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Dernière modification le 11/01/2017

Stéphanie LONCLE
 stephanie.loncle@unicaen.fr

Maître de conférences en études théâtrales

Membre de l'équipe HISTEMÉ (Cultures & Transmissions - Paix & Conflits)

Éléments biographiques

Docteur de l'Université Paris Ouest-Nanterre, Lettres et sciences humaines (2010).

Agrégée de Lettres Modernes

Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure (B/L 2001)

 

Thèse soutenue en 2010, sous la direction de Christian Biet, intitulée :


"Libéralisme et théâtre.
Pratiques économiques et pratiques spectaculaires à Paris (1830-1848)" 


 

Les deux décennies de la monarchie de Juillet sont marquées par une accélération de la libéralisation des activités économiques et politiques en France. La vie théâtrale parisienne est un des espaces d’expérimentation de ces nouvelles pratiques. Cette thèse étudie dans un premier temps les modalités diverses et contradictoires de la libéralisation des activités théâtrales à travers notamment l’histoire de huit théâtres parisiens représentant la vie théâtrale dans toute sa diversité. L’actualisation du conflit entre les différentes instances théâtrales (auteurs, comédiens, spectateurs, critiques, directeurs) se traduit par l’émergence d’un « monde du théâtre » concurrentiel, contractualisé et marchand. Lieu d’expérimentations, le Paris théâtral est aussi le lieu d’une production théorique riche sur la question du libéralisme au théâtre : les hommes de théâtre eux-mêmes contribuent à la réflexion sur les enjeux et les contradictions de l’insertion du théâtre dans le monde libéral. Ce débat est en outre investi par des hommes de droit, des hommes politiques, des historiens et des économistes. Nous étudions ainsi la façon dont le libéralisme théâtral est pensé, légitimé, promu, interrogé, historicisé voire naturalisé par des acteurs très divers de ce « monde des théâtres ». Enfin légitimé et relativement autonome, le théâtre semble être libéré de l’intervention politique et avoir intégré le monde économique en devenant une « industrie » comme une autre. Mais cette intégration soulève des contradictions théoriques majeures dans le paradigme libéral car les pratiques spectaculaires, structurellement performatives, remettent en question la définition libérale de l’individu et de la société. Loin de signifier le désintérêt du pouvoir politique et économique pour le théâtre, la libéralisation théâtrale doit donc être appréhendée comme un changement de régime théâtral. Ce ne sont pas seulement les conditions économiques, politiques et sociales des activités théâtrales qui sont affectées par la modernité libérale mais le rapport même entre le théâtre et la société qui est modifié, reconfiguré. Le troisième volet de cette thèse est ainsi consacré à l’étude des potentialités critiques qui subsistent dans les pratiques scéniques à l’heure où le théâtre semble avoir conquis sa légitimité dans le monde.


N.B. : chaque page personnelle est rédigée sous l'entière responsabilité de son auteur.