Les stratégies de destination large de la fiction aux XVe et XVIe siècles

Lieu : MRSH - Salle des thèses
Début : 23/03/2018 - 14:00
Fin : 23/03/2018 - 16:00
Responsable(s) scientifique(s) : P. Mounier

 

La présente séance de séminaire a vocation à lancer le partenariat de recherche prévu à l’automne 2017 entre deux laboratoires (le LASLAR et le GRIC) normands par la signature d’une convention de coopération dans l’idée de renforcer le tissu des collaborations entre les unités du PRES Normandie Université. L’objet d’étude du partenariat est la question du public visé par les fictions de langue française diffusées aux XVe et XVIe siècles. Avant de mener une enquête d’envergure en réunissant des spécialistes de divers aspects de la question (colloque, Caen, 5-7 juin 2019) et d’ouvrir la réflexion vers le grand public en associant deux bibliothèques régionales (expositions et conférences, Caen, BM, 1er mai-30 juin 2019 et Rouen, printemps 2020) il semble souhaitable de définir les enjeux, le champ et les modalités d’investigation relatifs à un sujet d’une telle envergure.

Tout en interrogeant les principes de l’écriture de fiction, conformément aux objectifs de l’axe « Territoires de la fiction », le projet entre spécifiquement dans l’axe « Actualités de l’ancien : valorisation, réception, récréation, traduction » du LASLAR par son centrage sur la question de la transmission des textes à l’époque moderne. S’il n’exclut pas d’aborder des œuvres produites aux XVe et XVIe siècles, il envisage de mettre en avant des œuvres souvent antiques ou médiévales diffusées à l’époque de l’imprimerie. Il concerne en particulier le soin mis par les adaptateurs à sélectionner un lectorat dans les paratextes et aux dispositifs textuels produits dans les fictions, comme les choix de traduction, pour répondre à l’ambition d’ouvrir au plus grand nombre l’accès à des fictions.

Nous proposons de fonder l’enquête sur les traces de conceptualisation que livrent les œuvres. Le métadiscours produit par l’auteur ou l’éditeur révèle en effet à l’occasion un projet de vulgarisation ou de popularisation, c’est-à-dire de « propagation, diffusion auprès de tous », d’un texte soit conçu au départ pour des lecteurs avertis et offert a posteriori à des lecteurs moins exigeants soit d’emblée créé pour un lectorat large. L’idée n’est pas ici de comprendre la notion de « littérature populaire » au sens socio-politique : les études d’histoire du livre et de la lecture ont trop longtemps postulé un lien entre tel ou tel choix de traduction ou d’illustration et l’éducation limitée de certains groupes sociaux. Il faut plutôt chercher des indices tangibles d’une volonté d’élargir le lectorat, pas forcément réductible au peuple, dans les œuvres elles-mêmes. Une fois repéré l’énoncé d’un tel projet de destination large dans le paratexte auctorial ou éditorial, l’enquête a toute latitude pour approcher la forme, le contenu ou les particularités linguistiques des œuvres, d’un côté, et la mise en pages, la mise en chapitres ou l’illustration des éditions qui les diffusent, de l’autre.

La séance se veut à destination des membres des laboratoires partenaires (LASLAR, GRIC) et d’autres laboratoires normands (ERLIS, CRHQ, CRAHAM, ERIBIA, CÉRÉdI, ERIAC). Elle s’organiserait en deux temps. La première partie serait consacrée à une présentation du projet à deux voix par les organisatrices. La seconde partie serait constituée par l’échange d’idées ou la présentation d’exemples par des participants souhaitant nourrir la réflexion.