Axes de recherche

Axe 1. Espaces maritimes, espaces insulaires
Axe 2. Sociétés portuaires et littorales
Axe 3. Le navire et ses hommes : construction, armement et équipage
Axe 4. La langue des marins et les dictionnaires de marine, la toponymie littorale et maritime
Axe 5. Les voyages d’exploration vers les mondes non européens
Axe 6. Entre terre et mer

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Axe 1. Espaces maritimes, espaces insulaires
Coordination : Frédérique Turbout

  • Espaces maritimes

Les espaces maritimes ne se limitent pas à une simple étendue d’eau salée, ils sont le résultat de la combinaison parfois complexe d’éléments naturels propres au milieu océanique et de sociétés littorales qui se sont appropriées au fil du temps ces espaces. Mieux comprendre leur fonctionnement, les relations entre acteurs, la concurrence des usages, le jeu complexe des matrices économique, historique, sociale et culturelle peut permettre de mieux gérer ces espaces maritimes à forts enjeux environnementaux, économiques et géopolitiques. Historiens, géographes, sociologues, économistes du Pôle s’associent pour porter au regard du plus grand nombre les spécificités de ces espaces. Cette approche s’appuie en particulier sur l’étude de deux espaces maritimes transfrontaliers, l’espace Manche et l’espace Caraïbe.

  • Espaces insulaires

D’une île État au petit îlot rocheux perdu en mer, les espaces insulaires présentent des caractéristiques historiques, géographiques, sociales, juridiques et politiques qui leur sont propres. Cet axe se propose d’aborder les îles dans leur diversité en s’attachant à privilégier les espaces insulaires de la Caraïbe et de la Manche. À ce titre, les îles Anglo-normandes, anciennes parcelles du duché de Normandie aujourd’hui dépendances de la Couronne d’Angleterre, sont particulièrement riches d’enseignements historiques et juridiques, mais aussi culturels et linguistiques. Leur statut constitutionnel actuel est directement lié à leur histoire tout comme leur corpus juridique, héritage de la coutume de Normandie qui s’est constituée au milieu 11e siècle. Enfin, sur le plan linguistique, les îles Anglo-Normandes possèdent leurs propres langues, le jersiais et le guernesiais, très proches du patois normand, suscitant ainsi l’intérêt des linguistes.

  •  Projets

Les atlas numériques des espaces Manche et Caraïbe
La Nef normande. Programme de recherche et de valorisation du patrimoine nautique de Normandie et des îles Anglo-Normandes
Programme de recherche et de valorisation des traditions orales chantées recueillies dans les îles Anglo-Normandes

 

Axe 2. Sociétés portuaires et littorales
Coordination : Éric Saunier, Éric Barré (Dr Histoire médiévale)

  •  Villes et sociétés portuaires

Dans la perspective d’une historiographie faisant de la ville son objet d’étude plus qu’un décor, cet axe s’intéresse aux villes portuaires pour ce qu’elles ont d’original, en tant que villes sur des littoraux qui ne sont pas seulement urbains, et en tant que ports dans le concert des villes. Leurs spécificités sociales, aussi bien sous l’angle du travail et de ses conflits que sous celui des solidarités et des sociabilités, visibles et secrètes, sont au cœur du propos, attentif aussi à des approches plus spatiales et politiques (trame des villes-ports, gouvernement et police). Ce propos, nous souhaitons en discuter aux deux échelles auxquelles travaillent aujourd’hui les chercheurs intéressés par l’étude des sociétés littorales et portuaires : celle, d’une part, de lieux intégrés dans de vastes espaces de circulation globaux (Atlantique, Méditerranée…) vecteurs de déplacements d’hommes, de marchandises et d’idées transformant ces espaces et celle, d’autre part, de lieux où les contingences locales occupent une place de choix dans leur  caractérisation.

  •  Le littoral : ressource et exploitation, population

Le littoral est un espace ouvert dont les limites sont variables. La laisse de mer est l’un de ses éléments fondamentaux ; il est, de tout temps, un espace de chasse et de cueillette. Il est celui des pêcheries, du ramassage du varech, voire des engrais marins et des salines. Il est l’espace où viennent s’échouer les navires sur des étendues qui ne sont pas toutes des ports. Le développement de la balnéothérapie au 19e siècle conduit à celui du tourisme balnéaire alors que l’aquaculture y connaît ses premiers balbutiements. Ses dunes sont des lieux de pacquage ou de camping alors que le trait de côte est en évolution constante sous les coups de la mer et des modifications climatiques. Le littoral est un espace de vie où des populations se sont installées, ont lutté contre la mer y développant des pratiques qui lui sont propres alors que les résidences secondaires fleurissent dans un milieu où les êtres vivants, plantes ou animaux, connaissent leur propre histoire.


 

Axe 3. Le navire et ses hommes : construction, armement et équipage
Coordination : Michel Daeffler, Jean-Louis Lenhof

La navigation a toujours joué un rôle important en Normandie grâce aux marins et aux constructeurs normands, comme l’attestent l’iconographie navale exceptionnelle de la Tapisserie de Bayeux ou les documents comptables du Clos des galées de Rouen au 14e siècle. Concernant la période moderne (du 16e au 18e siècle), la diversité des sources documentaires et iconographiques est telle qu’il est possible d’effectuer une étude approfondie de l’architecture des navires de pêche et de commerce. La comparaison avec l’archéologie permet aussi d’orienter la recherche vers d’autres marines – en particulier anglaise et hollandaise – fréquentant les ports de la Manche. Grâce à l’étude des activités des hommes qui se consacrent à la construction navale, l’armement ou l’affrètement, nous pouvons ainsi mieux connaître les personnels impliqués dans ces activités ainsi que les liens qui les unissent. Étudier les navires, leur construction, leur armement et leur équipage ne relève pas seulement de l’histoire des techniques mais aussi de l’histoire sociale.

  •  Projets

La Nef normande. Programme de recherche et de valorisation du patrimoine nautique de Normandie et des îles Anglo-Normandes
 

Axe 4. La langue des marins et les dictionnaires de marine, la toponymie littorale et maritime
Coordination : Élisabeth Ridel

Parce que la langue des marins est une langue bien vivante, parce qu’elle a sa propre histoire et parce que qu’elle s’inscrit dans l’Histoire, le Pôle maritime a décidé de lui consacrer tout un axe. Il s’agit d’étudier, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, les mots qui font toute la spécificité de la langue des marins et qui contribuent à en faire la plus riche des langues de spécialité. Conscients de cette richesse lexicale, des hydrographes, des mathématiciens, des officiers de marine se sont faits lexicographes, pour inventer progressivement le dictionnaire des termes de marine. Au sein de cet axe dédié aux « mots de la mer », les glossaires et les dictionnaires de marine font l’objet d’un programme spécifique. En complément à l’analyse des vocabulaires maritimes et des dictionnaires de marine sera également exploitée la toponymie insulaire et littorale qui reflète souvent les usages séculaires de navigateurs ou de pêcheurs.

  •  Projets

DicoMarine. Bibliothèque virtuelle des dictionnaires de marine (17e-19e siècle)
La Nef normande. Programme de recherche et de valorisation du patrimoine nautique de Normandie et des îles Anglo-Normandes
 

Axe 5. Les voyages d’exploration vers les mondes non européens (Télécharger la fiche)
Coordination : Christophe Maneuvrier (MCF Histoire médiévale, codirecteur de l’OUEN), Guillaume Lelièvre (Dr Histoire moderne), Michel Daeffler

En collaboration avec l’OUEN
Dès la fin du Moyen Âge, les Français, et particulièrement les Normands, ont été des précurseurs dans le domaine des explorations et des voyages lointains, partant notamment à la découverte des côtes de l’Afrique subsaharienne et des îles atlantiques. Au début du 16e siècle, dans le sillage des Ibériques, des navires sont armés pour l’Inde, le Brésil, Terre-Neuve et même Sumatra, à la recherche de nouvelles richesses (épices, bois du Brésil, ivoire, tabac, etc.). Au 17e siècle, diverses tentatives sont effectuées afin de prendre part au commerce lucratif des épices produites aux Indes orientales. Parallèlement au développement des grandes compagnies commerciales, des expéditions sont lancées dans toutes les directions pour découvrir de nouvelles routes et de nouveaux territoires à exploiter. Cet élan se poursuit au 18e et au 19e siècle, donnant lieu à de nombreux voyages qualifiés de « scientifiques » ou de « savants » cherchant à parfaire la connaissance des terres lointaines (habitants, faune et flore) et à explorer les dernières terres inconnues telles que les pôles. Par une approche pluridisciplinaire (histoire, géographie, économie, commerce, navigation, cartographie, littérature de voyage, ethnologie et sociologie, botanique, domaine médical…) et en s’inscrivant dans une histoire globale et connectée, le Pôle maritime se donne comme objectif d’étudier ces épisodes mal connus, voire tombés dans l’oubli, de l’histoire maritime française.


Axe 6. Entre terre et mer
Coordination : Élisabeth Ridel, Philippe Madeline (PR Géographie, unicaen – ESO, codirecteur du Pôle Rural)

En collaboration avec le Pôle Rural
Cet axe a pour objectif d’étudier les rapports qu’entretient le monde maritime avec le monde rural. Une attention particulière sera accordée aux marais et aux voies de communication fluviomaritimes qui constituent des zones de contact « entre terre et mer » de premier plan. En découle une étude sur la navigation intérieure, où le milieu aquatique a influé sur la manière de construire et d’armer les bateaux des marais et des fleuves. On s’attachera aussi à mettre en valeur l’utilisation des ressources terrestres par les marins : l’exploitation des forêts pour la construction navale, l’usage du chanvre et du lin pour la confection des voiles, l’usage et la diffusion des céramiques par voie de mer. D’une manière générale, les cargaisons et le transport feront l’objet d’études spécifiques. Enfin, cet axe a vocation à établir des passerelles avec le Pôle Rural.

 

  • Projet

De bois, de terre et d’eau… Hommes et Terroirs forestiers de Manche et d’Outre-Manche