Page personnelle

Dernière modification le 11/09/2015

Amy WELLS

Maître de conférences

Membre de l'équipe ERIBIA (LSA)

Amy D. Wells, PhD
MCF Anglais (Section 11)

Département LEA

Associations Professionnelles :

ANLEA (membre du conseil d’administration)

AFEA

SAES

MLA

Réseau de recherche « La Pastorale dans les Littératures de Langue Anglaise », opération transversale Orléans-Poitiers-Limoges-La Rochelle

 

 

Activités de recherche

Mes activités de recherche se déclinent en plusieurs axes principaux qui évoquent des correspondances interculturelles, interdisciplinaires, et intertextuelles tout en impliquant et en mobilisant des connaissances certaines en littérature et en civilisation. Jeune chercheuse bercée par deux systèmes universitaires et deux directeurs de thèse, ma boite à outils « théoriques » est pleine et variée, tout en gardant une cohérence parmi les quatre thèmes que j’évoquerai ci-dessous.

Depuis mon arrivée en France en 2003, je me suis progressivement intégrée dans le paysage de la recherche locale. Ayant déjà complété les deux ans de séminaires doctoraux obligatoires à Texas Tech University ainsi que mes examens compréhensifs, j’étais déjà partie sur un axe de recherche sur la littérature féminine anglo-saxonne sous l’influence des études de genre quand je suis atterrie à l’université de Limoges en tant que lectrice. Mes préoccupations de jeune doctorante comptaient la représentation des personnages féminins et l’expression littéraire de l’identité sexuelle féminine. Ce sont ces thèmes-là qui sont présents dans deux de mes articles apparaissant avant la thèse : “Expériences échouées : expériences scientifiques, littéraires, et intimes à travers le continuum temps/espace/sexualité/langage chez Gertrude Stein” (2006) et  “It’s Her Fault!: Female Narrative Accomplices in Conrad’s The Secret Agent and West’s The Birds Fall Down” (2007). Ces deux travaux évoque notamment les théories du « parler-femme » de Luce Irigaray appliqué à la poésie de Stein ou au discours du personnage Conradien.

Mes intérêts de recherche continuaient à se préciser : très impressionnée par l’ouvrage Nightwood de Djuna Barnes (1936), notamment pour son usage d’une géographie littéraire parisienne originale, je savais que je voulais travailler sur le corpus littéraire féminin de la rive gauche entre les deux guerres. J’étais quand même gênée par un manque de cadre théorique pour analyser cette géographie littéraire qui me sautait aux yeux pendant mes lectures. C’est à ce moment que j’ai découvert au sein de l’équipe de recherche Espaces Humains et Interactions Culturelle la géocritique—la science des espaces littéraires. J’ai pu adapter cette approche à mon corpus de littérature féminine anglo-saxonne en produisant des analyses de la géographie littéraire, et la géocritique devient un deuxième axe de recherche pour moi. C’est sous cette influence théorique que j’ai pris la décision d’inscrire ma thèse en cotutelle, et cette expérience m’a permis de baigner dans la culture universitaire française. Cette dernière m’a permis de profiter des activités de l’équipe de recherche, une expérience que je n’aurai pas eu à ma faculté d’origine ; j’en ai profité pour organiser des manifestations telles que des séminaires et des journées d’études qui prennent pour thématique des questions géocritiques diverses.

Ce travail fut fructueux, et un premier article géocritique important sort en 2005, “The Intertextual, Sexually-Coded Rue Jacob : A Geocritical Approach to Djuna Barnes, Natalie Barney, and Radclyffe Hall”. Cet article relève les quatre « étiquettes » géographiques associées à l’adresse du salon de Natalie Barney à travers trois ouvrages littéraires différentes pour démontrer à tel point la géographie parisienne joue un rôle important dans les stratégies narratives chez des femmes écrivaines américaines à Paris. L’article “Alla ricerca dello scandalo all’estero: il modernismo americano e il mito della città di Parigi [Seeking Scandal Abroad: American Modernist Readings and Writings of the Paris City Myth ], m’a permis de travailler le rapport entre littérature, mythe, géographie, et tourisme pour décortiquer les mythes littéraires parisiennes vu par les américains. La particularité de mes analyses géocritique c’est qu’ils sont souvent accompagnés par une cartographie littéraire produite par un outil méthodologique développé lors de ma thèse. Je théorise cette pratique dans l’article “Des cartes métaphoriques aux cartes SIG : la cartographie comme outil d’analyse littéraire” (2012).

A ce stade, après une expérience plutôt positive avec les outils informatiques, je commence à ajouter une réflexion autour des TIC à mes axes de recherche. Suite à des années d’expérience pédagogique, je m’interroge sur l’usage pédagogique des TICs, notamment dans mes cours de langue anglaise pour les spécialistes et les non-spécialistes. Ce n’étaient pas les messages constants de la part des étudiants, ni les  demandes de précisions au sujet de nos cours qui m’ont attiré à ce sujet—c’était surtout l’envie de mes étudiants de s’exprimer en anglais à travers une plateforme numérique. L’enquête que j’ai menée ainsi que l’explication de ses exploits figurent dans l’article “«Tchater avec le prof » : l’apprentissage d’une langue étrangère par les communautés numériques” (2008). Malgré le côté populaire évoqué par le terme « tchater », cet article fut un des plus cités parmi mes travaux de recherche.

Maintenant jeune docteur, je me tourne à la valorisation de cette recherche. Je reste à la base une littéraire, mais je considère des embauches possibles pour ce travail académique et son potentiel « hors universitaire ». Lors d’une collaboration sur un projet Européen (FP7), j’ajoute une ligne de réflexion autour du tourisme littéraire et culturel à ma recherche. La littérature reste un moyen de construire et diffuser la mythologie d’un lieu, et le tourisme est un véhicule pour exploiter ces mythes. Dans “Voyager au Pays de Bush: Les parcours à développer, entre mythe et préjugé, pour le tourisme français au Texas” (2009), j’ai choisi de repérer les images stéréotypiques de mon état natif, le Texas, pour décortiquer les attentes des touristes et pour imaginer comment développer le tourisme français dans cet état qui n’est guère proposé par les agences de voyage français. Un nouveau projet, e-tinéraire, lancé dans le cadre du projet de valorisation au sein de l’Agence pour la Valorisation de la Recherche Universitaire du Limousin, m’ouvre la possibilité d’intervenir ce printemps au deuxième colloque national sur la recherche et l’enseignement supérieur en tourisme avec une communication intitulée “La recherche littéraire rentabilisable à travers les TIC :  Le cas de e-tinéraire et son innovation en e-tourisme culturel”.

Ayant une véritable passion pour ce travail, mes prochaines étapes seront consacrées à élargir mes analyses géocritiques (une géocritique féminine, existe-elle ?), de continuer de traiter le questionnement de l’américanité dans les textes des femmes écrivains, et de développer des parcours touristiques littéraires.

En me situant au carrefour des études littéraires américaines interdisciplinaires, de l’approche géocritique, de l’usage des outils informatiques tel que les bases de données et les TICs, et de la recherche d’une exploitation touristique, j’ai toujours pu caler mes propres axes de recherche avec ceux de mon équipe dans un esprit de partage et collaboration.

Contemporary American Cross Stitch Practices


N.B. : chaque page personnelle est rédigée sous l'entière responsabilité de son auteur.