L'écrivain critique : le dialogue des Arts

Lieu : MRSH - SH 126
Début : 28 oct. 2010 - 15:00
Fin : 28 oct. 2010 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : BERRANGER Marie-Paule/DIAZ Brigitte

« Je crois sincèrement que la meilleure critique est celle qui est amusante et poétique; non pas celle-ci, froide et algébrique, qui, sous prétexte de tout expliquer, n'a ni haine ni amour, et se dépouille volontairement de toute espèce de tempérament; mais, ‑ un beau tableau étant la nature réfléchie par un artiste, - celle qui sera ce tableau réfléchi par un esprit intelligent et sensible. Ainsi le meilleur compte rendu d'un tableau pourra être un sonnet ou une élégie », c’est la réponse que Baudelaire fournit dans le Salon de 1846 à la question brûlante qu’il s’y pose : « A quoi bon la critique ? »

Avec Baudelaire, on poursuivra dans ce séminaire la réflexion sur la critique des écrivains, en se concentrant  sur la relation à l’œuvre d’art. Au moment où la critique s’institutionnalise dans le courant du xixe siècle, devenant une discipline à part entière et même un pouvoir, les écrivains ont souvent servi de médiateurs au peintre, voire de traducteurs auprès du public des Salons. C’est cette histoire de la théorie artistique des écrivains, souvent en dialogue avec leur art poétique, que nous essaierons de retracer, dans la diversité de ses formes, de son écriture et aussi de ses critères d’évaluation. Il sera question des Discours sur l’art qui constituent un « genre » de la Renaissance au XVIIIème siècle,   mais plus généralement aussi des discours sur l’art, dans tous leurs états : essai, « Salon », ekphrasis, transposition d’art, poème critique, hommage ou visite à l’atelier du peintre… Il y va d’une qualité ou d’une singularité du regard de l’artiste, d’une projection dans l’œuvre de l’Autre qui peut aller jusqu’à la complicité, mais aussi de la pensée sur le visible et ses frontières,  de la relation entre voir et dire.

Si les poètes et les peintres ont entretenu des rapports d’élection, l’écrivain a aussi été le médiateur des autres arts : l’architecture, la danse et le cinéma au XXème siècle, mais aussi la musique, depuis la fin du XIXème siècle : Wagner, Debussy, les compositeurs russes, le groupe des Six … ont trouvé d’ardents intercesseurs parmi les écrivains de leur temps.

Enfin nous verrons que le discours sur les arts n’est nullement un monologue et que les musiciens et les peintres, les architectes dans leurs « cités idéales », ont aussi répondu aux textes et aux utopies littéraires : au-delà de la mise en musique ou de l’illustration, ils ont proposé leur propre lecture des poètes, prolongé leurs spéculations, cité parfois pour les subvertir, parfois pour les célébrer, leurs sources littéraires, en quoi ils participent pleinement du dialogue critique sur les arts.

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