Atys et les reprises de mise en scène

Lieu : Foyer du théâtre de Caen
Début : 30 mai 2011 - 09:00
Fin : 30 mai 2011 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : A. SURGERS - F. CAVAILLE

En 1986, l’Atys dirigé par W. Christie et mis en scène par J-M. Vilégier avait été, pour beaucoup de spectateurs, un émerveillement et une découverte. On se rendait compte que le répertoire baroque pouvait revenir sur la scène, qu’il n’était ni superficiel, ni ennuyeux, ni froid, mais fastueux, dense, émouvant. On vit dans cet Atys l’acte de naissance de la mise en scène baroque – et, pour certains, la réalisation la plus convaincante de celle-ci.  Retour à l’énergie des commencements ou célébration glorieuse du quart de siècle des « baroqueux », Atys sera repris en 2011 dans la même production – aux interprètes près ; et comme en 1987, la tragédie lyrique de Lully, les Arts florissants, les décors et les costumes de Patrice Cauchetier retrouveront le public de Caen. Ce retour annoncé comme un événement, invite à une double mise en perspective, à la fois historique et théorique.
 Remonter Atys, c’est, certes, répéter et perpétuer un merveilleux coup d’éclat, mais c’est aussi affirmer l’autorité et la pérennité d’une mise en scène érigée en modèle pour le répertoire baroque. Le spectacle nous offre l’occasion de revenir sur l’héritage d’Atys, et à travers lui, sur l’histoire et la stylistique du répertoire baroque porté à la scène depuis vingt-cinq ans : quels choix artistiques de la production Vilégier-Christie ont fait fortune ? quelles options ont été abandonnées ? que reste-t-il des charmes d’un art théâtral fastueux, de la mythologie du Grand Siècle, du geste de restauration qui firent le succès d’Atys en 1986 ?  On ne peut, cependant, inscrire cette production dans l’histoire du mouvement « baroqueux » sans s’interroger sur le phénomène de sa reprise, a priori paradoxale pour les arts vivants (danse, théâtre, opéra, performance, etc.). Le spectacle de 2011 pose la question de ce qui est repris de la version antérieure, de ce qui est appelé à faire œuvre et donc à être indéfiniment reproduit (la mise en scène, mais quoi au juste ? jusqu’où va l’œuvre dans la mise en scène ?), de ce qui échappe à la reprise (l’interprétation ? laquelle ? dans quelle mesure et à quelles fins ?), des modalités de transmission et de restauration. Le cas d’Atys peut alors être comparé à celui des Noces de Figaro, mis en scène par Giorgio Strehler et repris cette saison à l’Opéra de Paris, à d’autres reprises célèbres, à des modalités différentes de reprises – notamment celles des œuvres chorégraphiques (celles de Pina Bausch, par exemple ou les grands ballets classiques). Ces spectacles ont en commun d’être devenus un répertoire dont la reproduction est possible, mais pas la réinterprétation. En somme, la journée d’étude propose de réfléchir aux rapports entre l’acte de mise en scène, la mémoire théâtrale et le statut d’œuvre artistique, en partant du cas particulier d’Atys remonté à l’identique vingt-cinq ans après sa création. Les participants seraient invités à assister à la répétition générale du spectacle, le dimanche 15 mai 2011 au Théâtre de Caen. La journée d’étude se déroulerait le lendemain, selon les deux axes proposés. La matinée serait l’occasion d’une analyse collective d’Atys, après une série d’interventions sur la place du spectacle dans la mise en scène du répertoire baroque. L’après-midi serait le cadre d’une réflexion sur le geste de la reprise dans Atys et d’autres spectacles, dans leurs liens avec la mémoire du théâtre et la figure des metteurs en scène, comme dans leur aspiration à être une œuvre et constituer un répertoire.

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Catherine Bienvenu +33 0231566227