne ; Congrès de l’ACFAS, Montréal, Canada, 7-11 mai 2012.

Le traitement des déchets comme politique de développement non soutenable, XIXe Congrès international des sociologues de langue française (AISLF), 2-6 juillet 2012, Rabat., Maroc, 6 juillet 2012.

Publication programmée :
« Le traitement des déchets comme politique de développement non soutenable ; à partir d’étude de cas  », MANA, n° 20, Objets du quotidien. Profusion, usages, destruction, détournements, 2013.
D’autres propositions de publication seront formulées au gré des offres des revues.

D’autres modes de valorisation sont envisagés (notamment colloques internationaux et rendus de l’étude en direction des acteurs rencontrés et plus largement), sous réserve d’avenant à la convention (problème de mise à disposition, par l’université de Caen, au-delà de la date de fin de convention, des moyens pourtant encore disponibles sur le budget initial au titre, précisément, de la valorisation).

ÉQUIPE(S)

Equipe 1 (coordinateur) : Pôle « Risques » MRSH, Université de Caen-Basse-Normandie ; Frédérick Lemarchand.
Equipe 2 : Centre d’Etude et de Recherche sur les Risques et les Vulnérabilités (C.E.R.R.e.V), U.F.R Sciences de l'Homme, Université de Caen-Basse-Normandie ; Arnaud Morange.
Equipe 3 : Laboratoire Méditerranéen de Sociologie (LAMES – UMR CNRS 6127), Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (M.M.S.H.), Université d'Aix-en-Provence-Marseille ; Isabelle Hajek.


DATES DE DÉMARRAGE ET DE FIN DE PROJET : 1 juin 2010 – 30 novembre 2012

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