Axes de recherche

Deux axes de recherche struturent principalement les acticités du Pôle :

 

AXE TRANSITIONS ECOLOGIQUES

Le concept de transition écologique, créé par Rob Hopkins, regroupe un ensemble de principes et de pratiques formées à partir des expérimentations et des observations d'individus, de groupes, de villages, villes ou communes, lorsqu’ils ont commencé à travailler sur les problématiques de résilience locale, d'économie en boucle et de réduction des émissions de CO2. Ces principes ont été déclinés dans les domaines de l’agriculture, les usages dans les villes (avec le mouvement des villes en transition) ou plus généralement avec le principe de résilience.

De nombreuses collectivités (villes, Départements, Régions), envisagent un nouveau modèle de développement en transition. Le rôle du Pôle sera de permettre la mise en oeuvre d'approches pluridisciplinaires pour l'accompagnement de démarches telles que celle engagée par le dépârtement de la Manche, ici en accord avec la thèse de l’économiste américian Jeremy Rifkin, qui fut l’invité exceptionnel d’une journée d’échanges et de débats, vendredi 25 avril 2014 à Saint-Lô, à laquelle participèrent Frédérick lemarchand, Codirecteur du Pôle Risques, et l’économiste Cécile Le Corroler.

F. Lemarchand, E. Heurgon, J. Rifkin, C. Le Corroler et le journaliste S. Lallemand.

Le Pôle risques, identifié comme l’un des acteurs clé en région de la réflexion sur le développement, a déjà été impliqué en 2013 dans une démarche de prospective territoriale afin d’analyser les conditions des mutations à venir. Un livre blanc vient clore cette phase de réflexion, sorte de feuille de route pour la mise en œuvre d’une transition écologique aux multiples dimensions économique, politique, technologique et bien entendu sociale et anthropologique.

Les 5 piliers qui structureront les travaux de recherche du Pôle sont : 

► le développement des énergies renouvelables et la transition énergétique permettant à chacun de devenir un agent économique 

► la reconfiguration des bâtiments pour permettre la répartition de l'énergie, 

► le stockage de l’énergie, vraisemblablement sous forme d'hydrogène

► le développement de smart grids (réseaux intelligents) facilitant l’interopérabilité et une gestion de la production

► l’adaptation des modalités de transports.

L’axe « transition » du Pôle risques, sous la conduite de Frédérick lemarchand, pourra mobiliser dans les années à venir l’ensemble de son potentiel pluridisciplinaire de recherche à travers le réseau GREEMAR (Groupe de REcherche sur les ENergies MArines Renouvelables) nouvellement constitué qui fédère l’ensemble des équipes de recherche de l’Université de Caen impliquées dans la démarche, ou encore le consortium EHD 2020 (Energie Hydro Data 2020) dont le Pôle Risques assurera la compétence SHS par le pilotage d’un groupe de travail spécifique.

 

AXE ECOTOXICOLOGIE et SANTE ENVIRONNEMENT

Dans toute l'histoire de la vie sur Terre, jamais des organismes n'ont autant marqué leur empreinte dans l'environnement, modifié le climat et l'écosystème, en une demie-génération : 1360 experts de 95 pays de l'ONU admettent que nous sommes en pleine crise de la biodiversité atteignant la sixième extinction géologique des espèces, à laquelle les humains participent. Outre les conséquences globales et locales touchant l'agriculture, le développement des pathologies environnementales (cancers, maladies nerveuses, immunitaires, hormonales, de la reproduction...) chez les animaux sauvages et nous-mêmes, et outre les transformations et concentrations des sociétés en mégapoles, c'est aussi la première fois dans l'histoire de l'humanité que nous sommes aussi nombreux, que nos ressources sont autant épuisées et polluées, et que les contaminants chimiques issus de nos activités industrielles contaminent toutes les formes de vie sur la planète.

L'équipe de recherche du Professeur Séralini

Des dosages sanguins des parlementaires européens pris comme témoins permettent de retrouver chez chacune et chacun d'entre eux des dizaines de molécules plastiques (bisphénol A, phtalates), lubrifiants ou isolants, matériaux (PCB, retardateurs de flammes, métaux lourds), pesticides, qui sont aussi dans tous les seins et les laits, et jusque sur les gènes des foetus. Parallèlement, c'est la première fois qu'une espèce développe la possibilité de s'autodétruire et de s'emparer de l'évolution en modifiant à une vitesse industrielle le patrimoine héréditaire des êtres vivants qui l'entourent, cela avec les organismes génétiquement modifiés. Le contrôle de ces techniques et la régénération des milieux de vie, avec les nanotechnologies et la difficulté de prévoir le recyclage de nanoparticules peu biodégradables, fait l'objet de vifs débats internationaux et de contre-expertises qui rencontrent une crise économique et identitaire internationale, source de conflits.

Les objectifs :

La recherche et l'enseignement universitaires ne peuvent rester indifférents à de tels enjeux qui devront être mieux abordés au XXI° siècle. C'est la synthèse de ces expertises et l'analyse et l'expérimentation de solutions régionales et internationales, tout comme une recherche active sur l'étendue précise des problèmes, qui constitue l'objectif de l'axe santé environnement du Pôle. Par essence, ces études et mises en place de solutions (par exemple détoxification, dépollution, évolution des lois et d'indicateurs économiques environnementaux, cartographie des risques et de leurs gestions, meilleure connaissance des besoins sociétaux ) ne peuvent être que transdisciplinaires, avec par ordre alphabétique parmi les chercheurs participant des biologistes, chimistes, économistes, géographes, juristes, psychologues, sociologues,... qui ont pris l'habitude de se poser des questions ensemble dans des colloques et de collaborer.

Des modules d'enseignements pluridisciplinaires ont été mis en place, ainsi que des diplômes. Des pôles de compétitivité internationales sur ces questions sont stimulés, ainsi que le développement de contrats, comme les liens avec la société civile et les associations. Une extension de la MRSH avec un amphithéâtre public dédié à ces questions aidera prochainement à développer ces activités.

Frédérick lemarchand (sociologue), Gilles-Eric Séralini (biologiste moléculaire),
Co-responsables du Pôle Risques