Stratégies locatives d’appropriation de l’espace : pour une liaison temporelle et géographique des luttes

Lieu : Amphi MRSH
Début : 22/03/2017 - 17:00
Fin : 22/03/2017 - 19:00
Responsable(s) scientifique(s) : mathieu.uhel@unicaen.fr
Intervenant∙e∙s :  Bernard Aspe - Philosophe
                         Membres de la Maison de la grève de Rennes
Discutant∙e∙s : Simon Le Roulley  - Sociologue
 
Depuis des années, le mouvement social réagit à des réformes et se fait de moins en moins force de proposition. Ces moments « négatifs » deviennent pourtant autant de prétextes à la contagion politique pour les mouvements d’émancipation. Les communautés de luttes dans ces situations se renouvellent, se séparent ou s’élargissent en fonction des traditions politiques qui les composent. Mais malgré les désirs d’élargissement des contours de la contestation (dépasser le catégoriel, dépasser la réaction, ouvrir sur une positivité, etc.), ces mouvements se retrouvent souvent pris dans le tourbillon du rappel de l’histoire, à péniblement tenter d’inscrire le mouvement dans le sillage d’une victoire précédente, dans un continuum historique, là où les organisations politiques ou partidaires tendent à le clore sur lui-même comme une expérience circonscrite singulière.  Le constat, quand sonne l’heure du bilan, insiste en général sur la difficulté à imposer un calendrier qui soit autre que le calendrier des gouvernants (le mouvement comme réaction) ou autre que le calendrier des organisations syndicales et le « bouton magique de la CGT » qui décrète le tempo de la contestation.
 
C’est notamment à partir de cette critique que les mouvements sociaux aux positions « autonomes », « interluttes » ou « basistes » cherchent à se doter d’espaces depuis lesquels se retrouver et partir, depuis lesquels organiser la contestation selon deux enjeux : se doter d’une base matérielle permettant l’auto-organisation et l’institution d’un calendrier propre, produire un quotidien de la lutte, une expérience d’un contre-monde ici et maintenant.  L’espace et le temps apparaissent alors dialectiquement liés. Ils deviennent à la fois un enjeu stratégique pour le mouvement social, mais également une expérimentation politique.
 
Alors que les revendications pour la réappropriation de l’espace public et la critique de la ville capitaliste ont longtemps été incarnées par le mouvement squat – et bien que celui-ci continue son activité comment il en a été question dans d’autres séance du séminaire PPE – d’autres orientations semblent être expérimentées aujourd’hui par les mouvements pour l’émancipation sociale, et installent l’appropriation de l’espace dans une relation étroite à l’institution de temps nouveaux. Lors de cette séance, nous nous intéresserons aux dimensions temporelles et spatiales des luttes sociales avec Bernard Aspe, philosophe, et nous recevrons le témoignage d’une expérience locative afin de discuter des avantages et inconvénients de la location d’espace d’autonomie dans son optique de lier les luttes sociales temporellement et géographiquement en accueillant la Maison de la Grève de Rennes.
 

 

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