Syndicats européens : une émancipation des travailleur·euse·s à l’échelle de l’UE ? L’exemple du secteur des transports

Lieu : Salle des Actes SH 027 de la MRSH
Début : 18/04/2017 - 17:00
Fin : 18/04/2017 - 19:00
Responsable(s) scientifique(s) : mathieu.uhel@unicaen.fr

Intervenants : 

Kevin Crochemore - Historien et sociologue

Joël Jouault - ancien syndicaliste FGTE-CFDT

L’Union européenne est devenue un échelon politique incontournable dont les orientations politiques ont des répercussions immédiates sur les travailleur·euse·s. Les nouvelles pratiques de gouvernance économiques adoptées par l’Union favorisent la précarisation du salariat (CDD, intérim, déqualification ou encore formation tout au long de la vie etc.). Par conséquent, penser l’émancipation des travailleur·euse·s ne peut se passer d’une intervention à l’échelle de l’Union.

Les syndicats européens, anciennement organisés, sont en mesure de jouer un rôle déterminant dans ce processus. Toutefois, alors que le mouvement syndical s’est longtemps montré comme un contre-pouvoir efficace, capable de porter les aspirations des travailleur·euse·s, il montre des signes d’essoufflement depuis le début des années 1970 un peu partout en Europe. A l’échelon national, il s’est largement bureaucratisé, intégrant une part de plus en plus importante au fonctionnement administratif. L’échelon transnational n’a pas échappé à cette dynamique ; elle s’est même doublée d’une technocratisation décuplée par la diffusion des idées ordolibérales censées dépasser voire « abattre » les idéologies politiques. Les syndicats européens offrent dès lors une alternative duale. D’une part, composés par les représentants syndicaux, ils agissent à travers un fonctionnement nécessairement bureaucratisé (secrétariat extrêmement important –service de traduction, formation éducation, gestion complexe etc.-, réunions multiples et croisées –thématiques, régionales, de fonctionnement etc.-) et de plus en plus technocratique (investissement dans des projets de recherche, recrutement de chercheurs, créations de centre de recherche, partenariats universitaires etc.), qui change la nature du pouvoir en interne. D’autre part, ces éléments apparaissent indispensables à un renouvellement des répertoires d’action capable de s’adapter aux transformations du monde du travail ainsi qu’à répondre au cadre social fixé par l’UE, offrant une opportunité d’agir à une échelle transnationale renouvelée.

À partir de l’exemple du secteur des transports, nous observerons comment le mouvement syndical répond à ces défis et permets d’ouvrir la contestation à l’échelle européenne mais questionne en même temps son identité en tant que syndicat ainsi que son fonctionnement démocratique.

 

 

 

 

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