Les limites de l'humain

Tous les mardi de 14h à 17h, salle SH 027 à la MRSH (sauf 16/01, Amphi MRSH)

 

  • 9 janvier Introduction : Du posthumain.


Le concept de post-humanisme renvoie à "un produit de l'évolution biologique darwinienne. Il n'est pas davantage finalisé ni contrôlé que les autres phénomènes évolutifs." C'est une "lame de fond", un "changement inévitable qu'impose aux sociétés traditionnelles le développement explosif et multiforme des sciences et des techniques, notamment dans le domaine du computationnel et de l'artificiel". Somme encore dans l’histoire, ou dans une évolution ou la  technique, en donnant à certains l’avantage compétitif, jouerait le rôle tenu par les gènes dans l’évolution du vivant ?

F. Lemarchand, sociologue à l’Université de Caen, directeur du master GREEN et codirecteur du Pôle risques de la MRSH.

 

  • 16 janvier - Le mouvement du « Quantified Self

Le quantified self (mesure de soi en français) ou personal analytics est un mouvement qui regroupe les outils, les principes et les méthodes permettant à chacun de mesurer ses données personnelles, de les analyser et de les partager. Les outils du quantified self peuvent être des objets connectés, des applications mobiles ou des applications Web.

Eric Dagiral,  Maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Descartes. Séance mutualisée avec le séminaire de recherche du CERREV (centre de recherche sur les risques et les vulnérabilités).  Amphithéâtre de la MRSH, campus 1

 

  • 23 janvier - La fabrique du posthumain, enjeux sociologiques

Les industriels ne se contentent pas de développer de nouveaux produits. Ceux-ci sont assortis de discours qui plaident de plus en plus pour faire converger la technologie avec le corps et de promesses (améliorer ces performances…) dont ne sont pas exempts les objets connectés. On est ici dans le monde politico-économique, militaro-industriel, les GAFAM . Il y a de nombreux financements et investissements émanant de sources très diverses (investisseurs de la Silicon Valley, Russie, grands projets européen et américain) mais qu’il est intéressant de recenser car cela permet de soupeser les efforts entrepris dans ce domaine.

Hélène Jeannin, sociologue, chercheur à l’Orange labs de Châtillon. Ses recherches portent sur les transformations techniques du corps et des rapports sociaux par les nouvelles technologies.
Salle SH 027 (MRSH)

 

  • 01 février - Quel humanisme pour affronter le posthumanisme?

Question : de quoi serait constituée l’anthropologie d’une humanité qui n’aurait foi ni dans un Dieu, ni dans l’Homme, ni  dans le Progrès (technique) ?  Cette anthropologie (et non « humanisme » qui désigne un humanocentrisme) ni nierait pas pour autant toute singularité (voire sacralité) du genre humain, mais la penserait en relation avec la nature et la technique, c'est-à-dire en se pensant dans et non plus contre la Nature d’une part, et en se pensant avec la Technique comme nouveau milieu et non plus en faisant comme si celle-ci lui appartenait en propre. Perspectives critiques…

F. Lemarchand, sociologue à l’Université de Caen, a mené une dizaine de recherche portant sur les relations technique/société et les conséquences anthropologiques des catastrophes nucléaires.

 

  •  13 février (au lieu du 06 février 2018) - Quelles sont les limites de la génétique et de la transgenèse pour modifier l'humain ?

Par une approche de la réglementation, et des expérimentations déjà effectuées chez l'homme et l'animal, nous pouvons apercevoir les concepts à l'oeuvre de l'"humain augmenté" comme l'appellent les concepteurs de ces projets, incluant le clonage et les modifications génétiques, par exemple avec les gènes de l'hormone de croissance.

G.E. Séralini, Professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen. Fondateur du CRIIGEN, Prix du «  scientifique international de l’année 2011(International Biographical Centre), Prix du Lanceur d'Alerte 2015. Auteur de nombreux ouvrages dont Génétiquement Incorrect, coll. Champs, Flammarion.
Salle SH 027 (MRSH)

 

  • 20 février  Ethique et intelligence artificielle

 Nous passerons en revue les grandes problématiques de l'intelligence artificielle en mettant en lumière les techniques qui les sous-tendent. Nous tenterons alors de montrer en quoi les machines, pourtant si performantes pour résoudre des problèmes bien formalisés, se heurtent à des difficultés - et nous posent problèmes - lorsqu'il s'agit de traiter de tâches mettant en jeu des questions éthiques. Au-delà de cela, nous tenterons de montrer en quoi l'apparence de ces machines influent sur ce que nous pouvons accepter d'elles. En effet, être capable de penser ces questions aujourd'hui nous permettra de penser notre usage des machines de demain.

Grégory Bonnet, Maître de conférences au sein de l'équipe MAD (GREYC) spécialisée sur ces questions d’intelligence artificielle et de gestion des systèmes distribués et décentralisés
Salle SH 027 (MRSH)

 

  • 06 mars -  Les risques du transhumanisme sont-ils ceux dont on parle ?

Dans les débats sur les promesses du transhumanisme on  questionne l'immortalité, le contrôle de l' humanité par la machine intelligente, ou la modification de notre génome. Il faudrait plutôt s'interroger respectivement sur le rapiéçage des corps et ses limites, la manipulation par quelques humains de mécanismes puissants et obéissants, ou la sélection itérative de nos enfants. Ces perspectives sont déjà d'actualité sans faire réellement débat. Concevoir le transhumanisme comme l'exacerbation illimitée du progrès médical permettrait de remettre en cause certaines pratiques actuelles.

Jacques Testart, auteur des premières "mères porteuses" chez les bovins (1972) puis, avec son équipe biomédicale, des premiers succès en France de fécondation in vitro humaine (1982), congélation de l'embryon humain (1986), FIV (1994). Il est le père scientifique du premier bébé éprouvette français, Amandine, née le 24 février 1982. Jacques Testart a ensuite écrit plusieurs ouvrages où les propositions techniques de la biomédecine sont analysées et critiquées, ainsi que de très nombreux articles dans la presse où il expose ses prises de positions scientifiques et éthiques. Il se définit lui-même comme un « critique de science ».Salle SH 027 (MRSH)

 

  • 13 mars  L'humain du point de vue… anthropologique

Pour clore ce séminaire, nous procéderons à un retour aux sources, vers les fondamentaux de l’humanité vues sous l’angle du symbolique, de l’être-au-monde dans son sens (indépassablement ?) anthropologique.

Fabrice Liegard est Maître de conférences associé au Département de sociologie de l’Université de Caen, socio-anthropologue et psychanalyste.
Salle SH 027 (MRSH)