Journée d'étude - L’œuvre et les institutions

JOURNÉE D'ÉTUDE - 9 novembre 2018

Les phénomènes artistiques ont suscité l’intérêt de chercheur·se·s de différents champs disciplinaires, « de la philosophie, à la sociologie, à la poétique, à l’esthétique ou à l’histoire » (Aron, Viala, 2006). Ce champ de recherche ne cesse d’approfondir les liens entre l’art et la vie sociale, entre créations individuelles et faits collectifs, mobilisant des approches sociohistorique et sémiologique (Lahire, 2016 ; Martin 2016). La figure de l’artiste bohème libre de toute entrave persiste pourtant, et le mythe de l’autonomie de l’art reste largement répandu.

Cette journée d’étude souhaite interroger les rapports des oeuvres aux institutions. Inscrite dans un réseau institutionnel (politique, économique, social, culturel), une oeuvre d’art peut faire l’objet de contrôle, de censure, de surveillance, mais aussi de valorisation et d’appropriation. Ces transformations peuvent avoir lieu à différents moments : en amont de la production artistique – lorsque les contraintes sont anticipées, pendant son exécution – si sa forme le permet, ou au cours de sa diffusion. S’il s’agit d’une pratique artistique contrôlée ou surveillée pendant une longue période, par un régime politique donné, il se peut que la pratique elle-même se transforme. Les processus de sélection et de légitimation qui découlent de cette action institutionnelle contribuent in fine à donner forme à « l’oeuvre même », et à plus grande échelle à dessiner des formes esthétiques hégémoniques.

L’analyse des relations entre l’oeuvre et les institutions oblige ainsi à croiser des méthodologies disciplinaires diverses tirées aussi bien de l’histoire, de la sociologie, que de l’esthétique et la sémiologie. Le corpus théorique attaché à ces problématiques est vaste et demande pour chaque objet à être actualisé. Cette journée d’étude propose de réunir des travaux de jeunes chercheur·se·s engagé·e·s dans un travail d’actualisation de ces problématiques, afin de partager des questionnements méthodologiques et transdisciplinaires. Les interventions porteront sur la période contemporaine jusqu’à l’histoire du temps présent (XIXème jusqu’au XXIème siècle). Elles privilégieront les études de cas de n’importe quelle production artistique (Cinéma, Théâtre, Musique, Danse, Poésie, Littérature, etc.) à travers le monde.

lea.goret@unicaen.fr

emmanuelle.thiebot@unicaen.fr

Contact