Projet E-MARE (acceptabilité sociale des EMR)

Resp. de la recherche : Frédérick LEMARCHAND (MCF HDR, UCBN), Salvador JUAN (PU, UCBN)

Alors que le Grenelle environnement prévoit un doublement de la part des énergies renouvelables à l'horizon 2020, et que la Région Basse-Normandie se place parmi les premières ressources au niveau national, exposée aux vents et courants dominants caractéristiques du littoral Manche-Mer du Nord, des contestations sont prévisibles (existent déjà hors de la région), notamment sur les éoliennes en mer et sur le littoral. L'objet de cette recherche est d'analyser le système d'acteurs favorables aux ou contestant les projets déjà annoncés d'implantation de nouveaux équipements énergétiques sur le littoral normand. Son objectif est de suivre et d'accompagner l'évolution de l'ensemble du processus - planifié mais aussi pour une part indéterminé - de mise en œuvre des EMR sur la région. Notre approche, socio-anthropologique, va au-delà de l'analyse « coût-bénéfice » pour questionner les imaginaires en présence, notamment en matière d'énergie et de développement. L'intérêt du travail projeté, à côté des procédés de « monétarisation des externalités environnementales », est de proposer une approche plus riche et plus réaliste (non modélisatrice) des représentations que les habitants ont de leur cadre de vie.

La recherche se déroulera sur trois ans et, partant des réalisations énergétiques déjà réalisées ou contestées sur le littoral de la Manche (Rance, Dieppe, Caen) elle réalisera une centaine d'entretiens semi directifs de différents types d'usagers du littoral : pêcheurs et autres professionnels de la mer et du tourisme, conchyliculteurs, les pêcheurs à pied, associations environnementalistes et de loisir liées au milieu, plaisanciers, vacanciers, riverains, etc. Par ailleurs, des « informateurs privilégiés » et des « experts » (Conservatoire du littoral, DREAL, ADEME, opérateurs divers, ou leurs homologues Européens) feront l'objet d'entretiens spécifiques. Ces entretiens seront complétés par une analyse documentaire (revue de presse et synthèse de la littérature « grise ») et par une observation directe participante des groupes mis en place soit par les administrations de l'environnement soit par nous : « recherche - action »permettant d'inscrire l'investigation dans un processus réflexif intégrant l'évolution des positions.