L'intersectionnalité des dominations

Lieu : Salle des Actes, MRSH
Début : 12/01/2015 - 16:00
Fin : 12/01/2015 - 18:15
Responsable(s) scientifique(s) : Laure Bourdier

Cette séance sera l’occasion de réfléchir à l’utilisation du concept d’intersectionnalité, à sa pertinence en termes de luttes sociales et de recherche, et surtout de penser la nécessité d’articuler classe, « race » et genre, dans les luttes comme dans la recherche, avec l’aide de militant·e·s de la CREA, et d’Elise Palomares, sociologue.

La CREA, Campagne pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion, est un collectif toulousain qui s’organise depuis plusieurs années, autour de la réquisition de logements vides, de manière solidaire et autogestionnaire. La CREA rassemble des mal-logé.e.s, des familles laissées à la rue par l’Etat et le capitalisme, des gens qui ne peuvent plus payer leurs loyers, des gens qui en ont marre de ce système, des gens solidaires, des vieux, des enfants, des étudiantes, des chômeurs, des travailleuses pauvres, des galériennes…

Elise Palomares est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Rouen. Ses travaux portent sur les situations minoritaires dans la ville, en particulier celles des migrants et migrantes. Elle a coordonné avec Armelle Testenoire le numéro Prismes féministes. Qu’est-ce que l’intersectionnalité ? paru en 2010 de la revue L’Homme et la Société. Son intervention :

La fabrique ordinaire d’inégalités multidimensionnelles

 Au plan utopique, le pluralisme égalitaire – qu’il soit culturel, linguistique, alimentaire, religieux, d’orientation sexuelle…- se  déploierait sans inégalités ni hiérarchies ni oppressions. Il est difficile de disconvenir qu’il en va tout autrement dans les faits. En sociologie, la perspective intersectionnelle présente l’intérêt de  proposer des outils et des méthodes pour interroger la persistance du racisme, du sexisme et de la domination de classe dans les sociétés démocratiques contemporaines.

 Au cœur de cette énigme : la fabrique ordinaire, routinière même, d’inégalités et de différences radicales multidimensionnelles. Comment opèrent-t-elle ? Quelles mutations et quelles régularités se donnent à lire dans les enquêtes en sociologie et en anthropologie menées sur le sujet ?

L'intersectionnalité permet d’interroger  l’articulation entre le monde universitaire et les mouvements sociaux,  mais aussi d’aborder la question de la « hiérarchisation des luttes » au sein de ces mouvements sociaux.

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