Écritures de l’image

Responsables : David VASSE et Julie WOLKENSTEIN

 

L’axe « Ecritures de l’image » concerne, dans la diversité de leurs représentations et de leurs figurations, les domaines du cinéma, de la peinture, de la littérature, du théâtre, de la photographie, de la littérature de jeunesse, etc. A la croisée de différents champs disciplinaires, l’image porte à une interrogation de ses modèles, de ses multiples supports et de ses matières, convoquant aussi bien les dimensions esthétiques et théoriques, les apports mémoriels et temporels, les questions de circulations, de transferts et de migrations. 

Cet axe peut être envisagé selon trois problématiques de recherche :


- la question des modèles : les images subissent dans l’histoire de nombreux transferts et mutations sans pour autant effacer la persistance des modèles iconographiques traditionnels. Images archétypales remixées, figures héroïques revisitées, relectures des icônes et des mythologies : les avatars successifs de l’image à travers les âges et les civilisations invitent à réfléchir à l’évolution des représentations dans des sociétés contemporaines de plus en plus noyées sous un flux ininterrompu d’images.


- la matière de l’image : l’image peut être perçue à l’état de trace, de dépôt, éphémère ou durable,  qui pose la question du temps et de la mémoire. La question du passage de l’écrit à l’image, du détour de l’un par l’autre, se trouve sans cesse posée : l’écriture parvient-elle à créer de l’image, à la susciter et à quelle condition ? N’est-ce pas le propre par exemple de la poésie ? Si le destin de l’image est aussi parfois de succomber à la menace de la volatilité et de la péremption, l’écrit peut-il être est un moyen de le conjurer et de contribuer à faire de l’image une matière inaltérable ? Quel lien y aurait-il alors entre les deux ? N’auraient-ils pas tout à gagner à faire ensemble impression (prodige de ce qui s’imprime ; sur papier, sur toile, sur écran, sur la rétine, dans la mémoire) ?


- la question de la réception : le rapport aux images induit de la part du public une appropriation qui relève de l’émotion et du cognitif. Il touche au vécu et à la stimulation des sens. Parler de l’image implique d’étudier l’expérience du spectateur, ses comportements, ses réactions et ses pratiques, les différents types de publics et d’aborder également les finalités d’une éducation à l’image, notamment aujourd’hui, dans un cadre mondialisé où les images véhiculent de nombreux codes idéologiques et politiques. (Cf la question de la violence de l’image, les images de propagandes ou publicitaires).

Bibliographie :

  • Jacques Rancière, Le destin des images, La Fabrique, 2003.
  • Georges Didi Hubermann , L’image survivante, Editions de minuit, 2002.
  • Raymond Bellour, Le corps du cinéma, P.O.L, 2009.
  • Jacques Aumont, Matière d’images, Editeur Images modernes, 2005.

Cet axe se conçoit comme interdisciplinaire et permet la participation et la circulation des chercheurs en offrant des croisements possibles qui peuvent enrichir les débats et les travaux menés.

Exemples de recherches déjà menées dans cet axe : Colloque « Figures et modalités de l’apparition dans les œuvres d’art » (par Hélène Frazik, Pascal Couté et Camille Prunet, 2014), Journées d’études « Dans l’intimité des publics : appropriations et usages personnels des images audiovisuelles » (par Myriam Juan, 2016), Journées d’études « La Nouvelle Vague à la lettre », avec les exemples d’Eric Rohmer, de François Truffaut, de Jacques Rivette et de Claude Chabrol (par Julie Wolkenstein et David Vasse, de 2013 à 2018), Séminaire « Spectateurs et voyage » (par Fabien Cavaillé et Claire Lechevalier, 2018).