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L’imaginaire totalitaire dans la bande dessinée francophone après la Seconde Guerre mondiale

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Michel Porret, prof. ordinaire d’histoire moderne (univ. Genève)
Date : 08/06/2010
Lieu : CCIC, Cerisy-la-Salle
Durée : 38:26

Cette conférence a été enregistrée dans le cadre du colloque international intitulé Guerres et totalitarismes dans la bande dessinée, qui s'est déroulé au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle du 7 au 10 juin 2010, sous la direction de Viviane ALARY (Clermont-Ferrand) et Benoît MITAINE (Caen). Ce colloque a été organisé par l'Equipe de Recherche sur les Littératures, les Imaginaires et les Sociétés (ERLIS) de l'Université de Caen Basse-Normandie en association avec le Centre de Recherche sur les Littératures et la Sociopoétique (CELIS) de l'Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, avec le soutien du Conseil général du Puy-de-Dôme, du Conseil régional d'Auvergne, de l'Ambassade d'Espagne et de la Ville de Clermont-Ferrand.

Actes du colloque

Publication CCICLignes de front. Bande dessinée et totalitarisme

Viviane Alary, Benoît Mitaine (dir.)

Editions Médecine et Hygiène - Georg Editeur - 2011

ISBN : 978-2-8257-1002-9

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Présentation du colloque

La bande dessinée, à l’instar des autres arts, s’imprègne en permanence des secousses qui bouleversent la marche du temps. En tant qu’événements majeurs de l’histoire des nations et des peuples, les guerres et les totalitarismes, deux phénomènes souvent liés par des relations de cause à effet, se trouvent naturellement présents dans l’univers bédéistique. Mais la bande dessinée ne fait pas que consigner les événements marquants telle une simple caisse d’enregistrement et son histoire montre combien ce médium est aussi souvent un art de l’engagement. Outre la volonté de faire ressortir l’existence de patrimoines iconographiques souvent méconnus, ce colloque international se propose de réfléchir sur toutes les formes de récits graphiques traitant de la guerre ou du totalitarisme et des conséquences qui s’ensuivent pour les sociétés.

Présentation de l'intervenant

Michel Porret est professeur ordinaire d'histoire moderne à l'Université de Genève. Après avoir été Visiting fellow researcher à l'Université de Princeton (1990-1991), il a soutenu en 1992 sa thèse à celle de Genève (Le crime et ses circonstances. De l'esprit de l'arbitraire au siècle des Lumières selon les réquisitoires des procureurs généraux de Genève, Genève, 1995, Prix Montesquieu 1995 de l'Académie Montesquieu de Bordeaux). Il a publié une quinzaine d'ouvrages et organisé ou coorganisé autant de colloques internationaux dans le cadre de la Faculté des Lettres et du Département d'histoire (Beccaria, Rousseau, Montesquieu, Voltaire, Le corps violenté, l'Encyclopédie méthodique, Réseaux intellectuels en Europe de 1760 à la Restauration, etc.). Chacun de ces colloques a fait l'objet d'une publication. Corédacteur des Annales J.-J. Rousseau (Genève), de Crime, Histoire et Sociétés (CESDIP, Paris), de XVIIIe siècle ; il est également correspondant suisse de l'International Association for the History of Crime and Criminal Justice (Paris), membre du comité scientifique international de la nouvelle Revue d'histoire des sciences humaines (CESDIP, Paris), vice-président de la Société française d'étude du XVIIIe siècle, et membre du Comité scientifique du Centre international d'étude du XVIIIe siècle Ferney-Voltaire créé en mai 1999, ainsi que du Comité des Rencontres internationales de Genève. En mai 2002, il a élaboré avec les éditions Droz, une nouvelle collection d'ouvrages scientifiques (Bibliothèque des Lumières, 15 titres parus). En 2007, il crée une nouvelle collection d'ouvrages de sciences humaines chez l'éditeur GEORG (Genève) : L'Équinoxe. Ses recherches en cours portent sur l'histoire du droit de punir sous l'Ancien Régime ; la censure judiciaire au XVIIIe siècle; les magistrats et experts en Europe moderne; la médecine légale avant le XIXe siècle ; les brochures concernant Rousseau et Montesquieu ; les Lumières et la réforme pénale, Beccaria.

Résumé de la communication

Durant les Trente glorieuses, nous l'avons montré, l'imaginaire spectaculaire de la grande menace caractérise la bande dessinée francophone (BD)1. Production massive pour enfants et adolescents, elle décline volontiers l'aventure selon les canons exotiques ou non du roman populaire jusqu'aux années 1930. Son contexte socio-historique l'inspire. La grande épreuve de l'« âge des extrêmes » (Éric Hobsbawn) qu'est le XXe siècle reste l'expérience totalitaire contre le libéralisme de l'État de droit. Entre réalisme et caricature, la BD y fait écho. À preuve, durant la « montée des périls » dès 1933 : Le sceptre d'Ottokar (1938-1939) ; au coeur de la Guerre froide : L'Affaire Tournesol (1954 ; 1955), coursepoursuite entre roman d'espionnage à la John le Carré et farce burlesque, à suivre Groucho Marx - adepte d'un marxisme qui brise avec la lutte des classes - devant la réception de l'hôtel Zsnôri de Szhôd. Après 1945, des États imaginaires de la BD évoquent l'Europe que scinde le « rideau de fer » (Bordurie, Poldévie, Braslavie, Koldurie, etc.). Exotisme danubien, police omniprésente, terrorisme d'État, projets bellicistes : ces régimes totalitaires ou autoritaires à la Staline ou à la Tito offrent le cadre manichéen de la quête du bien du héros démocratique (globe-trotter, détective, journaliste, etc.). Or, si Tintin, Valhardi, Marc Dacier et la Patrouille des Castors affrontent les sbires totalitaires pour déjouer la « grande menace » sur l'Europe libérale, E. P. Jacobs - dans le sillage swiftien d'H.G. Wells et de G. Orwell - illustre le totalitarisme (Le Secret de l'Espadon, 1950-1953 ; Le Piège diabolique, 1962) comme la contre-utopie dictatoriale du monde parfait hors de l'histoire (L'énigme de l'Atlantide, 1957). À l'optimisme jacobien - échec de Big Brother contre l'aimable libéralisme de Blake et Mortimer - suivent le cauchemar climatisé de Jacques Lob et Jose Bielsa (Les mange-bitume, 1974) et le désespoir de Chantal Montellier (Shelter, 1980 ; L'esclavage c'est la liberté, 1984) - double triomphe du projet totalitaire dans sa vulgate BD néo-orwellienne.

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