Recherches en cours

  Projet E-MARE (acceptabilité sociale des EMR)

Resp. de la recherche : Frédérick LEMARCHAND (MCF HDR, UCBN), Salvador JUAN (PU, UCBN)


Projet Fukushima

Projet de recherche exploratoire europeo-japonais en sciences humaines et sociales sur les consequences de l’accident de Fukushima


Les Ateliers-débats de la Mission prospective (du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie).

SAVE the DATE

L'atelier inaugural «  Penser autrement les modes de vie à l’horizon 2030 » aura lieu le 26 septembre 2014 de 14h30 à 18 heures,

Boulevard St Germain, 75 007

 

« Transformation des styles de vie et enjeux écologiques »

Avec :

Harold Wilhite (Center for development and environment, University of Oslo)

 

Th Thierry Gaudin (Prospective 2100)

 

Bernard Kalaora (Professeur de sociologie émerite, Président de LITTOCEAN)

 

Organisation scientifique : Michelle Dobré, Rudy Amand, Aldo Haesler (Université de Caen)

Les Ateliers-débat de prospective autour du changement de modes de vie proposent à un public d’acteurs politiques, scientifiques et socio-économiques, des éléments de réflexion et de débat dans le but d'accompagner le changement dans la complexité.

Dans le cadre de ses réflexions pour l’action, la Mission Prospective du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie organise une série d’Ateliers-Débats qui se dérouleront entre 2014 et 2016. Ils s’inscrivent dans le prolongement des réflexions du programme de prospective « Penser autrement les modes de vie » (PAM), et mobilisent le socle théorique que les sciences sociales au sens large pourraient proposer pour la compréhension et l’accompagnement à l’élaboration des scénarios d’avenir dans la transition écologique. Le changement social est difficile à appréhender, lent, historiquement lourd, parcouru par de nombreux facteurs, et les cadres théoriques non stabilisés. A côté des contraintes techniques et environnementales, comprendre les contraintes sociales et culturelles qui gouvernent le changement des modes de vie vers plus de durabilité s’avère indispensable dans la situation actuelle dont certaines analyses (comme celle du GIEC en 2014) soulignent le caractère d’urgence.

Dans ce cadre, le thème de cet Atelier inaugural proposera un débat d’idées pour faire face à l'impératif de réussite de notre transition écologique. Seront traités les enjeux liés au bien commun dans son acception large comprenant notamment la notion de conscience planétaire et de solidarité écologique, ainsi que le partage de responsabilités qu'implique la préservation de notre patrimoine naturel.

 

 

TERESA Université de Caen/Ademe (Déchets et Société) avril 2014

 

Traitement social de l’encombrement dans les styles de vie alternatifs

 

Résumé

La recherche TERESA (Traitement social de l’encombrement) interroge la diversité des pratiques quotidiennes à l’égard de la surabondance d’objets. La notion d’encombrement a été utilisée comme une clé pour entrer dans la problématique du flux (entrée/sortie) des objets dans l’univers domestique. Dans un contexte général d’incitations nombreuses à l’acquisition et la rotation d’objets, il s’avère que l’acte de jeter des objets en surnombre ne va pas de soi pour la plupart des gens. Les manières différenciées de se débarrasser d’objets sont imbriquées dans des styles de vie que les représentations et les valeurs structurent autant que le niveau de revenu, le diplôme et les autres facteurs socio-démographiques classiques. La recherche a contribué à définir et affiner le portrait des « styles de vie alternatifs », à savoir des manières de vivre et de penser qui se situent consciemment en rupture avec les pratiques les plus courantes de la consommation de masse. L’hypothèse de départ se proposait d’explorer les pratiques alternatives à l’égard des objets et de la consommation au sens large. Ceux qui ont amorcé des changements en direction de la frugalité (moindre consommation d’objets et moindre production de déchets, attention à la qualité écologique des produits, tri des déchets…) par sensibilité écologique le font souvent aussi par aspiration à une meilleure qualité de vie. En réalité, la distinction entre les alternatifs et les non alternatifs ne débouche pas sur un rapport spécifique aux déchets. C’est le rapport aux objets, façonné culturellement dès l’enfance dans le milieu familial, qui structure les rapports à la consommation et aux déchets. Les pratiques individuelles sont sur ce plan subordonnées à l’économie du ménage. Le flux d’objets est régulé le plus souvent par complémentarité entre les membres de la maisonnée : si l’un fait entrer les objets, l’autre les fait sortir, de manière à vider régulièrement l’espace de vie. L’enquête socio-anthropologique (entretiens, récits de vie centrés, observations in situ en milieu rural et urbain en France) a investi un ample terrain de plus d’une cinquantaine d’individus, de ménages et d’acteurs impliqués dans la seconde vie des objets. L’analyse des matériaux empiriques a mis en évidence le lien entre les rapports différenciés aux objets et la production de déchets. Nous avons reconstitué quatre styles de vie correspondant à quatre profils différents de rapports aux objets et à leur fin de vie. Ainsi, on ne jette aisément les objets que dans l’un des quatre styles de vie, le style « Opulent ». La rotation des objets est maximale dans ce profil dont le moteur est la consommation ostentatoire et statutaire, le niveau de revenu relativement élevé. Les objets qui entrent sont de qualité, achetés neufs, mais quand ils sont remplacés ils sont rarement réparés ou réutilisés. A l’opposé, le flux d’entrée est largement excédentaire chez les « Stockeurs ». Dans ce style de vie on ne jette (presque) rien, on achète d’occasion, et si on ne répare pas, on garde ou donne les objets dans le but de les sauver. Les deux autres styles de vie impliquent une rareté relative des objets, l’une subie (les Précaires) l’autre recherchée à dessein (Minimalistes). La plupart des objets sont récupérés (de dons ou de seconde main) chez les précaires, et on n’admet de pratiquement rien jeter sauf hors d’usage. Enfin, chez les Minimalistes, la critique du nombre élevé d’objets (inutiles) conduit à des tactiques de désencombrement permanentes qui remontent jusqu’à la modération de l’achat. C’est dans ce style de vie que les différentes trajectoires des objets sont mobilisées au maximum (déchetterie, ressourcerie, don, vente…). Par le rapport aux objets passe le désir de reprendre le contrôle de ses conditions de vie auquel les Minimalistes et les Stockeurs aspirent. Ces deux styles sont traversés par des tensions qui les désignent comme les vecteurs les plus vraisemblables du changement en direction de modes de vie plus durables.

La recherche a conduit une expérimentation de théâtre forum qui a mis en scène les tensions quotidiennes dans la gestion de la surabondance d’objets. Le bilan critique de cette opération indique des possibilités pour les acteurs en charge de la gestion des déchets d’employer cet outil original pour la sensibilisation.