Apprendre des carnets aujourd'hui ?

Lieu : amphithéâtre de l'ESPE (186 rue de la Délivrande - Caen)
Début : 04/12/2013 - 09:30
Fin : 04/12/2013 - 17:30
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-philippe Georget et Elise Ouvrard

Ce projet s’inscrit dans la continuité de trois demi-journées d’études organisées en 2012-2013 par une équipe pluridisciplinaire de professeurs et maîtres de conférence de l’ESPE de l’Université de Caen Basse-Normandie et consacrées au carnet d’artiste, d’élève et de chercheur. Cette journée d’études entend en effet préciser le terrain de recherche que constitue le carnet, ce « dispositif portatif d’écriture » selon Lahire (2006, 506) en explorant les conditions concrètes de son utilisation en situation d’enseignement-apprentissage et de formation.
Il sera question de la matérialité contemporaine des carnets, incluant cahiers et écrans, dans la mesure où ce qui fait la richesse du carnet, c’est l’absence de normalisation, le caractère non fini de l’outil, son potentiel heuristique et sa capacité à soutenir des « tactiques » face aux « stratégies » des institutions pour reprendre la distinction établie par De Certeau (1980). Pourront d’ailleurs être évoqués dans cette réflexion pluridisciplinaire les carnets de lecture, les carnets d’artiste, les carnets d’expérience, les carnets de laboratoire, les carnets de performance, les carnets de sons ou tout autre type de carnet qui pourrait être utilisé en situation d’enseignement ou de formation.
Dans le domaine de l’apprentissage, le carnet, à la fois support et outil, devient non seulement le lieu de construction du savoir, de mise en oeuvre de compétences (et parmi elles, les compétences littéraciques), mais aussi celui de l’observation de l’activité de l’élève. On pourra alors se consacrer à cet acte de scription qui se mue en art de faire (Fraenkel, 2007) ainsi qu’à la forme d’écrits intermédiaires que peut revêtir le carnet et qu’ont déjà interrogée certains chercheurs comme Claire Doquet lors du colloque international de Poitiers « Une même langue, deux sociétés, deux cultures. De la France au Québec, l’écriture dans tous ses états » en 2008.
Cette journée d’études pourrait permettre, grâce à l’analyse d’expériences d’autres pays par exemple, de s’interroger sur une possible culture du carnet : culture selon les usages, culture selon les lieux de son utilisation. Comment se traduit de par le monde cette mutation du territoire en terrain qu’initie le carnet, en relation avec l’intensification des mobilités et des liens à distance entre individus ? En quoi le carnet permet-il de « faire terrain » du monde ? Pour qui et comment ? Quels récits d’espaces pour quels itinéraires ? La notion de diversité pourra alors prendre tout son sens : diversité des carnets comme évoqué plus haut, mais aussi des auteurs des carnets sans oublier celle des dimensions du monde explorées dans ces carnets. La dimension interactive sera donc de fait au cœur de la réflexion : relation de soi au carnet, relation de soi à soi, mais aussi relation entre soi et les autres par le carnet (on pense à la notion de transsubjectivité développée par Chiss, 2012).
Au croisement entre processus didactiques (Reuter, 2006) et parcours individuels, dans cet usage de soi très spécifique que représente le carnet, dans cette transformation de la personne que peut induire le dispositif matériel de la vie intellectuelle qu’est le carnet, on peut enfin se demander comment, pour qui et pour quoi le carnet peut être utilisé pour attester de changements ou d’expériences chez son auteur. Il s’agira alors de répondre à la question centrale posée lors de cette journée : qu’apprend-on des carnets aujourd’hui ?

Nous vous invitons à contribuer à cette réflexion commune en proposant une communication pour cette journée d’études.
Les modalités suivantes sont envisagées :

  • Des communications orales, d'une durée de 30 minutes suivies de 10 minutes de questions, qui se dérouleront sur une demi-journée.
  • Deux symposiums, d'une durée d’1h30 chacun, organisés sous la responsabilité?d'un chercheur, qui se tiendront sur l’autre demi-journée. Ces symposiums peuvent être constitués à partir d'une équipe ou bien rassembler des chercheurs appartenant à des équipes différentes mais travaillant sur une même question (3 à5 personnes).