PAX - Pour une histoire de la paix romaine

Lieu : Salle des Actes Sh 027 de la MRSH (22/05) - Salle du Belvédère (23/05)
Début : 22/05/2018 - 14:00
Fin : 23/05/2018 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : Caroline Blonce - Thomas Hippler

Ce colloque prend place au sein projet de recherche RIN La paix : perspectives historiques, conceptuelles et normatives.

Si la réflexion contemporaine a souvent fait de la paix une invention récente, ce colloque entend donner l’opportunité de retracer les origines de certaines idées modernes sur la paix, et de ce point de vue, l’expérience romaine apparaît fondatrice et problématique à bien des égards. De fait, les sociétés anciennes étaient profondément concernées par la notion de paix et ont produit des réflexions théoriques sur les causes de la guerre et les possibilités d’atteindre la paix politique, mais personne n’ignore que « la paix » joue parfois le rôle d’une justification idéologique, souvent à peine voilée, pour la domination politique et c’est habituellement la partie la plus forte qui a un intérêt à promouvoir la paix. Cela est particulièrement vrai pour la paix romaine qui évoque presque inévitablement l’idée de domination impériale. « Auferre, trucidare, rapere falsis nominibus imperium, atque ubi solitudinem faciunt, pacem appelant ». Le tranchant corrosif de cette formule de Tacite (Vie d’Agricola, 30, 7) n’a rien perdu de sa force d’évocation. Ainsi le mot pax reste entaché d’un soupçon indélébile d’une usurpation idéologique et se trouve par là même piégé dans une sorte de paradoxe du Crétois : il se dénonce soi-même comme mensonge.

Ces thématiques ont déjà été pour partie explorées par deux colloques internationaux récents organisés par K. A. Raaflaub, War and Peace in the Ancient World, Oxford, 2007, et Peace in the Ancient World. Concepts and Theories, Oxford, 2016. De manière significative, si le volume War and Peace comporte trois chapitres consacrés à Rome, celui intitulé Peace in the Ancient World n’en contient aucun. En effet, selon K. A. Raaflaub, les Romains, contrairement aux Grecs, n’ont jamais développé de pensée de la paix. Notre colloque entend donc revenir sur ce constat, questionner à nouveaux frais le rapport des Romains à la Paix, aussi bien du point de vue conceptuel et théorique que du point de vue concret et pratique, comme l’illustre l’expression pax romana, souvent utilisée mais rarement définie comme telle.

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