Violence d’État et état d’urgence : militarisation de la police

Lieu : Salle des Actes SH 027 de la MRSH
Début : 09/01/2017 - 17:00
Fin : 09/01/2017 - 19:00
Responsable(s) scientifique(s) : mathieu.uhel@unicaen.fr

Intervenants : Pierre Douillard-Lefèvre et Mathieu Rigouste
Discutants : Simon Le Roulley et Clément Poutot

L’État d’urgence est appliqué en France depuis janvier 2015. Censé être un état d’exception, c’est-à-dire, selon Alain Brossat, un état qui « abolit toute précédence », force est de constater qu’il se normalise. Dans nos sociétés, le maintien de la paix s’apparente au maintien de l’ordre, entrainant une confusion dans la définition d’un terrorisme aux contours flous où se retrouvent tout à la fois fondamentalistes religieux à l’instar des djihadistes autant que des activistes politiques ou des acteurs et actrices du mouvement social. La ligne de crête semble bien fine. En effet, nous avons vu l’État d’urgence permettre au printemps dernier d’intensifier la répression du mouvement social, que ce soit par des assignations à résidence ou part des interdictions de manifestation. Si l’intensification de la répression policière lors du mouvement contre la loi « travaille ! » s’inscrit dans cette situation « exceptionnelle », reste que l’on observe historiquement un renforcement de l’appareil répressif qui s’accompagne d’un assouplissement du droit en faveur des policiers et d’une militarisation de leur équipement. Dans un climat de menace terroriste, doit-on rester muet face à ce phénomène et céder à l’économie de la peur ? La militarisation de l’équipement policier et l’élargissement de leur possibilité d’user de la force ne s’apparentent-ils qu’à la menace terroriste ou viennent-ils encager l’expression de la colère ? Les manifestations illégales de policiers réclamant l’extension de l’usage des armes à feu et de leur port, l’anonymat par la dissimulation du matricule, nous amènent à penser une intensification de la répression qui influencera les orientations pratiques des mouvements pour l’émancipation.

Pour aborder cette question, nous recevons deux intervenants, sociologues impliqués dans les mouvements contestataires, qui discuteront de cette problématique:

Pierre Douillard-Lefèvre est étudiant en master 2 de sociologie à Nantes et auteur de l’ouvrage L’arme à l’œil, violence d’État et militarisation de la police, Le Bord de l’Eau, 2016.

Mathieu Rigouste est docteur en sociologie, chercheur indépendant, auteurs de plusieurs ouvrages sur la répression d’État, dont L’ennemi intérieur, La Découverte 2009 ; Les marchands de peur : La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire, Libertalia, 2011 ; La domination policière : une violence industrielle, La Fabrique, 2012 ; et, plus récemment État d’urgence et business de la sécurité, Niet éditions, 2016.

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