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Journée d'étude

  • Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
    Début : 17/11/2018
    Responsable(s) scientifique(s) : Caroline Blonce et Gabriel De Bruyn
  • Lieu : Université de Caen
    Début : 09/11/2018
    Responsable(s) scientifique(s) : Léa Goret et Emmanuelle Thiébot
  • Lieu : Université de Caen / MRSH, salle sh 028
    Début : 22/11/2018 - 09:00
    Fin : 22/11/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Nadia TAHIR et Georges DA COSTA

    ___________

    « Les lieux de mémoire naissent et vivent du sentiment qu’il n’y a pas de mémoire spontanée, qu’il faut créer des archives, qu’il faut maintenir des anniversaires, organiser des célébrations, prononcer des éloges funèbres, notarier des actes, parce que ces opérations ne sont pas naturelles. C’est pourquoi la défense par les minorités d’une mémoire réfugiée sur des foyers privilégiés et jalousement gardés ne fait que porter à l’incandescence la vérité de tous les lieux de mémoire. Sans vigilance commémorative, l’histoire les balaierait vite »[1].

    Dans l’introduction de Les Lieux de mémoire, Pierre Nora évoque ce qui pousse des acteurs à créer des « lieux de mémoire »[2]. Auparavant, il précise à quoi est due la prolifération de ces « lieux » :

    « La curiosité pour les lieux où se cristallise et se réfugie la mémoire est liée à ce moment particulier de notre histoire. Moment charnière, où la conscience de la rupture avec le passé se confond avec le sentiment d’une mémoire déchirée ; mais où le déchirement réveille encore assez de mémoire pour que puisse se poser le problème de son incarnation. Le sentiment de la continuité devient résiduel à des lieux. Il y a des lieux de mémoire parce qu’il n’y a plus de milieux de mémoire. […] Cet effondrement central de notre mémoire n’est pourtant qu’un exemple. C’est le monde entier qui est entré dans la danse, par le phénomène bien connu de la mondialisation, de la démocratisation, de la massification, de la médiatisation. […] Fin des sociétés-mémoires, comme toutes celles qui assuraient la conservation et la transmission des valeurs, église ou école, famille ou État[3]. »

    Ainsi, Pierre Nora place la volonté de créer des lieux de mémoire dans le cadre d’un besoin et pourrait-on même dire d’une forme de survie pour la mémoire. Les acteurs qui multiplient les actions en faveur de la création de ces lieux cherchent donc à créer ou « recréer » un espace (pas nécessairement physique) qui permet à des membres d’une même société, d’une communauté plus ou moins large, de s’identifier, d’établir des liens. Mais, que se passe-t-il dans un contexte où il y a « trop de mémoire » ?

    Comme le précise Henry Rousso dans son dernier ouvrage, Face au passé. Essais sur la mémoire contemporaine : « Le terme de « mémoire » n’est plus seulement un mot galvaudé, c’est un mot usé. Il a fini par signifier sans distinction tout type de rapport entre passé et présent »[4]. Ce constat laisse entendre que la « mémoire » ne laisse plus de place à d’autres interprétations ou outils. Cependant, dans le cadre de sa réflexion, Henry Rousso fait une autre proposition :

    « La mémoire se comprend […] comme un ensemble de discours, d’attentes, de revendications, de pratiques, de politiques, de réalisations ayant pour objectif de représenter le passé en général, et certains épisodes historiques en particulier. On parlera à ce sujet de « mémorialisation », un anglicisme qui signifie une « mise en mémoire » comme on dit une « mise en récit ». La mémoire contemporaine relève plus précisément d’un « régime mémoriel » situé et daté qui possède quelques grandes caractéristiques générales qui servent ici de fil conducteur. Cette dernière expression, d’un usage récent, permet précisément de souligner l’existence de modalités et de dispositifs qui varient dans le temps et l’espace. Elle entérine ainsi l’idée que la mémoire relève d’une histoire et d’une géographie »[5].

    ____________

    Cette journée d’études a pour objectif de s’intéresser à des formes singulières de cette « géographie de la mémoire ». Il s’agira tout d’abord de s’intéresser aux « lieux » au sens propre du terme en revenant sur deux cas. D’une part, avec l’intervention d’Isabelle Bournier, directrice culturelle et pédagogique du Mémorial de Caen, nous reviendrons sur l’évolution de ce lieu emblématique en Normandie et en France. Alors qu’il s’agit d’une association, la structure ressemble de plus en plus à un « musée », nous amenant à nous interroger sur l’importance des dénominations et des définitions dans le contexte décrit par Henry Rousso. Dans le cadre de cette réflexion sur les lieux, l’intervention de Marie-Thérèse Têtu, sociologue du Centre Max Weber à Lyon, sur son travail à propos de la prison de Montluc à Lyon nous permettra de nous intéresser aux enjeux liés au travail dans un lieu de « mémoires multiples » où la Seconde guerre mondiale croise la Guerre d’Algérie et sur la création d’outils numériques autour de ce(s) lieu(x) de mémoire(s).

    Ce dernier projet, nous laisse entendre que même lorsqu’on parle de « lieux de mémoire » au sens propre et matériel du terme, ses frontières ne se limitent pas à leur enceinte.

    Cette porosité[6] des frontières sera au cœur du travail présenté par Enrique Fernández Domingo de l’Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis sur l’ancrage géographique du Musée de la Mémoire et des droits de l’homme à Santiago du Chili. En étudiant la superposition des temporalités, l’évolution des débats politiques et sociaux, et les disputes, nous serons plus à même de comprendre quels sont les enjeux liés à ces lieux en nous interrogeant sur les acteurs, les « entrepreneurs de mémoire »[7] impliqués dans les disputes qui accompagnent leur construction, création, récupération, etc. Cependant, grâce aux travaux de Sandra Assunçao de l’Université Paris Nanterre, sur la littérature brésilienne post-dictatoriale et ceux de Rosana Orihuela, doctorante à l’Université de Caen-Normandie, sur l’œuvre de l’auteur péruvien José María Arguedas, nous verrons que les espaces ne se limitent pas à des enceintes et s’expriment depuis longtemps dans la littérature. Grâce à un dialogue pluridisciplinaire, nous pourrons mieux comprendre les défis auxquels se confrontent ces « objets » dans une « géographie de la mémoire » de plus en plus complexe et aux enjeux politiques de plus en plus présents lorsqu’il s’agit de s’intéresser aux passés traumatiques du XXème et du XXIème siècles.


    [1] P. Nora, « Entre mémoire et Histoire », in P. Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, vol.1, La République, Paris, Gallimard, 1997, p. 29.

    [2] Pierre Nora ne faisait pas référence qu’à des espaces physiques plus ou moins délimités.

    [3] Ibid. p. 23.

    [4] H.Rousso, Face au passé. Essais sur la mémoire contemporaine, Paris, Belin,  2016, p.10.

    [5] Ibid, p.21.

    [6] Feld, Claudia, « Souvenirs de l’ESMA : L’exploration d’un espace complexe », in Béatrice FLEURY et Jacques Walter (dir.), Qualifier des lieux de détention et de massacre (2). Territorialisation, déterritorialisation, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 2009.

    [7] Jelin, Elizabeth, Los trabajos de la memoria, Buenos Aires, Siglo XXI Editores, 2002.

     

  • Lieu : MRSH
    Début : 05/12/2018 - 14:00
    Fin : 06/12/2018 - 13:00
    Responsable(s) scientifique(s) : D. Vasse - J. Wolkenstein

     

    Après Eric Rohmer (en 2014), François Truffaut (en 2016) et Jacques Rivette (2017), ce sera au tour de Claude Chabrol d’être à l’honneur des journées d’études que l’Université de Caen Normandie et le LASLAR consacrent au rapport des cinéastes de la Nouvelle Vague à la lettre. Figure critique certes moins éminente que ses camarades au milieu des années 50, Claude Chabrol a néanmoins, dans son œuvre prolifique, partagé avec eux le souci d’accorder à l’écrit une fonction souvent cruciale, fatidique même, propre à précipiter ceux qui en sont victimes dans les eaux troubles d’un sort irrémédiable. La lettre tue chez lui, elle est un poison qui tourmente ou terrasse. Parfois anonyme, souvent cachetée d’une mauvaise foi, elle circule d’experts (écrivains, journalistes, postiers, etc.) en pauvres destinataires funestement ciblés. Lecteur précoce, adorateur déclaré de Madame Bovary, admirateur de Georges Simenon, de Ruth Rendell, de la série noire, Claude Chabrol mérite à tous égards de compléter la liste des cinéastes de la Nouvelle Vague étudiés au Laslar depuis quatre ans.

    Ces journées seront au nombre de deux, prévues à l’automne 2018 : la première serait consacrée à l’usage critique (dans ses articles) et dramatique (dans ses films) de la lettre, à la manière dont celle-ci contribue à la fatalité des intrigues. La seconde porterait plus particulièrement aux adaptations de romans et de nouvelles, à l’influence des écrivains et de leur style sur la conception formelle et dramaturgique des films de Chabrol. 

  • Lieu : MRSH
    Début : 07/11/2018 - 14:00
    Fin : 08/11/2018 - 13:00
    Responsable(s) scientifique(s) : D. Vasse - J. Wolkenstein

     

    Après Eric Rohmer (en 2014), François Truffaut (en 2016) et Jacques Rivette (2017), ce sera au tour de Claude Chabrol d’être à l’honneur des journées d’études que l’Université de Caen Normandie et le LASLAR consacrent au rapport des cinéastes de la Nouvelle Vague à la lettre. Figure critique certes moins éminente que ses camarades au milieu des années 50, Claude Chabrol a néanmoins, dans son œuvre prolifique, partagé avec eux le souci d’accorder à l’écrit une fonction souvent cruciale, fatidique même, propre à précipiter ceux qui en sont victimes dans les eaux troubles d’un sort irrémédiable. La lettre tue chez lui, elle est un poison qui tourmente ou terrasse. Parfois anonyme, souvent cachetée d’une mauvaise foi, elle circule d’experts (écrivains, journalistes, postiers, etc.) en pauvres destinataires funestement ciblés. Lecteur précoce, adorateur déclaré de Madame Bovary, admirateur de Georges Simenon, de Ruth Rendell, de la série noire, Claude Chabrol mérite à tous égards de compléter la liste des cinéastes de la Nouvelle Vague étudiés au Laslar depuis quatre ans.

    Ces journées seront au nombre de deux, prévues à l’automne 2018 : la première serait consacrée à l’usage critique (dans ses articles) et dramatique (dans ses films) de la lettre, à la manière dont celle-ci contribue à la fatalité des intrigues. La seconde porterait plus particulièrement aux adaptations de romans et de nouvelles, à l’influence des écrivains et de leur style sur la conception formelle et dramaturgique des films de Chabrol. 

  • Lieu : MRSH
    Début : 05/10/2018 - 09:00
    Fin : 05/10/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : P. Ortoli / J.-B. Carobolante

     

    Avec Le projet Blair Witch, sorti en 1999 (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick), il semblerait  que les liens entretenus depuis longtemps entre le cinéma et le surnaturel aient franchi un nouveau cap. Le fantastique et l'horreur, alors ancrés dans un déroulement classique, se trouvent incorporés au médium cinématographique lui-même, troublant le spectateur jusque dans sa position contemplative. Quelque temps après,  Saw de James Wan (2004) inaugurait aussi à sa manière une nouvelle façon de concevoir l’horreur, fortement inspirée des tentatives jusqu’au-boutistes italiennes (Joe D’Amato ou Ruggero Deodato), qui allait inaugurer un nouveau sous-genre, le Torture Porn (auquel Eli Roth et ses Hostel (2005 et 2007) a donné ses lettres de noblesse) qui s'est donné pour motif de conter les longs sévices d'une victime (souvent américaine) au sein d'un territoire inconnu (y compris s’il se situe dans le même lieu que celui habité par les infortunés héros). Wan a vite quitté ce terreau pour s’aventurer dans celui du fantastique (là où le principe d’hésitation quant à la réalité du surnaturel dans la fiction est central), à travers, notamment, la série des Insidious (2010, 2013, 2015), sortie sous la houlette d’un producteur indépendant visiblement passionné par les questions de lien avec l’au-delà (Jason Blum), mais également à partir de sa saga des Dossiers Warren (entre autres les séries Conjuring, 2013 et 2016 ; et Annabelle, 2014 et 2017). Ce qui change, notamment sous l'héritage des Japonais Hideo Nakata (Ringû, 1998) et Takashi Shimizu (The Grudge, 2004), c'est que le fantastique n'est plus lié au gothique de la demeure anglaise, mais devient une véritable épouvante quotidienne pour l'Amérique. Après les tueurs et boogeymen de la fin du XXe siècle, la demeure de l'American Dream est sujette au doute de l'implosion sous l'effet des spectres. L'Autre invisible n'est alors plus seulement le souvenir d'un passé douloureux, mais la marque d'un présent dont le vernis semble se craqueler.

    Ces grandes lignes se doivent d’être complétées par un nombre impressionnant de films qui, issus du style Found Footage dévolu au Projet Blair Witch, ont donné naissance à une quantité prodigieuse de faux documentaires d’épouvante (pas nécessairement américains), d’autres productions renouant avec le fantastique originel, bâtis sur la distinction spectre-fantôme, et,  bien sûr, quantité d’œuvres axées sur la représentation de la souffrance du corps humain comme enjeu principal de leurs fictions. Ce panorama ne serait néanmoins pas complet,  si on n’y incluait pas les diverses séries que la télévision a produites, héritée de ces diverses sous-branches. Si la plus connue d’entre elles, American Horror Story (Ryan Murphy, Brad Falchuk, 2011) s’appuie effectivement sur un héritage référentiel cinématographiquement riche (depuis Freaks (Ted Browning, 1931)), d’autres développent des films emblématiques de ces sous-genres (Ash vs Evil Dead (Samuel Raimi, 2015), Une nuit en enfer (Roberto Rodriguez, 2014) ou The Walking Dead (Frank Darabont, Robert Kirkman, 2010)). La représentation de l'horreur au cinéma étant esthétiquement fondée sur une aporie diégétique, une répétition incessante de scènes de meurtre ou de hantise ainsi que la disparition progressive des personnages, l'avènement de séries télévisées horrifiques amène alors un changement dans notre manière d’envisager le genre à l’écran. Il semble donc que ce paysage soit véritablement foisonnant et que, dans cette décennie qui se clôture peu à peu, revenir sur ce début de XXIe siècle, siècle qui voit l'Amérique chahutée et en doute sur son avenir, afin d'analyser et de comprendre comment elle porte à l'écran ses peurs et ses terreurs, soit porteur d’interrogations.

      L’idée d’une journée d’étude sur ce nouveau paysage américain (incluant toutes les œuvres se réclamant du surnaturel) nous a semblé pertinente pour plusieurs raisons que nous pouvons subdiviser en trois grandes problématiques :

    - La première permet de mesurer le rapport qu’entretient la création contemporaine avec un certain nombre d’images issues de ce que l’on nomme, faute de mieux, les « images primordiales » (au sens de Durand)), et, en ce sens, questionner les archétypes fondamentaux du genre, leurs évolutions et leur métamorphose, en face  des certitudes, mais surtout des doutes et des démons qui sont ceux de l'Amérique actuelle, nous paraît riche de sens.

    - La seconde tend vers un questionnement sur le cinéma lui-même. Comment l'épouvante américaine contemporaine nous permet de penser notre rapport à l'image, et plus particulièrement notre rapport au cinéma ? Le rapprochement entre l'image et l'invisible est à l'origine de l'Occident ; pourtant il semblerait qu'une évolution soit advenue avec l'épouvante américaine actuelle dont les représentations semblent de plus en plus agressives, violentes et cruelles. Est-ce que cette terreur peut être déportée vers un questionnement général sur l'image, d'autant plus à une époque que certains qualifient d'ère de l'écran ? De plus, comment comprendre ces images de plus en plus tournées vers un envahissement par l'abject ?

    - Enfin, comment ce renouveau de l'épouvante américaine, conduite notamment par les pratiques inhabituelles du producteur Jason Blum et par l'avènement massif des séries, nous permet de repenser l'industrie cinématographique américaine de façon plus générale ?

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