Séance n°4

 

Samedi 21 janvier 2017 : « Passions comparatives et désir de richesse », Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

 

4ème séance

Passions comparatives et désir de richesse

Lieu : Sorbonne, galerie Jean-Baptiste Dumas (entrée par le 1 rue Victor Cousin ou le 14 rue Cujas), salle D617

Les Ateliers « Richesse et Vertu » visent à étudier la façon dont les intellectuels des Lumières écossaises et françaises ont envisagé le rapport entre richesse et vertu. Loin d’être triviale, cette question a donné lieu à de nombreuses controverses tout au long du XVIIIème siècle, en particulier à la suite de la parution de la Fable des Abeilles de Bernard Mandeville, dans laquelle celui-ci défend l’idée que les vices privés font la vertu publique. Parmi ces « vices privés », Mandeville insiste sur l’orgueil (pride), la vanité et le désir de distinction (et de luxe), et l’envie, comme ressorts fondamentaux de la prospérité des nations. Le point de commun de ces passions essentielles à l’enrichissement des sociétés est leur nature comparative, sociale, relative. L’objet de cette 4e journée de l’atelier « Richesse et Vertu » est précisément d’étudier le rôle des passions comparatives dans l’enrichissement individuel et social chez les philosophes et les économistes du XVIIIe. D’Hutcheson à Smith, en passant par Rousseau, Ferguson et Hume, nombreux sont ceux qui s’approprient tout en critiquant le paradoxe mandevillien et son appréhension des passions comparatives.

 

Les questions auxquelles nous nous intéresserons seront les suivantes : quel rôle jouent les passions comparatives dans l’explication de l’enrichissement des nations chez les auteurs du XVIIIe siècle ? Le désir d’enrichissement individuel est-il fondé sur un désir de reconnaissance sociale ? L’orgueil et la vanité sont-ils nécessairement des « vices privés » ? Et font-ils la « vertu publique », comme le soutient Mandeville ? Les inégalités économiques et sociales dans les sociétés commerciales conduisent-elles inexorablement à une montée de l’envie ? Quelles sont les conséquences économiques de la surestimation de soi ? Et à quelle condition l’accumulation du capital peut-elle être vertueuse ? 

Programme

 

10h – Ouverture

Laurent Jaffro (Phare,université Paris 1 Panthéon Sorbonne) :
« L’analyse humienne de la fierté et de la honte »

Christian Maurer (université de Lausanne) :
« Quel amour-propre pour quelle activité économique ? Nicole, Mandeville et Smith »

14h

Justine Roulin-Rétornaz (université de Lausanne) &
Sonia Boussange (ISJPS-PhiCo, université Paris 1 Panthéon Sorbonne, et université de Neuchâtel) :
 « Estime, reconnaissance et distinction des rangs. Smith, Ferguson et Millar »

Réponse d’Eveline Hauck (Universidade de São Paulo)

Benoît Walraevens (CREM, Université de Caen Basse Normandie) :
 « Vanité, orgueil et mensonge à soi-même chez Smith »

Réponse de Laurie Bréban (Phare, université Paris 1 Panthéon Sorbonne)

Daniel Diatkine (Université d'Evry val d'Essonne) :
« À quelle(s) condition(s) l'accumulation du capital pourrait-elle être vertueuse ? »