Page de Ludovic Lestrelin

Dernière modification le 09/07/2019

Ludovic LESTRELIN
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Site web : http://lestrelin.canalblog.com/

Maître de conférences

Coresponsable de l'équipe CESAMS ((POS))

Membre du comité de rédaction de la revue Sciences sociales & Sport

Membre de l'équipe d'organisation du séminaire pluridisciplinaire "Villes et sciences sociales" de la MRSH de Caen

 

Membre élu au Conseil scientifique de l'Université de Caen Normandie, membre de la commission d'évaluation et des finances (2009-2012)

Coordonnateur élu de l'Assemblée Consultative de la 74e Section (Staps) de l'Université de Caen Normandie, collège B (2012-2016)

Activités de recherche

Mon activité de recherche puise principalement à la sociologie politique (avec une sensibilité affirmée pour l'histoire, l'ethnologie et la géographie) et sollicite une méthodologie variée (observations, entretiens semi-directifs, récits de vie, exploitation d'archives et analyses documentaires). Elle se décline selon trois volets largement complémentaires.

1. Sport, appartenances et territoires

Mes premiers travaux universitaires, dans le cadre de ma thèse de doctorat (2006), abordent le cas de supporters qui soutiennent un club de football auquel rien au départ ne les relie, ni leur lieu d’habitation, ni leurs origines géographiques ou familiales : Asiatiques vibrant aux exploits du Paris Saint-Germain, Français passionnés de Manchester United ou du FC Barcelone et, dans l'enquête de terrain qui a nourri originellement cette recherche, Normands, Nordistes ou encore Parisiens amoureux de l’Olympique de Marseille (OM). Incarnant fortement l'identité locale, l'OM dispose en effet d'une large popularité aux niveaux national et international et peut compter sur de nombreux supporters qui ne résident pas dans son environnement géographique immédiat. Des groupes organisés répartis en France et en Europe réalisent par ailleurs des déplacements réguliers dans les stades pour suivre l'équipe.

Les travaux de sciences sociales font pourtant du sentiment d'appartenance à un territoire, local ou national, l'une des clefs de compréhension fondamentale de l'engouement pour le football : l'attachement des supporters à « leur » équipe en serait l'expression et le reflet. L'investigation sociologique des collectifs de « supporters à distance » permet alors de décrire la signification changeante des relations entre les équipes et leurs publics et de révéler la déterritorialisation relative de l’économie et la culture du football. Toujours en cours aujourd'hui, cette recherche (qui déborde le cas marseillais) a ainsi pour ambition de compléter et de renouveler le regard porté sur les spectacles sportifs. Mais le football et les supporters constituent aussi une toile de fond, un prétexte, pour interroger et mettre en évidence des phénomènes plus généraux. Le recours au sport pour palier la déstabilisation de catégories et d’appartenances qui n’apparaissent plus sur le mode de l’évidence, la reconfiguration des processus identitaires sont de ceux-là. 

2. Sport et action publique

Célébration d'une expérience collective, le match de football est une affaire très sérieuse car il y est fondamentalement question d'identité(s). Est-ce là la raison principale pour laquelle ce sport génère régulièrement des violences et affrontements ? Ayant investi les tribunes des stades de football, j'ai été confronté à la question de l'encadrement de l'activité des supporters organisés. Le deuxième volet de mon activité de recherche porte donc sur les politiques en matière de gestion du supportérisme et de lutte contre le hooliganisme. Celles-ci se caractérisent aujourd'hui par le déploiement d'un large dispositif (réglementaire, législatif, judiciaire, policier...) de contrôle et de répression tant à l'échelle nationale que communautaire et internationale. Les questions particulièrement abordées sont celles de la construction du « problème supporters », des effets de distorsion des politiques publiques, de la place des acteurs privés et des moyens technologiques utilisés.

La réflexion menée sur l'action publique en matière sportive se prolonge au-delà du terrain du football. Ainsi, je me suis intéressé aux politiques de lutte contre le dopage. J'entame depuis peu un travail sur les politiques de développement territorial (à l'échelle des villes essentiellement) par le sport, les activités physiques et le bien-être. 

3. Sport, action collective et mobilisation

Le troisième et dernier volet du programme de recherche consiste à s'intéresser aux acteurs et en particulier à l'action des destinataires (les « bénéficiaires ») des politiques ou des programmes mis en œuvre. Sur le terrain du football, il s'agit donc d'étudier comment les supporters organisés développent des formes d'action collective pour peser sur les politiques publiques qui leur sont appliquées. Pour le dire très vite, il s'agit alors de montrer que le supportérisme est une activité éminemment politique. Loin de se résumer à sa dimension proprement idéologique, le caractère politique du supportérisme tient également aux modes d'organisation, de socialisation, et de mobilisation caractérisant ces formes de regroupement qui concernent une partie de la jeunesse populaire, en France et en Europe.

Au-delà du terrain des supporters et des stades de football, je m'intéresse plus largement aux mobilisations collectives et aux « conflits sociaux » autour du sport, une manière d'interroger une valeur durable de la culture sportive : l'apolitisme.


N.B. : chaque page personnelle est rédigée sous l'entière responsabilité de son auteur.