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Journée d'étude

  • Lieu : Campus 1 - salle des Actes - MRSH
    Début : 12/10/2018 - 10:30
    Fin : 12/10/2018 - 17:15

    Roger Bastide (1898-1974), sociologue et anthropologue français, occupe la chaire de sociologie à l’Université de São Paulo à partir de 1938. Il fait paraître de nombreux articles et études en portugais portant essentiellement sur les religions africaines au Brésil et sur la littérature française et brésilienne. Il revient en France en 1954 pour entrer à l’école Pratique des Hautes études, puis est nommé en 1958 professeur d’ethnologie et de sociologie religieuse en Sorbonne. À la suite de Georges Gurvitch, il prend la direction en 1965 du Laboratoire de sociologie de la connaissance.

    Après une traversée du désert, son œuvre est redécouverte à partir de 1993 autour d’une association, Bastidiana (maintenant dissoute), laquelle s’est chargée de la réédition de l’ensemble de ses ouvrages ainsi que de la publication d’une revue consacrée à son étude pendant une quinzaine d’années. Cet hommage à l’occasion des 120 ans de sa naissance est couplé à une journée d’étude le 24-25 octobre 2018 à l’Université fédérale du Pernambouc (Recife, Brésil).

  • Lieu : MRSH
    Début : 05/06/2019 - 09:00
    Fin : 05/06/2019 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : V. Amiel, J. Moure , B. Thomas, D. Vasse

     

    Programme d’études sur deux ans (2018/2020), organisé par l’Université de Paris 1, l’Université de Strasbourg et l’Université de Caen, avec 6 journées d’études et un colloque en juin 2020 à Cerisy La Salle.
     
    Responsables scientifiques : V. Amiel, J. Moure , B. Thomas, D. Vasse 
     
     
    Notre projet consiste à repérer et analyser ce qui, au XXème siècle, a pu construire un espace de création transnational, dans le domaine du cinéma. Il ne s’agit pas tant de s’intéresser à des représentations de l’Europe, ou d’idées européennes, que de repérer des transferts effectifs (et souvent fortuits), entre les créateurs de pays différents, et qui constituent de fait, au fil des décennies, un espace cinématographique européen. 
    Les directeurs de la photo allemands quittent par exemple la République de Weimar ou le régime nazi naissant pour essaimer dans les pays alentour, les techniques de jeu théâtral débordent des expérimentations soviétiques pour toucher des acteurs et actrices de l’Ouest, les coproductions franco-italiennes des années 50/60 constituent un territoire de création presque autonome par rapport aux autres productions de l’époque… Sans compter évidemment les innombrables adaptations de textes dramatiques ou romanesques, qui, parfois massivement, déplacent des thématiques ou des dispositifs d’un pays à l’autre.
     
    Notre programme envisage des rencontres régulières autour de spécialistes de domaines artistiques ou socio-économiques qui sont autant de domaines d’échanges internationaux. Ces journées d’études seront dans un premier temps consacrées aux échanges relatifs à des pays choisis, de telle manière que nous puissions profiter de compétences qui sont souvent liées à des cinémas nationaux. L’idée étant évidemment de dépasser cet espace national, pour, dans un deuxième temps, s’attacher aux échanges eux-mêmes. Ce sera l’objet d’un colloque, prévu en juin 2020 à Cerisy-la-salle, destiné à composer un tableau plus synthétique de cette Europe de la création au XXème siècle.
     
    Programme provisoire (en gras, les 2 journées d’études organisées par le Laslar): 
     
    1ère journée : samedi 17 novembre 2018, université Paris 1. L’Italie : coproductions, néoréalisme. Partenaire envisagé : Université de Florence (Federico Pierroti).
     
    2ème journée : samedi 16 février 2019, université de Strasbourg. L’Allemagne : l’expressionisme, Weimar, la Continental..
    Partenaire envisagé : Université de Leipzig (Uta Felten)
     
    3ème journée : mercredi 5 juin 2019, université de Caen/Normandie. La Grande Bretagne : acteurs, dramaturgie, genres. 
     
    4ème journée : automne 2019, université Paris 1. La Russie et l’Union Soviétique : échanges, voyages, idéologies. Les acteurs, le montage. .
     
    5ème journée : hiver 2020, université de Strasbourg : les pays scandinaves. Le cinéma muet, les échanges avec l’Union Soviétique, les acteurs et actrices. 
     
    6ème journée : printemps 2020, université de Caen/Normandie : l’Espagne et le Portugal. L’entre-deux guerres, la modernité. 
     
     
    • Colloque : juin 2020, Cerisy-la-salle. Le cinéma européen du XXème siècle
     
    Les échanges techniques
    Les échanges stylistiques
    Les transferts de création
    Les dispositifs socio-économiques
    La question des langues (Martin Barnier, Isabelle Le Corf, les versions multiples)
     
    Le principe sera d’appliquer aux échanges repérés et analysés pendant les 18 mois précédents une approche en termes de transferts culturels et de création transnationale, en se plaçant alors dans la perspective d’un espace culturel ignorant des frontières nationales.
    Le geste des acteurs et actrices, la lumière, l’espace des studios, la construction romanesque, pourront être autant de cas précis sur lesquels travailler.
     
    Le colloque aurait tout intérêt en effet à traiter de cas particuliers, mesurant ainsi la réalité de cette dimension européenne du cinéma du XXème siècle. Et la publication qui s’en suivrait pourrait essayer de « théoriser » ou tout au moins synthétiser davantage, en reprenant, dans une de ses parties, ces notions de transfert ou de transnationalité qui qualifient aujourd’hui de plus en plus les échanges culturels. Ce pourra être l’occasion de se poser des questions plus historiographiques ou épistémologiques sur la question.
     
  • Lieu : MRSH
    Début : 08/03/2019 - 09:00
    Fin : 08/03/2019 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : H. Valmary

     

    En partenariat avec GUEST Normandie, cette journée d’études veut aborder sous deux angles (esthétique et spectatorielle) la plateforme de téléchargement et de production Netflix qui a pris une place considérable dans la production sérielle et cinématographique, place qui suscite des polémiques et soulève de nombreuses questions réactualisées (qu’est-ce que le cinéma à la télévision ?), inédites ou peu traitées (A quelle demande répond Netflix ? Qu’est-ce qu’un mode de diffusion induit en terme de création ?). Cette journée réunira spécialistes de cinéma et de séries télévisées et approches sociologiques et esthétiques.

  • Lieu : MRSH
    Début : 05/12/2018 - 14:00
    Fin : 06/12/2018 - 14:00
    Responsable(s) scientifique(s) : D. Vasse - J. Wolkenstein

     

    Groupe de recherche du LASLAR/ MRSH (Maison de Recherche des Sciences Humaines), UFR Humanités et sciences sociales,  Université de Caen Normandie.
     
     
     
    Après Eric Rohmer (en 2014), François Truffaut (en 2016) et Jacques Rivette (2017), ce sera au tour de Claude Chabrol d’être à l’honneur des journées d’études que l’Université de Caen Normandie et le LASLAR consacrent au rapport des cinéastes de la Nouvelle Vague à la lettre. Figure critique certes moins éminente que ses camarades au milieu des années 50, Claude Chabrol a néanmoins, dans son œuvre prolifique, partagé avec eux le souci d’accorder à l’écrit une fonction souvent cruciale, fatidique même, propre à précipiter ceux qui en sont victimes dans les eaux troubles d’un sort irrémédiable. La lettre tue chez lui, elle est un poison qui tourmente ou terrasse. Parfois anonyme, souvent cachetée d’une mauvaise foi, elle circule d’experts (écrivains, journalistes, postiers, etc.) en pauvres destinataires funestement ciblés. Lecteur précoce, adorateur déclaré de Madame Bovary, admirateur de Georges Simenon, de Ruth Rendell, de la série noire, Claude Chabrol mérite à tous égards de compléter la liste des cinéastes de la Nouvelle Vague étudiés au Laslar depuis quatre ans sous l’angle de l’écrit fondateur.
    La plume et les masques étant monnaie courante dans ses films, il est loisible d’en étudier les jeux de dupes et autres mauvais augures, aussi bien dans l’ordre narratif que dans les partis pris de réécriture ou reformulation de l’œuvre littéraire adaptée.  
    Ces journées seront au nombre de deux, prévues à l’automne 2018, à la MRSH (Maison de Recherche des Sciences Humaines de l’Université de Caen) :
     
    1ère journée, le 7 et 8 novembre 2018 à l’amphi MRSH : « La place de la lettre dans les films de Claude Chabrol ». Cette journée sera consacrée à l’usage critique (dans ses articles) et dramatique (dans ses films) de la lettre, à la manière dont celle-ci contribue à la fatalité des intrigues chabroliennes. Pourrait être ainsi envisagée une étude des personnages spécialistes de la lettre et de l’écrit, de leur fonction et de leurs stratagèmes. 
     
    2e journée, le 5 et 6 décembre 2018 à l’amphi MRSH : « La littérature dans le cinéma de Claude Chabrol : motifs et adaptations ». Cette journée portera plus particulièrement sur les adaptations de romans et de nouvelles, sur l’influence des écrivains et de leur style sur la conception formelle et dramaturgique des films de Chabrol. 
  • Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
    Début : 17/11/2018
    Responsable(s) scientifique(s) : Caroline Blonce et Gabriel De Bruyn
  • Lieu : Université de Caen
    Début : 09/11/2018
    Responsable(s) scientifique(s) : Léa Goret et Emmanuelle Thiébot
  • Lieu : Université de Caen / MRSH, salle sh 028
    Début : 22/11/2018 - 09:00
    Fin : 22/11/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Nadia TAHIR et Georges DA COSTA

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    « Les lieux de mémoire naissent et vivent du sentiment qu’il n’y a pas de mémoire spontanée, qu’il faut créer des archives, qu’il faut maintenir des anniversaires, organiser des célébrations, prononcer des éloges funèbres, notarier des actes, parce que ces opérations ne sont pas naturelles. C’est pourquoi la défense par les minorités d’une mémoire réfugiée sur des foyers privilégiés et jalousement gardés ne fait que porter à l’incandescence la vérité de tous les lieux de mémoire. Sans vigilance commémorative, l’histoire les balaierait vite »[1].

    Dans l’introduction de Les Lieux de mémoire, Pierre Nora évoque ce qui pousse des acteurs à créer des « lieux de mémoire »[2]. Auparavant, il précise à quoi est due la prolifération de ces « lieux » :

    « La curiosité pour les lieux où se cristallise et se réfugie la mémoire est liée à ce moment particulier de notre histoire. Moment charnière, où la conscience de la rupture avec le passé se confond avec le sentiment d’une mémoire déchirée ; mais où le déchirement réveille encore assez de mémoire pour que puisse se poser le problème de son incarnation. Le sentiment de la continuité devient résiduel à des lieux. Il y a des lieux de mémoire parce qu’il n’y a plus de milieux de mémoire. […] Cet effondrement central de notre mémoire n’est pourtant qu’un exemple. C’est le monde entier qui est entré dans la danse, par le phénomène bien connu de la mondialisation, de la démocratisation, de la massification, de la médiatisation. […] Fin des sociétés-mémoires, comme toutes celles qui assuraient la conservation et la transmission des valeurs, église ou école, famille ou État[3]. »

    Ainsi, Pierre Nora place la volonté de créer des lieux de mémoire dans le cadre d’un besoin et pourrait-on même dire d’une forme de survie pour la mémoire. Les acteurs qui multiplient les actions en faveur de la création de ces lieux cherchent donc à créer ou « recréer » un espace (pas nécessairement physique) qui permet à des membres d’une même société, d’une communauté plus ou moins large, de s’identifier, d’établir des liens. Mais, que se passe-t-il dans un contexte où il y a « trop de mémoire » ?

    Comme le précise Henry Rousso dans son dernier ouvrage, Face au passé. Essais sur la mémoire contemporaine : « Le terme de « mémoire » n’est plus seulement un mot galvaudé, c’est un mot usé. Il a fini par signifier sans distinction tout type de rapport entre passé et présent »[4]. Ce constat laisse entendre que la « mémoire » ne laisse plus de place à d’autres interprétations ou outils. Cependant, dans le cadre de sa réflexion, Henry Rousso fait une autre proposition :

    « La mémoire se comprend […] comme un ensemble de discours, d’attentes, de revendications, de pratiques, de politiques, de réalisations ayant pour objectif de représenter le passé en général, et certains épisodes historiques en particulier. On parlera à ce sujet de « mémorialisation », un anglicisme qui signifie une « mise en mémoire » comme on dit une « mise en récit ». La mémoire contemporaine relève plus précisément d’un « régime mémoriel » situé et daté qui possède quelques grandes caractéristiques générales qui servent ici de fil conducteur. Cette dernière expression, d’un usage récent, permet précisément de souligner l’existence de modalités et de dispositifs qui varient dans le temps et l’espace. Elle entérine ainsi l’idée que la mémoire relève d’une histoire et d’une géographie »[5].

    ____________

    Cette journée d’études a pour objectif de s’intéresser à des formes singulières de cette « géographie de la mémoire ». Il s’agira tout d’abord de s’intéresser aux « lieux » au sens propre du terme en revenant sur deux cas. D’une part, avec l’intervention d’Isabelle Bournier, directrice culturelle et pédagogique du Mémorial de Caen, nous reviendrons sur l’évolution de ce lieu emblématique en Normandie et en France. Alors qu’il s’agit d’une association, la structure ressemble de plus en plus à un « musée », nous amenant à nous interroger sur l’importance des dénominations et des définitions dans le contexte décrit par Henry Rousso. Dans le cadre de cette réflexion sur les lieux, l’intervention de Marie-Thérèse Têtu, sociologue du Centre Max Weber à Lyon, sur son travail à propos de la prison de Montluc à Lyon nous permettra de nous intéresser aux enjeux liés au travail dans un lieu de « mémoires multiples » où la Seconde guerre mondiale croise la Guerre d’Algérie et sur la création d’outils numériques autour de ce(s) lieu(x) de mémoire(s).

    Ce dernier projet, nous laisse entendre que même lorsqu’on parle de « lieux de mémoire » au sens propre et matériel du terme, ses frontières ne se limitent pas à leur enceinte.

    Cette porosité[6] des frontières sera au cœur du travail présenté par Enrique Fernández Domingo de l’Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis sur l’ancrage géographique du Musée de la Mémoire et des droits de l’homme à Santiago du Chili. En étudiant la superposition des temporalités, l’évolution des débats politiques et sociaux, et les disputes, nous serons plus à même de comprendre quels sont les enjeux liés à ces lieux en nous interrogeant sur les acteurs, les « entrepreneurs de mémoire »[7] impliqués dans les disputes qui accompagnent leur construction, création, récupération, etc. Cependant, grâce aux travaux de Sandra Assunçao de l’Université Paris Nanterre, sur la littérature brésilienne post-dictatoriale et ceux de Rosana Orihuela, doctorante à l’Université de Caen-Normandie, sur l’œuvre de l’auteur péruvien José María Arguedas, nous verrons que les espaces ne se limitent pas à des enceintes et s’expriment depuis longtemps dans la littérature. Grâce à un dialogue pluridisciplinaire, nous pourrons mieux comprendre les défis auxquels se confrontent ces « objets » dans une « géographie de la mémoire » de plus en plus complexe et aux enjeux politiques de plus en plus présents lorsqu’il s’agit de s’intéresser aux passés traumatiques du XXème et du XXIème siècles.


    [1] P. Nora, « Entre mémoire et Histoire », in P. Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, vol.1, La République, Paris, Gallimard, 1997, p. 29.

    [2] Pierre Nora ne faisait pas référence qu’à des espaces physiques plus ou moins délimités.

    [3] Ibid. p. 23.

    [4] H.Rousso, Face au passé. Essais sur la mémoire contemporaine, Paris, Belin,  2016, p.10.

    [5] Ibid, p.21.

    [6] Feld, Claudia, « Souvenirs de l’ESMA : L’exploration d’un espace complexe », in Béatrice FLEURY et Jacques Walter (dir.), Qualifier des lieux de détention et de massacre (2). Territorialisation, déterritorialisation, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 2009.

    [7] Jelin, Elizabeth, Los trabajos de la memoria, Buenos Aires, Siglo XXI Editores, 2002.

     

  • Lieu : MRSH
    Début : 07/11/2018 - 14:00
    Fin : 08/11/2018 - 13:00
    Responsable(s) scientifique(s) : D. Vasse - J. Wolkenstein

     

    Groupe de recherche du LASLAR/ MRSH (Maison de Recherche des Sciences Humaines), UFR Humanités et sciences sociales,  Université de Caen Normandie.
     
     
     
    Après Eric Rohmer (en 2014), François Truffaut (en 2016) et Jacques Rivette (2017), ce sera au tour de Claude Chabrol d’être à l’honneur des journées d’études que l’Université de Caen Normandie et le LASLAR consacrent au rapport des cinéastes de la Nouvelle Vague à la lettre. Figure critique certes moins éminente que ses camarades au milieu des années 50, Claude Chabrol a néanmoins, dans son œuvre prolifique, partagé avec eux le souci d’accorder à l’écrit une fonction souvent cruciale, fatidique même, propre à précipiter ceux qui en sont victimes dans les eaux troubles d’un sort irrémédiable. La lettre tue chez lui, elle est un poison qui tourmente ou terrasse. Parfois anonyme, souvent cachetée d’une mauvaise foi, elle circule d’experts (écrivains, journalistes, postiers, etc.) en pauvres destinataires funestement ciblés. Lecteur précoce, adorateur déclaré de Madame Bovary, admirateur de Georges Simenon, de Ruth Rendell, de la série noire, Claude Chabrol mérite à tous égards de compléter la liste des cinéastes de la Nouvelle Vague étudiés au Laslar depuis quatre ans sous l’angle de l’écrit fondateur.
    La plume et les masques étant monnaie courante dans ses films, il est loisible d’en étudier les jeux de dupes et autres mauvais augures, aussi bien dans l’ordre narratif que dans les partis pris de réécriture ou reformulation de l’œuvre littéraire adaptée.  
    Ces journées seront au nombre de deux, prévues à l’automne 2018, à la MRSH (Maison de Recherche des Sciences Humaines de l’Université de Caen) :
     
    1ère journée, le 7 et 8 novembre 2018 à l’amphi MRSH : « La place de la lettre dans les films de Claude Chabrol ». Cette journée sera consacrée à l’usage critique (dans ses articles) et dramatique (dans ses films) de la lettre, à la manière dont celle-ci contribue à la fatalité des intrigues chabroliennes. Pourrait être ainsi envisagée une étude des personnages spécialistes de la lettre et de l’écrit, de leur fonction et de leurs stratagèmes. 
     
    2e journée, le 5 et 6 décembre 2018 à l’amphi MRSH : « La littérature dans le cinéma de Claude Chabrol : motifs et adaptations ». Cette journée portera plus particulièrement sur les adaptations de romans et de nouvelles, sur l’influence des écrivains et de leur style sur la conception formelle et dramaturgique des films de Chabrol. 
     
  • Lieu : MRSH
    Début : 05/10/2018 - 09:00
    Fin : 05/10/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : P. Ortoli / J.-B. Carobolante

    Avec Le projet Blair Witch, sorti en 1999 (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick), il semblerait  que les liens entretenus depuis longtemps entre le cinéma et le surnaturel aient franchi un nouveau cap. Le fantastique et l'horreur, alors ancrés dans un déroulement classique, se trouvent incorporés au médium cinématographique lui-même, troublant le spectateur jusque dans sa position contemplative. Quelque temps après,  Saw de James Wan (2004) inaugurait aussi à sa manière une nouvelle façon de concevoir l’horreur, fortement inspirée des tentatives jusqu’au-boutistes italiennes (Joe D’Amato ou Ruggero Deodato), qui allait inaugurer un nouveau sous-genre, le Torture Porn (auquel Eli Roth et ses Hostel (2005 et 2007) a donné ses lettres de noblesse) qui s'est donné pour motif de conter les longs sévices d'une victime (souvent américaine) au sein d'un territoire inconnu (y compris s’il se situe dans le même lieu que celui habité par les infortunés héros). Wan a vite quitté ce terreau pour s’aventurer dans celui du fantastique (là où le principe d’hésitation quant à la réalité du surnaturel dans la fiction est central), à travers, notamment, la série des Insidious (2010, 2013, 2015), sortie sous la houlette d’un producteur indépendant visiblement passionné par les questions de lien avec l’au-delà (Jason Blum), mais également à partir de sa saga des Dossiers Warren (entre autres les séries Conjuring, 2013 et 2016 ; et Annabelle, 2014 et 2017). Ce qui change, notamment sous l'héritage des Japonais Hideo Nakata (Ringû, 1998) et Takashi Shimizu (The Grudge, 2004), c'est que le fantastique n'est plus lié au gothique de la demeure anglaise, mais devient une véritable épouvante quotidienne pour l'Amérique. Après les tueurs et boogeymen de la fin du XXe siècle, la demeure de l'American Dream est sujette au doute de l'implosion sous l'effet des spectres. L'Autre invisible n'est alors plus seulement le souvenir d'un passé douloureux, mais la marque d'un présent dont le vernis semble se craqueler.

    Ces grandes lignes se doivent d’être complétées par un nombre impressionnant de films qui, issus du style Found Footage dévolu au Projet Blair Witch, ont donné naissance à une quantité prodigieuse de faux documentaires d’épouvante (pas nécessairement américains), d’autres productions renouant avec le fantastique originel, bâtis sur la distinction spectre-fantôme, et,  bien sûr, quantité d’œuvres axées sur la représentation de la souffrance du corps humain comme enjeu principal de leurs fictions. Ce panorama ne serait néanmoins pas complet,  si on n’y incluait pas les diverses séries que la télévision a produites, héritée de ces diverses sous-branches. Si la plus connue d’entre elles, American Horror Story (Ryan Murphy, Brad Falchuk, 2011) s’appuie effectivement sur un héritage référentiel cinématographiquement riche (depuis Freaks (Ted Browning, 1931)), d’autres développent des films emblématiques de ces sous-genres (Ash vs Evil Dead (Samuel Raimi, 2015), Une nuit en enfer (Roberto Rodriguez, 2014) ou The Walking Dead (Frank Darabont, Robert Kirkman, 2010)). La représentation de l'horreur au cinéma étant esthétiquement fondée sur une aporie diégétique, une répétition incessante de scènes de meurtre ou de hantise ainsi que la disparition progressive des personnages, l'avènement de séries télévisées horrifiques amène alors un changement dans notre manière d’envisager le genre à l’écran. Il semble donc que ce paysage soit véritablement foisonnant et que, dans cette décennie qui se clôture peu à peu, revenir sur ce début de XXIe siècle, siècle qui voit l'Amérique chahutée et en doute sur son avenir, afin d'analyser et de comprendre comment elle porte à l'écran ses peurs et ses terreurs, soit porteur d’interrogations.

      L’idée d’une journée d’étude sur ce nouveau paysage américain (incluant toutes les œuvres se réclamant du surnaturel) nous a semblé pertinente pour plusieurs raisons que nous pouvons subdiviser en trois grandes problématiques :

    - La première permet de mesurer le rapport qu’entretient la création contemporaine avec un certain nombre d’images issues de ce que l’on nomme, faute de mieux, les « images primordiales » (au sens de Durand)), et, en ce sens, questionner les archétypes fondamentaux du genre, leurs évolutions et leur métamorphose, en face  des certitudes, mais surtout des doutes et des démons qui sont ceux de l'Amérique actuelle, nous paraît riche de sens.

    - La seconde tend vers un questionnement sur le cinéma lui-même. Comment l'épouvante américaine contemporaine nous permet de penser notre rapport à l'image, et plus particulièrement notre rapport au cinéma ? Le rapprochement entre l'image et l'invisible est à l'origine de l'Occident ; pourtant il semblerait qu'une évolution soit advenue avec l'épouvante américaine actuelle dont les représentations semblent de plus en plus agressives, violentes et cruelles. Est-ce que cette terreur peut être déportée vers un questionnement général sur l'image, d'autant plus à une époque que certains qualifient d'ère de l'écran ? De plus, comment comprendre ces images de plus en plus tournées vers un envahissement par l'abject ?

    - Enfin, comment ce renouveau de l'épouvante américaine, conduite notamment par les pratiques inhabituelles du producteur Jason Blum et par l'avènement massif des séries, nous permet de repenser l'industrie cinématographique américaine de façon plus générale ?

    Fichier(s) à téléchargerAffiche épouvante.pdf

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