Justice, Vérité, Résilience(s)

Lieu : Centre de Conférence Crédit Agricole - Caen
Début : 23/11/2018 - 09:00
Fin : 24/11/2018 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Emilie Gaillard

Ce colloque, porté par la MRSH, est organisé dans le cadre du dispositif Normandie pour la Paix impulsé par la Région Normandie, avec le soutien de l’Institut Demolombe, de Caen la Mer et de l’Université de Caen et en partenariat avec l’Institut Universitaire Varenne.

La quête de justice s’avère bien souvent transgénérationnelle, animée par une dynamique de vérité pour lever les ombres laissées par les guerres, les dictatures et toutes autres formes de violences et d’injustices.
Dans la lignée du concept kantien de paix universelle, celui de paix durable, incline à penser la paix comme un processus, quelque chose qui se construit, se nourrit, se protège, se transmet mais également qui se revendique.

Comment instituer la paix durable et accompagner la résilience après des troubles de types apartheid, dictatures, génocides ou encore d’écocides ? Comment assurer la transition vers la démocratie tout en affrontant et en transmettant la mémoire d’atrocités commises sur une population ? Comment réclamer justice là où la justice étatique n’agit pas ? Quels déplacements de ligne du devoir de mémoire au devoir d'action sont actuellement à l'oeuvre ?

Deux journées seront consacrées à différentes dynamiques de résilience.

C’est en 1982 que fut créée en Bolivie la première Commission Vérité, puis disséminée sur l’ensemble de la planète : Argentine, Zimbabwe, Philippines, Chili, Népal….  En 1995, sous la présidence de Nelson Mandela, fut créée la première Commission de la vérité et de la réconciliation avec audiences publiques afin de recenser les violations des droits humains sous le régime de l’apartheid. Créant un véritable précédent à ce qu’il est désormais usuel d’appeler un modèle de "justice transitionnelle", ce type de Commissions a depuis régulièrement été utilisé comme aide au processus de transition démocratique.

Le vendredi 23 novembre, seront étudiées plus particulièrement les expériences menées en Tunisie, au Canada, au Togo ou encore en Amérique latine... Les multiples visages de la justice transitionnelle seront retracés, analysés et critiqués. La journée se conclura sur la Commission actuellement en cours d’élaboration en Colombie, qui aura à étudier la question des dommages écologiques.

Le samedi 24 novembre est une journée davantage centrée sur le rôle de la société civile. La journée commencera par le témoignage de Magda Hollander Lafont, survivante des camps de Birkenau qui s’investit particulièrement pour la mémoire de la Shoah tout en portant un message d’espoir et de résiliences pour nos jeunes générations. Le mouvement dits des « grands-mères de la place de Mai » sera présenté, en la présence d’un petit fils retrouvé.  L’ONG Peace Boat présentera l’oeuvre de libéralisation de la parole sur des sujets tels que l’explosion des bombes atomiques en invitant des Hibakushas (survivants d'Hiroshima et Nagasaki).La quête de la paix durable tend également à se présenter sous les traits atypiques des tribunaux d’opinion. L’expérience du Tribunal International Monsanto sera particulièrement mise à l’honneur en la présence de juges, avocats, membres du comité d’organisation et témoins. C’est ainsi qu’il s’opère un véritable basculement d’une transmission de la mémoire à l’action revendicative de paix durable. Ce que viendra également exposer l'ONG française Sherpa, qui vise à responsabiliser les multinationales françaises en dénonçant les violations des droits humains et des engagements ethiques, essentiellement à l'étranger.

A l’ère de la mondialisation, se profile un basculement du devoir de mémoire au devoir de vigilance et d'actions citoyennes au service de la paix durable.

Responsable scientifique : Emilie Gaillard, co-directrice du pôle Risques de la MRSH, enseignante-chercheuse en droit privé, SciencesPo Renne

 

Informations et inscription : https://paixdurable.sciencesconf.org/