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Dernière modification le 09/07/2020

Julie COSTA

Doctorante en sociologie

Membre de l'équipe CERREV

Centre de Recherche Risques et Vulnérabilités (EA 3918)
Maison de la Recherche en Sciences Humaines, bureau 233
Université de Caen Normandie  
Esplanade de la Paix | CS 14032 | Caen Cedex 5
E-mail : julie.costa (at) unicaen.fr

 

Titre de la thèse (provisoire): Le crack à Paris : Pratiques de consommation, sociabilités et répertoires de l'action publique. Sous la direction de Philippe Chanial (Unicaen) et Taniele Rui (Unicamp, Brésil).

Résumé : D'après l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT, 2017), le crack serait désormais d’une «accessibilité sans faille et même croissante» à Paris. Si l’apparition de ce dérivé de la cocaïne dans la capitale remonte aux années1980, ce fut notamment la multiplication récente de scènes ouvertes, de dealers de rue et d’usagers précaires en errance qui a suscité son élaboration en tant que problème social et enjeu de l’action publique. Tâches indésirables dans la maille urbaine, symboles de rupture avec l’ordre souhaité par les riverains et les autorités publiques, ces espaces et ces acteurs déviants ont incité et justifié le déploiement progressif d’actions de contrôle diverses, tant à l’initiative de l’État que des habitants. Entre autres mobilisations, la Mairie, en partenariat avec la Préfecture de Police, la Préfecture de l’Île-de-France, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (MILDECA) annonça, en mai2019, le «Plan coordonné sur la problématique du crack à Paris(2019-2021)». Attestant de la mise en agenda définitive du problème du crack dans la ville, ce plan reste cependant que le point culminant d’une sociogenèse touchant à des nombreux enjeux socioanthropologiques contemporains que nous tâcherons d’investiguer dans cette thèse. Dans la croisée de la sociologie des problèmes publics, de la sociologie de la déviance et de la sociologie des drogues, il s’agira d’abord de comprendre et expliquer l’émergence et l’évolution de la consommation du crack à Paris en parallèle de sa construction en tant que problème social et enjeu de l’action publique, de 1980 à nos jours. Dans ce sillage, mobilisant des discours et des pratiques des différents acteurs sociaux (profanes, experts, médias et monde politique), cette thèse mettra en lumière les répertoires d’appréhension et gestion que suscite le phénomène lui-même, combien s’y mêlent différentes économies émotionnelles, hiérarchies morales et grammaires de justification en tension. S’inscrivant dans une approche à la fois sociohistorique et ethnographique, nous mobiliserons des archives (presse, archives judiciaires et sanitaires), des notes d’observation participante et non participante ainsi que des entretiens individuelles et collectives.


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