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La page de Matthieu Ledoux

Matthieu LEDOUX

0610829327
 matthieu.ledoux@unicaen.fr
Salle sh 125

Doctorant

Membre de l'équipe ESO-Caen

Titre de la thèse : Les espaces urbains souterrains. Imaginaire, formes et pratiques Contribution à une approche comparative de géographie sociale

Résumé : L'urbanisme souterrain est une des manières d'organiser la ville en réseau. Une approche par les espaces urbains souterrains peut permettre d'expliquer la ville et les rapports à l'espace des sociétés. Les espaces souterrains, outre les difficultés techniques de réalisation, soulèvent de réelles réticences socio-culturelles. En effet, ces espaces sont isolés, confinés, sombres et ne sont généralement pas considérés comme attrayants. Cette étude propose une entrée par les espaces urbains souterrains pour comprendre la ville d'aujourd'hui. Dans cette optique, l'espace souterrain ne constitue pas un objet géographique donné. On part d'un espace singulier pour expliquer la ville. Ici, les espaces souterrains sont perçus comme éléments révélateurs des discours sur la ville et des rapports des sociétés à l'espace.

L'organisation d'un espace urbain souterrain repose essentiellement sur le métro, une des fonctions principales des espaces urbains souterrains étant de faciliter le transit des individus. Toutefois, en y regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit que l'organisation des sous-sols de nos villes s'inclut dans un système complexe de développement et que la fonction des espaces urbains souterrains ne se limite pas à une fonction de transit. De surcroît, et ce afin de permettre une pratique spatiale la plus "agréable" possible, les espaces souterrains nécessitent une pluri-disciplinarité incluant outre des urbanistes et ingénieurs, des architectes spécialisés dans l'ambiance architecturale, des sociologues, des psychologues et des géographes.

Dans quelle mesure les espaces souterrains jouent-ils un rôle dans les modes de vie des urbains ? L'objectif de la thèse est de montrer en quoi les espaces urbains souterrains sont une production sociale singulière et qu'ils contribuent à comprendre la ville d'aujourd'hui et par conséquent, les sociétés urbaines et leurs rapports spatiaux. C'est également l'occasion de dégager l'étendue des discours sur la ville (mobilité, réseaux, architecture, urbanisme tridimensionnel, pratiques, culture urbaine, marginalité, etc.) par l'intermédiaire des espaces urbains souterrains.

Afin de répondre à la problématique, cette étude propose une approche des espaces souterrains selon trois dimensions spatiales qui sont en interrelation. La géographie est d'abord une science qui s'intéresse aux différentes dimensions de l'espace. La première dimension est celle de l'imaginaire. Du cinéma au documentaire en passant par Internet, notre société est modelée par les images, les discours, les icônes et les représentations. Ces derniers jouent un rôle majeur dans la construction des imaginaires spatiaux, les pratiques de l'espace et la construction des identités. Ils performent et contribuent ainsi à la construction des lieux et des espaces jusqu'à parfois produire un réel plus satisfaisant que le réel. Une réflexion sur les utopies urbaines fait également partie intégrante du champ de l'imaginaire. De plus, les images sont aussi perçues comme des révélateurs des rapports à l'espace des sociétés à travers la notion de patrimoine et du processus de patrimonialisation.

La deuxième dimension spatiale englobe les formes concrètes de l'urbanisme souterrain. Cette dimension comprend les fonctions urbanistiques des espaces souterrains (par exemple la fonction de transit ou la fonction commerciale), mais aussi l'architecture et l'urbanisme souterrain. Dans cette dimension, on s'interroge sur l'organisation spatiale des souterrains urbains et ce dans une vision fonctionnaliste de l'espace. Enfin, la troisième dimension de l'espace utilisée traite des pratiques de l'espace. Dans cette dimension sont étudiés les mobilités et rythmes sociaux des individus et groupes sociaux. Elle questionne également la notion de marginalité au sein des espaces urbains souterrains. En effet, on remarque que ces espaces intérieurs sont souvent pratiqués par les sans-abris car ce sont des espaces sûrs où ils peuvent de reposer en sécurité. De même, on peut noter la présence d'endroits bien spécifiques où certaines personnes jouent de la musique ou font du théâtre. Peut-on parler de marginalité contrôlée ?

Ces trois dimensions de l'espace sont au cœur d'une étude comparative entre deux espaces-laboratoires que sont les centres urbains de Paris (Forum des Halles) et Montréal (Ville Intérieure). Ces deux espaces ont été choisis à cause de leur représentativité d'une part, et de leur stade d'évolution, d'autre part. Il y a donc là aussi une double lecture, dans l'espace et dans le temps. En effet, Paris représente le centre-ville historique de type européen et Montréal le centre-ville commercial et financier de type nord-américain. De plus, ces deux centres urbains sont à des stades d'évolution différents. La "ville intérieure" de Montréal s'est développée depuis une trentaine d'année et paraît bien implantée dans le tissu urbain. Le forum des Halles de Paris subit actuellement un plan de rénovation et il paraît intéressant d'étudier les pratiques spatiales au sein de cet espace en mutation.

La circulation entre les différents registres de l'espace amène une méthodologie étroitement dépendante de l'objet géographique étudié. Elle se fonde au plus proche de cet objet géographique et chaque dimension spatiale utilise une méthodologie particulière.

Un des aspects de cette méthodologie se clarifie sous la forme d'une grille de lecture comparative incluant les thématiques de recherche des trois dimensions de l'espace utilisées sous forme de différents paramètres. De plus, ce travail se base sur une approche pluri-disciplinaire. Outre le champ thématique de la géographie sociale, il fait appel à la sociolinguistique, à l'histoire, à la psychologie, à la sociologie, mais aussi au cinéma et à la littérature. Toutefois, c'est bien dans une optique de géographie sociale que nous abordons les espaces urbains souterrains, l'objectif fondamental étant l'étude des rapports à l'espace des sociétés.

Principaux thèmes de recherche :

Urbanisme souterrain, l'imaginaire urbain dans les médias (films, documentaires), utopies et réalités urbaines, perceptions et pratiques en souterrain.

Espaces-laboratoires :

Montréal, Paris

Travaux et publications :

LEDOUX Matthieu, La ville dans les films de science-fiction, article à paraître en juin 2006 dans la publication de l'école d'été de géographie sociale tenue à l'université de Montpellier III en septembre 2005 sur le thème Utopies urbaines, villes rêvées, villes possibles.

LEDOUX Matthieu, Les espaces urbains souterrains : imaginaire, formes et pratiques. Contribution à une approche comparative de géographie sociale, mémoire de Master II Recherche réalisé sous la direction de Benoît Raoulx (CRESO), Université de Caen, 2005, 102 p.

LEDOUX, Matthieu, La ville dans les films de science-fiction, un espace de réflexion sur la société urbaine, mémoire de maîtrise réalisé sous la direction de Benoît Raoulx (CRESO), Université de Caen, 2004, 170 p.


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