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Dernière modification le 30/09/2018

Nadine PROIA-LELOUEY
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 nadine.proia-lelouey@unicaen.fr

Professeur des Universités

Membre de l'équipe LPCN

Responsable-adjoint du pôle Programme Vulnérabilités, Santé et Société

Laboratoire de Psychologie Caen Normandie

UFR de Psychologie

Université de Caen 

Psychologue, psychanalyste

Activités de recherche

Mes recherches portent sur les souffrances subjectales et les dispositifs thérapeutiques propres à y remédier. Il s’agit d’aborder le sujet en souffrance psychique tant dans la construction de son unité psycho-corporelle que dans ses liens avec autrui. Les troubles psychopathologiques ou subjectaux sont étudiés suivant une perspective psychodynamique comme résultants d’une vulnérabilité psychique liée à des conflits et/ou des traumatismes actuels ou passés.

Dans ce cadre, j’ai essentiellement travaillé sur les processus de transitionnalité à mettre en œuvre dans les dispositifs de soin afin de permettre aux sujets en souffrance de relancer leurs processus de subjectivité. L’analyse transitionnelle a été conceptualisée il y a plus de 20 ans maintenant par Kaès et Anzieu (1979), à la fois comme période de transition et comme aire transitionnelle (selon le concept de Winnicott).

Il s’agit de proposer une forme de pratique psycho-dynamique centrée sur l’expérience de crise, afin que soit rétablie une aire transitionnelle entre l’espace intra-psychique, l’espace inter- subjectif et l’espace de la culture. L’analyse transitionnelle est une méthode d’investigation, de traitement et d’élaboration des effets psychiques des expériences de rupture et de discontinuité dans l’appareil psychique individuel et groupal. Plus récemment, Roussillon (1997) évoque la nécessité de construire « un dispositif transformatif » qui permettra au sujet, grâce à une (nouvelle) expérience de « l’utilisation de l’objet », de voir sa destructivité et sa paradoxalité acceptées, diffractées, transformées. Le dispositif proposé au sujet doit donc être un moment de jeu intersubjectif qui lui permette de (re)mettre en œuvre un travail de symbolisation laissé en souffrance. Mais pour cela, le clinicien doit se présenter comme un objet « créatif et vivant » Roussillon (2002). Il s’agit donc de se pencher sur les dispositifs psychothérapeutiques inter- individuels à mettre en œuvre afin d’aider aux mieux les sujets à (re)mettre au travail leurs processus de subjectivation restés en souffrance.

3Dans la perspective que je développe, le sujet est également pensé dans ses liens familiaux et d'affiliation, voire institutionnels, ce qui permet d'avoir une vision élargie de ses difficultés et ouvre sur un abord socio-anthropologique des problématiques évoquées. En effet, les troubles de la subjectivité impliquent une réflexion trans-disciplinaire en ce sens qu’ils convoquent tout autant le sujet intra-psychique, la relation intersubjective que le champ institutionnel et social. Si de ma place de psychologue et psychothérapeute, je me sens surtout concernée par le sujet dans ses rapports à soi et à autrui, faire fi de l’institutionnel et du social reviendrait à empêcher une réelle élaboration de la problématique de ces sujets. Si l’inconscient ne connaît pas le temps (et donc l’histoire), il n’en demeure pas moins que l’homme est avant tout un être social et que c’est avec une société donnée qu’il compose son organisation psychique et ses symptômes. Si le « malaise dans la culture » est au fondement de notre humanité, ce malaise évolue avec les changements de notre culture. Ainsi, au cours de recherches je suis amenée à m’intéresser à la façon dont la souffrance psychique peut être déniée ou reconnue, prise en charge ou mise en scène voire produite par le champ social. Je m’intéresse également aux acteurs sociaux de cette souffrance psychique et, en particulier aux psychologues.

 


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