l m m j v s d
 
 
1
 
2
 
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29
 
30
 
 
 
 
Rdv

Colloque

  • Lieu : MRSH
    Début : 29/11/2018 - 09:00
    Fin : 01/12/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : H. Marche, N. Proia, M. Couturier, J-M. Fournier, M-H. Boblet

     

    Le concept de vulnérabilité [vulnerability] émerge dans différents champs des sciences humaines et sociales dans les années 1990/2000, à mesure que s’accroît la société « du risque ». Il repose sur des fondements philosophiques comme l’éthique de la sollicitude (Ricœur, Levinas) et du care (Gilligan) et a suscité de nombreux travaux dans le domaine de la sociologie, de la psychologie, du droit, de la philosophie politique et morale.

    Méta-objet transdisciplinaire, il est l’indice d’une révolution anthropologique qui permet une nouvelle lecture des grilles interprétatives à partir desquelles se construit la représentation de l’humain (MARTUCCELLI 2014, GENARD, 2014). Ce concept permet en effet d’avoir une vision plus large des multiples sources de fragilité qui excèdent les privations matérielles de la précarité ou de l’exclusion. Il souligne un changement dans la façon d’appréhender leurs effets multiples - sanitaires, sociaux, économiques, environnementaux -, ainsi que les réponses individuelles, collectives, institutionnelles ou politiques proposées pour y remédier.

    Eprouvée dans des situations empiriques données, la vulnérabilité et les situations de vulnérabilité sont aussi des objets de re-présentation esthétique, et mobilisent l’expérience sensible du public, au-delà d’une nouvelle prise en charge sociale des personnes vulnérables.

    Le colloque « Penser et exposer la vulnérabilité » interpellera donc les différents champs des sciences humaines et sociales comme les lettres et les arts, ouvrant sur de multiples dialogues entre disciplines :

    ·       La psychologie, en partie à l’origine de ce concept, ne l’a pas conservé dans son corpus théorique. Reste qu’il est au cœur de l’évolution de la psychopathologie de la fin du XXe siècle, qui, passant de la maladie mentale à la santé mentale, fait implicitement appel au concept de vulnérabilité comme sources d’atteinte à la santé mentale. C’est aussi à partir de ce concept, que la psychologie peut interroger ses dispositifs de soins de la remédiation cognitive à la médiation psychique.

    ·       La sociologie appréhende la notion de vulnérabilité dans son articulation avec la question du lien social. La vulnérabilité sociale ou relationnelle a ainsi pu être considérée en tant que continuum entre l’intégration et la désaffiliation, en tant que la limitation des ressources (culturelles, matérielles, sociales) ou encore à travers l’analyse des échanges interindividuels. Au-delà du masque de la vulnérabilité sociale et des « manques » ou des « pertes » auxquelles elle est souvent associée, d’autres travaux sociologiques et anthropologiques choisissent plutôt de suivre les traces de l’affiliation qui perdurent et se recomposent, donnant lieu à des « formes d’innovation et de survie » capables de « redonner du sens à des quotidiennetés a priori amoindries » (Cohen, 1997, p.11).

    ·       La littérature et les arts qui, depuis la fin du XXe siècle, se ré-intéressent au réel, font de l’œuvre d’art « un laboratoire où l’artiste poursuit, sur le mode de la fiction, une expérimentation avec des valeurs » (Ricœur). Les arts mimétiques – roman, cinéma, théâtre – offrent ainsi des formes de figuration des vulnérabilités contemporaines nous invitent à questionner le pouvoir de la représentation, et aussi sa puissance transitionnelle de médiation. 

    Le colloque vise à interroger la notion de vulnérabilité dans ses origines mais aussi dans ses implications anthropologiques, sociologiques, politiques, symboliques et culturelles. Signe d’une mutation socio-anthropologique de la société occidentale, elle demande à être déconstruite afin que l’on puisse en saisir les enjeux pour les individus comme pour les institutions. Le dialogue épistémologique et conceptuel entre disciplines permettra de conjuguer et de questionner état des lieux, évaluations normatives et médiations cathartiques. Il s’organisera autour de conférences plénières, tables rondes interdisciplinaires et symposium.

  • Lieu : A déterminer
    Début : 21/11/2018 - 09:00
    Fin : 22/11/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : B. Diaz

     

    En partenariat avec l'université de Salerne.

    Programme à venir.

  • Lieu : MRSH
    Début : 14/11/2018 - 09:00
    Fin : 16/11/2018 - 17:00
    Responsable(s) scientifique(s) : P. Coute / Ph. Ortoli / B. Villenave

     

    Dépasser, dans le cadre de l’étude des œuvres audiovisuelles, les notions d’« originaux » et de « reprises » pour leur substituer celles d’« échos », de « résurgences », de « survivances », de « persistances » et de « hantises » : tel est l’horizon que se fixe ce colloque. Il s’agira de mettre en lumière différentes modalités d’interaction entre des images contemporaines – qu’elles proviennent de films, de séries, de jeux vidéo, de clips, de web-séries, de mashups vidéo, d’œuvres expérimentales… – et des formes cinématographiques antérieures qui les hantent et qu’elles s’emploient à retravailler, voire à recréer. Nous considérerons comme « contemporaine » toute image postérieure au début des années 1980.

    Nous vivons une période de mutation, qui se caractérise par une multiplication des écrans, grands et petits, davantage privés que publics (donc davantage édisoniens que lumiériens). Dans ce contexte, le cinéma semble distancé, voire moribond – d’où le thème récurrent de sa mort –, du moins si l’on s’en tient aux propos de ceux pour qui sa mutation de l’argentique au numérique consigne son agonie. Pourtant, il nous semble que jamais le cinéma n’a été autant lui-même que dans cette extension de ses pouvoirs, depuis que ses formes se sont installées au cœur même d’autres productions courtes et longues qui s’approprient les lieux où l’on diffuse des images animées et sonores.

    Il s’agira donc de voir comment le cinéma et ses formes – visuelles, sonores, narratives… – survivent dans les images contemporaines, tant dans des films – le cinéma persistant alors dans son être – que dans d’autres types de productions audiovisuelles qui s’emparent d’elles et les transforment. Notre démarche ne consiste pas à bâtir une archéologie du souvenir à destination des nostalgiques du temps de la pellicule et des salles obscures, mais bien à déceler ce qui persiste dans ce qui se modifie. Cette interrogation peut aider à mieux penser l’idée même de changement.

    Les propositions de communication devront s’atteler à interroger la nature de ces « survivances ». Comment les images contemporaines organisent-elles, par rapport à la mémoire qu’elles habitent, des résurgences fantomales (acteurs et actrices, figures, musiques) ? En quoi ces résurgences participent-elles d’une véritable mémoire du cinéma ? Comment le cinéma survit-il au sein de ce que l’on nomme parfois le « post-cinéma »[1] ou le « cinéma étendu »[2] ? Peut-on envisager que c’est en dépassant jusqu’à son nom que le cinéma demeure lui-même ?

    Les propositions de communication (titre, résumé et courte notice bio-bibliographique), d’1 page maximum, devront être adressées d’ici le 2 mai 2018 à baptiste.villenave@unicaen.fr et à Vincent.Amiel@univ-paris1.fr.  

     

    [1] Hagener Malte, The State of Post-Cinema : Tracing the Moving Image in the Age of Digital Dissemination, Londres, Palgrave Macmillan, 2015

    [2] Aumont Jacques, Que reste-t-il du cinéma ?, Paris, Vrin, 2012.

  • Lieu : Centre Culturel de Cerisy
    Début : 30/05/2018 - 09:00
    Fin : 03/06/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : F. Cavaillé

     

    En lien avec la commémoration des 500 ans de la Réforme, ce colloque étudiera les interactions entre débats religieux et rayonnement des arts de la scène au XVIe siècle, en partant de la Normandie, centre important du théâtre et des polémiques en France. La manifestation associe un colloque scientifique international et interdisciplinaire, une résidence-création sur le théâtre normand, une exposition en lien avec le collège de Cerisy et deux débats publics sur le rôle des arts et des médias face aux mutations religieuses de nos sociétés. 

  • Lieu : MRSH
    Début : 17/05/2018 - 09:00
    Fin : 18/05/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : H. Valmary

     

    Depuis quelques années, le récit sériel et les conséquences de ses formes sur la narration, notamment cinématographique et télévisuelle, interroge[1]. En parallèle à ces travaux et réflexions, ce colloque pluridisciplinaire veut aborder la sérialité sous l’angle particulier du personnage, qu’il soit télévisuel, cinématographique, littéraire, pictural ou dessiné. Il s’agira de s’intéresser à la sérialité de ces personnages inscrits dans une temporalité longue et fractionnée, et de s’interroger sur ce que cette forme d’existence produit, permet, contraint, ce qu’elle révèle peut-être aussi du statut de personnage, en général et dans chaque art en particulier.

    L’histoire de l’art est traversée, de manières extrêmement variées, de personnages récurrents. Un  même personnage ou un même type de personnages peut être représenté à plusieurs reprises (les dix portraits de son oncle Dominique Aubert par Paul Cézanne[2], la série des Monomanes de Théodore Géricault[3]) ou revenir de manière régulière sur des supports et sous des traits différents (Superman[4], Fantomas[5], James Bond[6]). Un même acteur peut incarner le même personnage dans une série de films mais aussi jouer plusieurs personnages dans une même œuvre, que ce postulat soit inscrit dès le départ[7] ou fruit d’un travail d’adaptation[8]. La sérialité peut aussi constituer un regard critique et analytique sur un personnage d’origine, le modèle réel ou déjà sa représentation (les variations de Francis Bacon à partir du portrait par Velazquez du Pape Innoncent X). Autant de cas de figures, non exhaustifs, dans lesquels des auteurs travaillent sur la récurrence et, d’un art à l’autre, offrent le personnage sériel comme objet d’étude.



    [1] Colloque « Imaginaire sériel », Université Stendhal, Grenoble 3, mai 2015 ; Colloque « Cinéma et sérialité » organisé par la Sercia en septembre 2016 ; Colloque international « Feuilletons et séries diffusés sur les écrans de la RTF et de l’ORTF (1949-1974) », Paris 1, juin 2017 ; n°TV/Series « La sérialité en question(s) » à paraître en 2018.

    [2] Durant la même période de 1866, Cézanne peint une dizaine de portraits de cet oncle, sous des angles différents, avec des déguisements variés (en moine, coiffé d’un turban ou d’un bonnet de coton).

    [3] Il est question de dix toiles dont cinq seulement auraient survécu, peintes aux alentours de 1820 : Le Monomane du commandement militaire, Le Monomane du vol, Le Monomane du vol d’enfants, La Monomane de l’envie, La Monomane du jeu.

    [4] Créé par Joe Shuster et Jerry Siegel en 1938, le personnage de Superman a vu ses aventures déclinées dans plus d’une dizaine de comics écrits par différents scénaristes et dessinateurs. Il a été également adapté en feuilleton radiophonique et au cinéma sous les traits de Christopher Reeve (la tétralogie Superman de 1978, 1980, 1983, 1987), Brandon Routh (Superman Returns, Bryan Singer, 2006), Henry Cavill (Man of Steel, Zack Snyder, 2013).

    [5] Créé par Pierre Souvestre et Marcel Allain et développé entre 1911 et 1913 dans une trentaine de romans, Fantômas a connu au cinéma les traits de différents acteurs (René Navarre chez Louis Feuillade en 1913-1914 ou encore Jean Marais dans les adaptations de André Hunebelle [Fantômas, 1964 ; Fantômas se déchaîne, 1965 ; Fantômas contre Scotland Yard, 1967])

    [6] Le personnage de James Bond a été créé par Ian Fleming dans le roman Casino Royale en 1953 et a vu ses aventures déclinées dans 12 romans et 9 nouvelles par cet auteur. Après sa mort en 1964, plus de 8 auteurs se sont succédés pour raconter de nouvelles aventures du personnage. Dans le même temps, James Bond a été adapté au cinéma sous les traits de différents acteurs : entre autres, Sean Connery entre 1962 et 1967 ; Roger Moore entre 1973 et 1985 ; Pierce Brosnan entre 1995 et 2002 ; Daniel Craig depuis 2006.

    [7] On peut penser par exemple au cinéma à Sabine Azéma et Pierre Arditi dans Smoking/No Smoking (Alain Resnais, 1993) ; Denis Lavant dans Holy Motors (Leos Carax, 2012) aux acteurs de Cloud Atlas (sœurs Wachowski, 2012). Dans la série télévisée, évoquons American Horror Story (Brad Falchuk, Ryan Murphy, FX, 2011-) et son principe de faire revenir à chaque saison les mêmes acteurs dans de nouveaux rôles.

    [8] Ainsi Gwénaël Morin évoque-t-il une adaptation de l’Antigone de Sophocle : « Nous avons décidé au regard de la construction de la pièce de Sophocle qui ne fait jamais apparaître plus de trois personnages en même temps, (…) que les personnages (…) puissent être interprétés par un même acteur ; (…)Si nous faisons jouer Antigone et Hémon par le même acteur par exemple, cela permet au moment où Créon porte le corps d’Hémon, son fils, mort, de porter aussi le corps de l’acteur qui joue Antigone. Il porte les deux morts en même temps. Il y a ainsi une sorte d’évidence de la dramaturgie.», http://www.leslaboratoires.org/article/antigone-discussion-collective, page consultée le 14 août 2017. 

     

  • Lieu : Université de Caen / Amphithéâtre de la MRSH
    Début : 17/05/2018 - 09:00
    Fin : 18/05/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Gilles Couderc et Marcin Stawiarski

    ____________________

    VOIR L'APPEL A COMMUNICATION

  • Lieu : MRSH / IMEC
    Début : 26/04/2018 - 09:00
    Fin : 28/04/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : J. Anselmini/M.H. Boblet/B. Diaz/M. Hartmann

     

    ANR LITTéPUB. Littérature publicitaire et publicité littéraire de 1830 à nos jours.

     

    Ce colloque se propose de mettre en lumière l’influence des techniques de plus en plus offensives du marketing sur le monde des lettres au XXe siècle. Si Sainte-Beuve déplorait déjà en 1839 l’entrée dans l’ère de « la littérature industrielle », et si la publicité éditoriale — à travers l’annonce et la réclame — était déjà devenue pratique courante au XIXe siècle, comment les stratégies publicitaires mises au service de la promotion, de la médiatisation et de la diffusion de la littérature se sont-elles diversifiées et généralisées au cours du siècle suivant, caractérisé par le règne de la publicité et la société du spectacle ?

    On se demandera si, dans ces nouvelles conditions économiques qui font de la littérature une marchandise culturelle comme une autre, celle-ci peut encore, et à quel prix, se présenter comme un objet culturel d’exception.

    Pour ce faire il s’agira tout d’abord d’exploiter le matériel promotionnel constitué par les affiches et affichettes publicitaires, les bulletins d’informations et de liaison à destination des lecteurs, les brochures et dépliants déposés sur les lieux de vente, les catalogues pour libraires, mais aussi les argumentaires commerciaux rédigés par les éditeurs à destination des commerciaux, et  de façon générale tous les éléments de campagnes publicitaires propres à un auteur, à une collection ou à une maison d’édition.

    On pourra distinguer les espaces et les rôles respectifs des éditeurs, des auteurs, des critiques et des agences de publicité dans la promotion de la littérature. Plusieurs champs de recherche pourront ainsi être explorés :

     

    §       L’éditeur et ses stratégies publicitaires

    Quelle est la marge de manœuvre des éditeurs ? Comment les éditeurs adaptent-ils à leurs matières et à leurs manières spécifiques les techniques de commercialisation et de communication disponibles ? En inventent-ils d’inédites ? La sphère de la littérature jeunesse, au développement exponentiel, requiert-elle une démarche particulière ? Quand et comment divers dispositifs d’interactivité qui entraînent le lecteur comme partenaire actif de la promotion commerciale se mettent-ils en place? Quel rôle et quelle place les agences de publicité tiennent-elles par rapport à l’objet littéraire et comment agissent-elles sur lui ?

     

    §       L’auteur en vitrine

    On s’interrogera parallèlement sur l’exploitation commerciale de l’image auctoriale par l’éditeur mais aussi par l’auteur lui-même. Quel rôle joue la parole des auteurs ? Quelle fonction occupent-ils dans la conception et la mise en place des campagnes de publicité ? Comment et à quel prix se constituent-ils comme « marques » ? Et que peut-on savoir de leurs rapports à la publicité de leurs œuvres à travers leurs correspondances, journaux personnels et autres carnets de travail ? Enfin quelles images et quels usages de la publicité proposent-ils  dans leurs propres fictions?

     

    §       Médiatisation et événementiel littéraires

    Il s’agira d’interroger également les liens sous-jacents qui s’établissent le plus souvent de façon occulte entre le reportage, l’interview ; le discours/débat critique et le discours de promotion. En quoi les émissions littéraires peuvent-elles jouer un rôle prescripteur ? Comment l’événementiel littéraire, par exemple les salons du livre ou les festivals de littérature contemporaine s’impose-t-il comme un dispositif de reconnaissance, de médiatisation et de commercialisation ?

    On privilégiera les communications portant sur des corpus relevant des fonds de l’IMEC. Les propositions, d’une vingtaine de lignes, devront être envoyées d’ici la fin du mois de juin aux responsables du colloque, Marie-Hélène Boblet, Brigitte Diaz, Marie Hartmann et Julie Anselmini :

     

     

     

  • Lieu : MRSH
    Début : 11/04/2018 - 09:00
    Fin : 13/04/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : I. Salazar

     

    Il y a des poètes qui marquent, ou même déterminent, le cours de la tradition poétique par la profondeur et la radicalité avec laquelle ils travaillent la langue, des poètes qui écrivent précisément depuis la conviction que la parole, la parole véritable, pleine, est impossible. « Ma difficulté, dit Marina Tsvétaïeva, (pour l'écriture des vers et peut-être pour les autres la compréhension) est dans l'impossibilité de mon problème, par exemple avec des mots (c'est-à-dire des pensées) dire un gémissement: a-a-a / Avec des mots, des pensées, dire un son. Pour que dans les oreilles reste seulement a-a-a. »

    Ce qui anime cette parole impossible n'est pas un idéal, voire un absolu littéraire, mais bien l'ardent désir de trouver les mots de l'humain : « Derrière la parole simulée de tant d’êtres, ou la parole illusoirement sincère des quelques autres – dit Yves Bonnefoy à propos de Beckett et de Celan –, ils ont vu les mots, autrement dit, les mots qui ne disent dans ce silence que les besoins demeurés obscurs, les rêves inachevables, les pulsions en définitive brutales, les mots qui avoisinent ainsi, terriblement près, la matière, qui comme celle-ci foisonnent pour rien, dans une autonomie qui semble fatale, une intrication sans espoir : et fascinés, effrayés, ils ont décidé de les laisser faire, dans l’écrit même où jadis on croyait qu’on les dirigeait, pour donner idée de la catastrophe ».

    Cette poésie-là, qui est celle de César Vallejo, de Marina Tsvétaïeva ou de Paul Celan,  chacun depuis leurs lieux de vie et leurs exils dans des villes qui ne sont plus, qui ne peuvent plus être, les villes de l’origine, a lieu comme captation et expérience vitale des plus grandes convulsions du XXème siècle. C’est à chaque fois non seulement une profonde mise en question de l'art et de la poésie, mais aussi une mise en péril de notre humanité au sein du langage,  un langage poussé vers ses limites, dans l’occupation inouïe de  toutes ses strates, comme s’il n’avait plus de place, ou devait en changer profondément.

    Comment traduire cette poésie ? Cette poésie, qui nécessairement met à l'épreuve la traduction, est-elle une parole qui fait apparaître, plus qu'une autre, la traduction comme expérience ? Plus que toute autre, cette poésie contraint les traducteurs à aller chercher le « cœur maternel de la langue maternelle » et ce faisant, à montrer la nécessité de trouver  « la parenté non philologique, non linguistique des langues », pour reprendre Antoine Berman. Tel est le défi, radical, absolu, que nous devons interroger. Mais la traduction signifie aussi autre chose. « On ne fait pas seulement passer une langue dans une autre langue (le russe par exemple), on passe aussi la rivière. Je fais passer Rilke en langue russe, tout comme il me fera un jour passer dans l'autre monde », écrit définitivement Marina Tsvétaïeva.

    Dans la conscience que derrière les langues il y a aussi, surtout des mondes, le projet s'articule autour d'un dialogue interculturel à plusieurs langues. Avec un premier point d'ancrage autour des traductions de Vallejo, Tsvetaïeva et Celan  en français,  le dessein est de faire dialoguer traducteurs et chercheurs non seulement autour des pratiques linguistico-poétiques mais aussi d'effectuer une exploration des imaginaires culturels, des échanges entre langue et langage poétique, entre poétiques et traditions.

    Parmi les trois poètes choisis, une attention particulière est accordée à César Vallejo, poète péruvien dont l'œuvre  marque la poésie non seulement hispano-américaine mais en langue espagnole du XXème siècle. C'est le deuxième moment clé – le premier étant Rubén Darío et le modernisme– de la puissante force rénovatrice qu'apporte le continent américain à la tradition poétique non seulement hispanique mais aussi occidentale, si l'on pense à la féconde période des avant-gardes (à l'intérieur de laquelle se situe l'œuvre  de Vallejo) et à l'internationalisme dont elles sont porteuses. Le projet s'attache à produire une réflexion autour de la traduction de son œuvre  en plusieurs langues, outre le français, en allemand et en anglais et sa réception dans différents pays, en Europe et en Amérique, ainsi qu’en Russie où sa poésie complète vient d’être publiée en 2016. En ce sens, il nous a semblé nécessaire de consacrer un espace spécifique à la traduction et la question de la réception/diffusion du Péruvien aux Etats Unis, en invitant le poète Clayton Eshelman, qui a consacré une grande partie de sa vie à traduire l'œuvre  poétique de César Vallejo et Efraín Kristal, Professeur en littérature comparée à l'UCLA, qui a suivi de près ce long et fructueux travail et a été à l'origine de diverses éditions de l'œuvre  de Vallejo.

    De manière plus large, ce colloque épouse le dessein de collaboration de plusieurs universités et de plusieurs équipes de recherche dans une vision élargie des dynamiques de la création et du champ littéraire, en proposant une recherche sur la traduction qui croise et met en rapport les pratiques  de différentes aires linguistiques et culturelles. Cette perspective permet d'enrichir la perception et la connaissance du traducteur comme passeur interculturel et d'interroger son rôle dans la circulation et diffusion des œuvres comme un processus où intervient aussi l'édition « qui conditionne le sens et l’interprétation de l’écrit » (Ouvry-Vial).

    Ce colloque s'adresse aux chercheurs, doctorants, étudiants en littérature et traduction notamment en langues européennes mais aussi de lettres modernes, d’histoire culturelle et de linguistique. Il a pour but d’établir, au niveau national et international, une recherche croisée entre différentes aires linguistiques et culturelles, mettant en relation le travail encore trop souvent cloisonné des spécialistes. Finalement, dans la mesure où l'étude de l'œuvre  poétique de César Vallejo est au programme de l'agrégation externe et interne d'espagnol de cette année et de l'année 2017-2018, ainsi que de celui du CAPES pour les deux années à venir,  ce colloque est aussi l'occasion d'affirmer les liens et les échanges entre la recherche et l'enseignement.

     

     

    • AXES ENVISAGÉS

     

    I  TRADUIRE  César Vallejo / Marina Tsvétaïeva / Paul Celan

    César Vallejo:

    Clayton Eshleman (EEUU), Valentino Gianuzzi (anglais)

    Nicole Réda Euvremer / Laurence Breysse-Chanet (français)

    Paul Celan:

    Jean-Pierre Lefebvre  (français)

    Marina Tsvétaïeva :

    Véronique Lossky  (français)

    Selma Ancira (espagnol)

     

    II AUTOUR DES TRADUCTIONS

     

    -Jordi Doce, sur les traductions de Trilce réalisées par Ch. Tomlinson en 1970

    -Efrain Kristal, (Vallejo)

    -Caroline Bérenger  (Marina Tsvetaïeva)

    -Tatiana Victoroff (Marina Tsvetaïeva)

    -Michèle Finck  (Celan)

     

    III HERMENEUTIQUE ET TRADUCTION

    Jean-Yves Masson Tsvetaieva dans la parole de Celan

    Marie-Claire Zimmermann (Vallejo)

    Laurence Breysse -Chanet et I Salazar (Vallejo)

    Bernard Banoun (Celan)

    Bertrand Badiou (Celan)

    Hélène Henri  (Marina Tsvetaïeva)

     

    IV TRADUCTION, RECEPTION ET EDITION

    Roland Béhar : Vallejo en Allemagne

    Jean-Baptiste Para : Vallejo en Russie

    Esther Ramón : La réception de Paul Celan en Espagne, par la médiation de José Ángel Valente.

  • Lieu : Université de Caen / MRSH, salle sh 027
    Début : 16/03/2018 - 09:00
    Fin : 17/03/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Mme Armelle PAREY

    ____________________

    Ian McEwan est un auteur britannique contemporain majeur et prolifique. Enfant terrible à qui ses premières œuvres ont valu le surnom de “Ian Macabre”, lauréat du prestigieux Booker Prize en 1998 pour son roman Amsterdam et de nombre d’autres prix littéraires pour Atonement (2001) – au programme de l’agrégation 2018--il n’a cessé d’évoluer, de se réinventer et d’expérimenter avec les codes narratifs, avec par exemple Sweet Tooth (2012, un genre de roman d’espionnage) ou Nutshell, son dernier roman paru (2016), une réécriture originale et pleine d’esprit de Hamlet. Une rétrospective critique de l’ensemble de son œuvre par des intervenants internationaux et en présence de l’auteur lui-même mettra en avant l’intérêt et la diversité de sa production littéraire.

  • Lieu : Faculté de droit - campus 1 bâtiment D
    Début : 06/04/2018
    Responsable(s) scientifique(s) : Thibault Douville

    DATE ENCORE A CONFIRMER

     

    Ce colloque se tiendra à l'occasion de la récente ouverture du master droit du numérique, qui a ouvert en septembre 2017, avec le concours de la Fondation pour le droit continental, qui oeuvre pour la défense du droit de tradition civiliste en Europe, et avec le soutien du pôle de compétitivité Transactions électroniques

    En mars 2010, la Commission européenne a lancé son projet « Europe 2020 » dans lequel s’inscrit sa stratégie numérique pour l’Europe (Communication, Commission européenne, COM(2010)245 final). L’objectif poursuivi est d’exploiter « le potentiel social et économique » des technologies numériques en construisant un marché unique numérique.
    Différents obstacles avaient alors étaient identifiés au développement du numérique en Europe qu’il convenait de lever : cloisonnement des marchés numériques, manque d’interopérabilité, augmentation de la cybercriminalité, manque de confiance vis-à-vis des réseaux, manque d’investissements … Pour cela différents leviers ont été identifiés. Ils visent notamment à écarter les freins géographiques au développement du commerce électronique et à la circulation des données, à améliorer la protection des personnes en général et des consommateurs en particulier et à susciter leur confiance, à favoriser la mise en place d’infrastructures et de réseaux de communication. Dans ce but, différentes directives et réglements européens ont été adoptés ainsi que des résolutions proposant la mise en place de réglementations européennes nouvelles. Jusqu’à présent, ces instruments n’ont pas fait l’objet d’une étude d’ensemble. Est venu le temps d’en dégager les lignes de force, les apports mais aussi les insuffisances.

    COLLOQUE OUVERT A LA FORMATION CONTINUE DES PROFESSIONNELS

     

Facebook icon