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Colloque

  • Lieu : Mémorial de Caen
    Début : 22/11/2017 - 14:00
    Fin : 24/11/2017 - 17:30
    Responsable(s) scientifique(s) : François Rouquet
    Le Centre de recherche en histoire quantitative (CRHQ) de l'Université de Caen et le Mémorial de Caen, organisent un colloque international consacré aux mémoires des massacres au XXe siècle.

    Il abordera les différentes postures/situations mémorielles et de leurs enjeux et usages sociaux et politiques dans les sociétés concernées, notamment chez les anciens belligérants – déni, négation, oubli, aveu, pardon, concurrence mémorielle… -, en prenant en compte l’ensemble des protagonistes (bourreaux, victimes, témoins).

    Il s’agit ici de s’attacher aux seules mémoires des massacres et non aux massacres eux-mêmes, en privilégiant la perception qu’en ont eu et/ou qu’en ont encore les sociétés, à travers leurs instances officielles mais sans négliger le point de vue “d’en bas” et les manifestations populaires qui y sont liées.

    Ce colloque a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
     
    Mémorial de Caen
    Esplanade Général Eisenhower
    14000 Caen
     
    Entrée libre et gratuite

    Fichier(s) à téléchargerTélécharger le programme

  • Lieu : Auditorium del Collegio d’Aragona – CATANIA (Sicile)
    Début : 23/10/2017 - 17:00
    Fin : 27/10/2017 - 13:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Rosario Castelli

    Fichier(s) à téléchargerProgramme Latitudini

  • Lieu : ENS - Paris - Salle des Actes
    Début : 16/11/2017 - 09:00
    Fin : 18/11/2017 - 12:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Hovasse - Pierre-Jean Dufief

    Fichier(s) à téléchargerProgramme colloque Correspondance

  • Lieu : MRSH
    Début : 17/05/2018 - 09:00
    Fin : 18/05/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : H. Valmary

     

    Depuis quelques années, le récit sériel et les conséquences de ses formes sur la narration, notamment cinématographique et télévisuelle, interroge[1]. En parallèle à ces travaux et réflexions, ce colloque pluridisciplinaire veut aborder la sérialité sous l’angle particulier du personnage, qu’il soit télévisuel, cinématographique, littéraire, pictural ou dessiné. Il s’agira de s’intéresser à la sérialité de ces personnages inscrits dans une temporalité longue et fractionnée, et de s’interroger sur ce que cette forme d’existence produit, permet, contraint, ce qu’elle révèle peut-être aussi du statut de personnage, en général et dans chaque art en particulier.

    L’histoire de l’art est traversée, de manières extrêmement variées, de personnages récurrents. Un  même personnage ou un même type de personnages peut être représenté à plusieurs reprises (les dix portraits de son oncle Dominique Aubert par Paul Cézanne[2], la série des Monomanes de Théodore Géricault[3]) ou revenir de manière régulière sur des supports et sous des traits différents (Superman[4], Fantomas[5], James Bond[6]). Un même acteur peut incarner le même personnage dans une série de films mais aussi jouer plusieurs personnages dans une même œuvre, que ce postulat soit inscrit dès le départ[7] ou fruit d’un travail d’adaptation[8]. La sérialité peut aussi constituer un regard critique et analytique sur un personnage d’origine, le modèle réel ou déjà sa représentation (les variations de Francis Bacon à partir du portrait par Velazquez du Pape Innoncent X). Autant de cas de figures, non exhaustifs, dans lesquels des auteurs travaillent sur la récurrence et, d’un art à l’autre, offrent le personnage sériel comme objet d’étude.



    [1] Colloque « Imaginaire sériel », Université Stendhal, Grenoble 3, mai 2015 ; Colloque « Cinéma et sérialité » organisé par la Sercia en septembre 2016 ; Colloque international « Feuilletons et séries diffusés sur les écrans de la RTF et de l’ORTF (1949-1974) », Paris 1, juin 2017 ; n°TV/Series « La sérialité en question(s) » à paraître en 2018.

    [2] Durant la même période de 1866, Cézanne peint une dizaine de portraits de cet oncle, sous des angles différents, avec des déguisements variés (en moine, coiffé d’un turban ou d’un bonnet de coton).

    [3] Il est question de dix toiles dont cinq seulement auraient survécu, peintes aux alentours de 1820 : Le Monomane du commandement militaire, Le Monomane du vol, Le Monomane du vol d’enfants, La Monomane de l’envie, La Monomane du jeu.

    [4] Créé par Joe Shuster et Jerry Siegel en 1938, le personnage de Superman a vu ses aventures déclinées dans plus d’une dizaine de comics écrits par différents scénaristes et dessinateurs. Il a été également adapté en feuilleton radiophonique et au cinéma sous les traits de Christopher Reeve (la tétralogie Superman de 1978, 1980, 1983, 1987), Brandon Routh (Superman Returns, Bryan Singer, 2006), Henry Cavill (Man of Steel, Zack Snyder, 2013).

    [5] Créé par Pierre Souvestre et Marcel Allain et développé entre 1911 et 1913 dans une trentaine de romans, Fantômas a connu au cinéma les traits de différents acteurs (René Navarre chez Louis Feuillade en 1913-1914 ou encore Jean Marais dans les adaptations de André Hunebelle [Fantômas, 1964 ; Fantômas se déchaîne, 1965 ; Fantômas contre Scotland Yard, 1967])

    [6] Le personnage de James Bond a été créé par Ian Fleming dans le roman Casino Royale en 1953 et a vu ses aventures déclinées dans 12 romans et 9 nouvelles par cet auteur. Après sa mort en 1964, plus de 8 auteurs se sont succédés pour raconter de nouvelles aventures du personnage. Dans le même temps, James Bond a été adapté au cinéma sous les traits de différents acteurs : entre autres, Sean Connery entre 1962 et 1967 ; Roger Moore entre 1973 et 1985 ; Pierce Brosnan entre 1995 et 2002 ; Daniel Craig depuis 2006.

    [7] On peut penser par exemple au cinéma à Sabine Azéma et Pierre Arditi dans Smoking/No Smoking (Alain Resnais, 1993) ; Denis Lavant dans Holy Motors (Leos Carax, 2012) aux acteurs de Cloud Atlas (sœurs Wachowski, 2012). Dans la série télévisée, évoquons American Horror Story (Brad Falchuk, Ryan Murphy, FX, 2011-) et son principe de faire revenir à chaque saison les mêmes acteurs dans de nouveaux rôles.

    [8] Ainsi Gwénaël Morin évoque-t-il une adaptation de l’Antigone de Sophocle : « Nous avons décidé au regard de la construction de la pièce de Sophocle qui ne fait jamais apparaître plus de trois personnages en même temps, (…) que les personnages (…) puissent être interprétés par un même acteur ; (…)Si nous faisons jouer Antigone et Hémon par le même acteur par exemple, cela permet au moment où Créon porte le corps d’Hémon, son fils, mort, de porter aussi le corps de l’acteur qui joue Antigone. Il porte les deux morts en même temps. Il y a ainsi une sorte d’évidence de la dramaturgie.», http://www.leslaboratoires.org/article/antigone-discussion-collective, page consultée le 14 août 2017. 

     

  • Lieu : Centre de Conférence Crédit Agricole 15 Esplanade Brillaud de Laujardière 14050 CAEN Cedex
    Début : 17/11/2017 - 08:30
    Fin : 18/11/2017 - 17:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Emilie Gaillard

    COLLOQUE INTERNATIONAL - NORMANDIE POUR LA PAIX

    Le concept même de Justice se comprend désormais et également en considération de la protection juridique des générations futures : justice environnementale, justice climatique (inscrite dans l’Accord de Paris), protections des biens communs sont autant de nouvelles facettes du concept de justice, spécifiques à notre temps. Nous vivons incontestablement une époque de métamorphoses du droit et des droits. C’est dans ce contexte que s’inscrit le colloque international « Agir en justice au nom des générations futures ».

    Est-il possible d’agir en justice au nom des générations futures, et si oui, sur quels fondements juridiques ? Quels domaines ont déjà donné lieu avec succès ou non, à la défense judiciaire des générations futures ? Existe-t-il des domaines où une telle action en justice pourrait advenir ? Incontestablement, le colloque international organisé les 17 et 18 novembre 2017 entend mettre à l’honneur des avocats, véritables pionniers du droit des générations futures.

    C’est en 1993, dans l’affaire désormais célèbre Oposa v. Factoran, qu’un avocat philippin a ouvert la voie en invoquant devant la Cour Suprême des Philippines l’arrêt de la surexploitation des forêts au nom des générations futures, créant ainsi un véritable précédent. Précédent en droit philippin puisque désormais, cette affaire permet de défendre, aujourd’hui encore, les droits des générations futures contre l’exploration d’hydrocarbures dans les océans. Précédent au niveau mondial, en ce que cette affaire préfigure l’entrée dans une nouvelle ère de l’action en justice. Contentieux de masse, contentieux de l’Humanité pour la défense de l’avenir, les affaires invoquant les droits des générations futures se multiplient à travers la planète. Ce sont des actions en justice métamorphosées précisément parce qu’elles sont intentées au nom et pour le compte des générations futures. Elles s’expriment devant les tribunaux nationaux mais aussi devant la Cour internationale de Justice. Si les actions en justice climatique sont particulièrement mises à l’honneur à l’heure actuelle, il faut bien comprendre qu’elles s’inscrivent dans un mouvement de transformations bien plus vaste de métamorphoses de l’univers juridique contemporain qui touche à cœur les champs légitimes du droit et partant, de l’action en justice.

    Ce colloque international sera ouvert par Mme le professeur Mireille Delmas Marty qui mettra en perspective les 5 panels du colloque international.

    Panel n°1 : Le temps des pionniers du droit des générations futures

    Panel n°2 : Le nucléaire et le droit des générations futures d’hier a aujourd’hui

    Panel n°3. Les actions en justice climatique au nom des générations futures

    Panel n°4. Les actions en justice de protection des communs

    Panel n°5 : Quelle protection durable pour l’intégrité de l’espèce humaine ?

     

    Programme et inscription : https://justicehumanite.sciencesconf.org/

  • Lieu : IMEC, abbaye d'Ardenne et MRSH Campus 1, Caen
    Début : 25/10/2017 - 09:15
    Fin : 26/10/2017 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Stéphane Corbin ; Pierre-Alexandre Delorme ; Clément Poutot

    À l’occasion des 40 ans de sa disparition, Anamnèse a décidé de rendre hommage à Pierre Clastres. Anthropologue spécialiste de l’Amérique du Sud (Paraguay, Brésil) formé dans la tradition structuraliste par Claude Lévi-Strauss lui-même, Pierre Clastres a pris ses distances avec cette tradition en proposant une épistémologie originale et complexe capable de renouveler la discipline.

    L’esprit libertaire qui alimente ses écrits, à l’instar de La Société contre l’État, a offert une contribution majeure à l’anthropologie politique. À la fois critique du structuralisme et de l’économisme qu’incarnent les analyses marxistes orthodoxes de l’époque, son travail continue d’alimenter les réflexions d’universitaires comme de personnes impliquées dans des mouvements politiques. Son approche particulière qui trouve des continuateurs dans le champ anthropologique français ou américain, se pose comme un détour incontournable pour qui prétend produire une pensée sur l’État, le pouvoir, ou encore la guerre.

    Ce colloque vise à réaffirmer l’importance des apports de Pierre Clastres, en présentant des travaux revisitant ses recherches ethnologiques, ses réflexions sur la chefferie et l’État, ou en interrogeant ses hypothèses sur la violence.

    Les archives de Pierre Clastres sont consultables à l’IMEC-Abbaye d’Ardenne où elles sont conservées depuis 2011.

    Pour en savoir davantageSite IMEC

    Fichier(s) à téléchargerProgramme

  • Lieu : Université de Caen / Amphithéâtre de la MRSH
    Début : 17/05/2018 - 09:00
    Fin : 18/05/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Gilles Couderc et Marcin Stawiarski

    ____________________

    VOIR L'APPEL A COMMUNICATION

  • Lieu : MRSH / IMEC
    Début : 26/04/2018 - 09:00
    Fin : 28/04/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : J. Anselmini/M.H. Boblet/B. Diaz/M. Hartmann

     

    ANR LITTéPUB. Littérature publicitaire et publicité littéraire de 1830 à nos jours.

     

    Ce colloque se propose de mettre en lumière l’influence des techniques de plus en plus offensives du marketing sur le monde des lettres au XXe siècle. Si Sainte-Beuve déplorait déjà en 1839 l’entrée dans l’ère de « la littérature industrielle », et si la publicité éditoriale — à travers l’annonce et la réclame — était déjà devenue pratique courante au XIXe siècle, comment les stratégies publicitaires mises au service de la promotion, de la médiatisation et de la diffusion de la littérature se sont-elles diversifiées et généralisées au cours du siècle suivant, caractérisé par le règne de la publicité et la société du spectacle ?

    On se demandera si, dans ces nouvelles conditions économiques qui font de la littérature une marchandise culturelle comme une autre, celle-ci peut encore, et à quel prix, se présenter comme un objet culturel d’exception.

    Pour ce faire il s’agira tout d’abord d’exploiter le matériel promotionnel constitué par les affiches et affichettes publicitaires, les bulletins d’informations et de liaison à destination des lecteurs, les brochures et dépliants déposés sur les lieux de vente, les catalogues pour libraires, mais aussi les argumentaires commerciaux rédigés par les éditeurs à destination des commerciaux, et  de façon générale tous les éléments de campagnes publicitaires propres à un auteur, à une collection ou à une maison d’édition.

    On pourra distinguer les espaces et les rôles respectifs des éditeurs, des auteurs, des critiques et des agences de publicité dans la promotion de la littérature. Plusieurs champs de recherche pourront ainsi être explorés :

     

    §       L’éditeur et ses stratégies publicitaires

    Quelle est la marge de manœuvre des éditeurs ? Comment les éditeurs adaptent-ils à leurs matières et à leurs manières spécifiques les techniques de commercialisation et de communication disponibles ? En inventent-ils d’inédites ? La sphère de la littérature jeunesse, au développement exponentiel, requiert-elle une démarche particulière ? Quand et comment divers dispositifs d’interactivité qui entraînent le lecteur comme partenaire actif de la promotion commerciale se mettent-ils en place? Quel rôle et quelle place les agences de publicité tiennent-elles par rapport à l’objet littéraire et comment agissent-elles sur lui ?

     

    §       L’auteur en vitrine

    On s’interrogera parallèlement sur l’exploitation commerciale de l’image auctoriale par l’éditeur mais aussi par l’auteur lui-même. Quel rôle joue la parole des auteurs ? Quelle fonction occupent-ils dans la conception et la mise en place des campagnes de publicité ? Comment et à quel prix se constituent-ils comme « marques » ? Et que peut-on savoir de leurs rapports à la publicité de leurs œuvres à travers leurs correspondances, journaux personnels et autres carnets de travail ? Enfin quelles images et quels usages de la publicité proposent-ils  dans leurs propres fictions?

     

    §       Médiatisation et événementiel littéraires

    Il s’agira d’interroger également les liens sous-jacents qui s’établissent le plus souvent de façon occulte entre le reportage, l’interview ; le discours/débat critique et le discours de promotion. En quoi les émissions littéraires peuvent-elles jouer un rôle prescripteur ? Comment l’événementiel littéraire, par exemple les salons du livre ou les festivals de littérature contemporaine s’impose-t-il comme un dispositif de reconnaissance, de médiatisation et de commercialisation ?

    On privilégiera les communications portant sur des corpus relevant des fonds de l’IMEC. Les propositions, d’une vingtaine de lignes, devront être envoyées d’ici la fin du mois de juin aux responsables du colloque, Marie-Hélène Boblet, Brigitte Diaz, Marie Hartmann et Julie Anselmini :

     

     

     

  • Lieu : MRSH
    Début : 11/04/2018 - 09:00
    Fin : 13/04/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : I. Salazar

     

    Il y a des poètes qui marquent, ou même déterminent, le cours de la tradition poétique par la profondeur et la radicalité avec laquelle ils travaillent la langue, des poètes qui écrivent précisément depuis la conviction que la parole, la parole véritable, pleine, est impossible. « Ma difficulté, dit Marina Tsvétaïeva, (pour l'écriture des vers et peut-être pour les autres la compréhension) est dans l'impossibilité de mon problème, par exemple avec des mots (c'est-à-dire des pensées) dire un gémissement: a-a-a / Avec des mots, des pensées, dire un son. Pour que dans les oreilles reste seulement a-a-a. »

    Ce qui anime cette parole impossible n'est pas un idéal, voire un absolu littéraire, mais bien l'ardent désir de trouver les mots de l'humain : « Derrière la parole simulée de tant d’êtres, ou la parole illusoirement sincère des quelques autres – dit Yves Bonnefoy à propos de Beckett et de Celan –, ils ont vu les mots, autrement dit, les mots qui ne disent dans ce silence que les besoins demeurés obscurs, les rêves inachevables, les pulsions en définitive brutales, les mots qui avoisinent ainsi, terriblement près, la matière, qui comme celle-ci foisonnent pour rien, dans une autonomie qui semble fatale, une intrication sans espoir : et fascinés, effrayés, ils ont décidé de les laisser faire, dans l’écrit même où jadis on croyait qu’on les dirigeait, pour donner idée de la catastrophe ».

    Cette poésie-là, qui est celle de César Vallejo, de Marina Tsvétaïeva ou de Paul Celan,  chacun depuis leurs lieux de vie et leurs exils dans des villes qui ne sont plus, qui ne peuvent plus être, les villes de l’origine, a lieu comme captation et expérience vitale des plus grandes convulsions du XXème siècle. C’est à chaque fois non seulement une profonde mise en question de l'art et de la poésie, mais aussi une mise en péril de notre humanité au sein du langage,  un langage poussé vers ses limites, dans l’occupation inouïe de  toutes ses strates, comme s’il n’avait plus de place, ou devait en changer profondément.

    Comment traduire cette poésie ? Cette poésie, qui nécessairement met à l'épreuve la traduction, est-elle une parole qui fait apparaître, plus qu'une autre, la traduction comme expérience ? Plus que toute autre, cette poésie contraint les traducteurs à aller chercher le « cœur maternel de la langue maternelle » et ce faisant, à montrer la nécessité de trouver  « la parenté non philologique, non linguistique des langues », pour reprendre Antoine Berman. Tel est le défi, radical, absolu, que nous devons interroger. Mais la traduction signifie aussi autre chose. « On ne fait pas seulement passer une langue dans une autre langue (le russe par exemple), on passe aussi la rivière. Je fais passer Rilke en langue russe, tout comme il me fera un jour passer dans l'autre monde », écrit définitivement Marina Tsvétaïeva.

    Dans la conscience que derrière les langues il y a aussi, surtout des mondes, le projet s'articule autour d'un dialogue interculturel à plusieurs langues. Avec un premier point d'ancrage autour des traductions de Vallejo, Tsvetaïeva et Celan  en français,  le dessein est de faire dialoguer traducteurs et chercheurs non seulement autour des pratiques linguistico-poétiques mais aussi d'effectuer une exploration des imaginaires culturels, des échanges entre langue et langage poétique, entre poétiques et traditions.

    Parmi les trois poètes choisis, une attention particulière est accordée à César Vallejo, poète péruvien dont l'œuvre  marque la poésie non seulement hispano-américaine mais en langue espagnole du XXème siècle. C'est le deuxième moment clé – le premier étant Rubén Darío et le modernisme– de la puissante force rénovatrice qu'apporte le continent américain à la tradition poétique non seulement hispanique mais aussi occidentale, si l'on pense à la féconde période des avant-gardes (à l'intérieur de laquelle se situe l'œuvre  de Vallejo) et à l'internationalisme dont elles sont porteuses. Le projet s'attache à produire une réflexion autour de la traduction de son œuvre  en plusieurs langues, outre le français, en allemand et en anglais et sa réception dans différents pays, en Europe et en Amérique, ainsi qu’en Russie où sa poésie complète vient d’être publiée en 2016. En ce sens, il nous a semblé nécessaire de consacrer un espace spécifique à la traduction et la question de la réception/diffusion du Péruvien aux Etats Unis, en invitant le poète Clayton Eshelman, qui a consacré une grande partie de sa vie à traduire l'œuvre  poétique de César Vallejo et Efraín Kristal, Professeur en littérature comparée à l'UCLA, qui a suivi de près ce long et fructueux travail et a été à l'origine de diverses éditions de l'œuvre  de Vallejo.

    De manière plus large, ce colloque épouse le dessein de collaboration de plusieurs universités et de plusieurs équipes de recherche dans une vision élargie des dynamiques de la création et du champ littéraire, en proposant une recherche sur la traduction qui croise et met en rapport les pratiques  de différentes aires linguistiques et culturelles. Cette perspective permet d'enrichir la perception et la connaissance du traducteur comme passeur interculturel et d'interroger son rôle dans la circulation et diffusion des œuvres comme un processus où intervient aussi l'édition « qui conditionne le sens et l’interprétation de l’écrit » (Ouvry-Vial).

    Ce colloque s'adresse aux chercheurs, doctorants, étudiants en littérature et traduction notamment en langues européennes mais aussi de lettres modernes, d’histoire culturelle et de linguistique. Il a pour but d’établir, au niveau national et international, une recherche croisée entre différentes aires linguistiques et culturelles, mettant en relation le travail encore trop souvent cloisonné des spécialistes. Finalement, dans la mesure où l'étude de l'œuvre  poétique de César Vallejo est au programme de l'agrégation externe et interne d'espagnol de cette année et de l'année 2017-2018, ainsi que de celui du CAPES pour les deux années à venir,  ce colloque est aussi l'occasion d'affirmer les liens et les échanges entre la recherche et l'enseignement.

     

     

    • AXES ENVISAGÉS

     

    I  TRADUIRE  César Vallejo / Marina Tsvétaïeva / Paul Celan

    César Vallejo:

    Clayton Eshleman (EEUU), Valentino Gianuzzi (anglais)

    Nicole Réda Euvremer / Laurence Breysse-Chanet (français)

    Paul Celan:

    Jean-Pierre Lefebvre  (français)

    Marina Tsvétaïeva :

    Véronique Lossky  (français)

    Selma Ancira (espagnol)

     

    II AUTOUR DES TRADUCTIONS

     

    -Jordi Doce, sur les traductions de Trilce réalisées par Ch. Tomlinson en 1970

    -Efrain Kristal, (Vallejo)

    -Caroline Bérenger  (Marina Tsvetaïeva)

    -Tatiana Victoroff (Marina Tsvetaïeva)

    -Michèle Finck  (Celan)

     

    III HERMENEUTIQUE ET TRADUCTION

    Jean-Yves Masson Tsvetaieva dans la parole de Celan

    Marie-Claire Zimmermann (Vallejo)

    Laurence Breysse -Chanet et I Salazar (Vallejo)

    Bernard Banoun (Celan)

    Bertrand Badiou (Celan)

    Hélène Henri  (Marina Tsvetaïeva)

     

    IV TRADUCTION, RECEPTION ET EDITION

    Roland Béhar : Vallejo en Allemagne

    Jean-Baptiste Para : Vallejo en Russie

    Esther Ramón : La réception de Paul Celan en Espagne, par la médiation de José Ángel Valente.

  • Lieu : Université de Caen / MRSH, salle sh 027
    Début : 16/03/2018 - 09:00
    Fin : 17/03/2018 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Mme Armelle PAREY

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