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Dernière modification le 18/07/2017

Baptiste ETIENNE
 baptiste.etienne@yahoo.fr

doctorant

Activités de recherche

Histoire politique, économique, culturelle et sociale.

Histoire globale.

Histoire urbaine.

Histoire des révoltes et des conflits (Fronde en province).

Histoire régionale (Normandie).

Histoire institutionnelle et plus particulièrement le Parlement et l’Echiquier de Normandie du XVIe au XVIIe siècle.

Ville de Rouen.

Sujet de thèse

 

« Rouen en 1650 : carrefour des conflits »

 

sous la direction de Michèle VIROL et Alain HUGON

Au XVIIe siècle, Rouen est toujours la seconde ville du royaume de France, après Paris. Alors principal port français, cette métropole stable, d’un point de vue démographique avec environ 70 000 habitants, est aussi un centre intellectuel et culturel dynamique. Sa position géographique favorise son activité commerciale sur l’axe séquanien, alors qu’elle fonde sa prospérité sur l’une des plus riches provinces du royaume. Toutefois, la métropole rouennaise n’échappe pas à la crise du milieu du XVIIe siècle. Ce mouvement séculaire secoue les grandes villes européennes telles que Londres, Amsterdam, Naples et Séville. De plus, la ville, en tant qu’organisme urbain, est un carrefour de conflits exacerbés qu’ils soient politiques, économiques, sociaux ou culturels.

Ces constats invitent à étudier les tensions au sein de la métropole normande et leurs projections dans la province à un moment de conflits majeurs : la Fronde, la « révolution anglaise », les crises ibériques… Ces temps de crises sont un moment de bouillonnement qui entraîne la multiplication des écrits et laissent apparaître au grand jour des rivalités sous-jacentes. Si la Fronde rouennaise est brève – de janvier à avril 1649, avec quelques soubresauts sporadiques, jusqu’en 1652 –, elle est particulièrement intense. Ses protagonistes principaux sont le pouvoir monarchique, alors incarné par la régente Anne d’Autriche et le duc de Longueville, gouverneur de la province, qui déclenche la révolte ouverte de la ville. Ce dernier est suivi par certaines élites rouennaises, tel que les parlementaires. Cette crise politique s’inscrit dans le contexte de la crise financière que connait le royaume et accorde une place essentielle à la vénalité des offices. Ainsi, le sujet que nous traitons aborde tout à la fois l’histoire événementielle de la Fronde dans une capitale provinciale et le temps long incarné en particulier par les problématiques économiques et commerciales. Ces dernières peuvent être approchées en étudiant la diversité du monde marchand et le rayonnement du négoce rouennais à l’échelle provinciale, nationale et européenne et donc en s’interrogeant sur la place qu’y occupent le petit et le grand commerce. Dès lors, l’impact de la crise commerciale et politique européenne sur le dynamisme rouennais est envisagé. L’analyse de la Fronde à Rouen prend également en compte les problématiques sociales : les conflits qui lui sont inhérents peuvent être analysés par l’étude d’un échantillon de corporations de métiers et de confréries, par l’intermédiaire du consulat qui a des fonctions de tribunal de commerce et par la question de la place des étrangers dans la ville. En outre, l’étude de l’histoire de la ville de Rouen ne peut se passer d’une analyse politique qu’illustrent notamment les rivalités entre les élites rouennaises et en particulier l’autorité municipale et le Parlement de Normandie.

A ces tensions s’ajoutent les troubles d’ordre religieux et culturels ; ils offrent un regard différent sur cette société rouennaise en pleine mutation. L’imprimerie rouennaise constitue un exemple essentiel de l’activité et du rôle des élites sociales rouennaises. On peut se demander si Rouen est une capitale culturelle et, dès lors, s’interroger sur son rayonnement à l’échelle de la province et du royaume, voire de l’Europe, ainsi que sur les conflits éventuels que cette situation a pu entraîner avec l’imprimerie parisienne titulaire de monopoles. Il faut également prendre en considération le contexte religieux de cette époque. En effet, la place de la communauté protestante dans la société reste une source de tensions à l’heure de l’application de la réforme catholique et de la « Révolution » anglaise. De même, les relations de la communauté juive avec le monde ibérique (Séville) et l’espace de la mer du Nord (Amsterdam) sont de première importance alors que la guerre de Trente Ans vient à peine de s’achever.

Ainsi, l’analyse de ces différents conflits qui se conjuguent, qu’ils soient politiques, économiques, sociaux, religieux ou culturels, révèlera l’influence d’une métropole avec les espaces qui l’entourent. L’analyse des conflits – sous toutes leurs formes – dans la ville de Rouen et dans ses relations avec les autres pouvoirs sont au cœur de nos problématiques et permettront d’apporter un regard nouveau sur cette métropole de dimension européenne et sur sa gestion de la crise politique du milieu du XVIIe siècle.

Ce souhait d’insister sur les connexions et conflits à différentes échelles – locale, provinciale, nationale et européenne –, et ce, afin d’étudier l’ensemble des phénomènes d’interrelations et de connexions. Ainsi, ce projet de thèse doctorale, à la suite de la World History, vise à être global, non seulement par son objet, mais aussi et surtout, par son refus de la fragmentation historiographique et des compartimentages disciplinaires.

Ce projet de thèse trouvera donc naturellement sa place dans une double appartenance au laboratoire du Centre de Recherche d’Histoire Quantitative (C.R.H.Q.) de l’Université de Caen Basse-Normandie à travers l’axe « culture et politique » et l’axe 3 intitulé « Anthropologie des identités » du Groupe de Recherche d’Histoire (G.H.R.I.S.-Normandie Université) de l’Université de Rouen.


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