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Une étape dans l’achèvement territorial de la Normandie. Comment la "Normandie occidentale" fut-elle rattachée à la principauté ?

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Eric Van Torhoudt, Professeur agrégé d’Histoire
Structure de recherche associée à la MRSH : CRAHAM
Enregistré le : 29/09/2011 - Durée : 31mn32s - Réalisation : CEMU - MRSH
Lieu : CCIC Cerisy la Salle ; CRBN

Cette conférence a été filmée dans le cadre du colloque intitulé "Penser les mondes normands médiévaux (911-2011)", qui s'est déroulé au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle du 29 septembre au 2 octobre 2011, sous la direction de David BATES (University of East Anglia, Université de Caen Basse-Normandie (UCBN) - CRAHAM) et Pierre BAUDUIN (Université de Caen Basse-Normandie (UCBN) - CRAHAM). La première journée du colloque s'est tenue à Caen, à l'invitation du Conseil régional de Basse-Normandie.

Actes du colloque

Publication du CCIC911-20111. Penser les mondes normands médiévaux

David Bates, Pierre Bauduin (dir.)

Presses Universitaires de Caen — 2016

ISBN : 978-2-84133-774-3

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Présentation du colloque

À l'occasion du 1100ème anniversaire de la fondation du duché de Normandie, cette rencontre a été l'occasion de faire un bilan de l'historiographie récente des débuts de la principauté normande et, au-delà, d'étendre la réflexion sur les recherches engagées depuis une vingtaine d'années sur les mondes normands médiévaux - définis ici sommairement comme les territoires où les Normands se sont établis.
Les thèmes abordés ont été envisagés sur une longue période (IXe-XIIIe siècle) et sur un espace couvrant l'Europe du Nord-Ouest (Normandie, Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, Irlande), l'Europe septentrionale et orientale (Scandinavie, littoral de la Baltique, Russie), le bassin méditerranéen (Italie du Sud, Proche-Orient, Byzance).

Présentation de l'intervenant

Eric Van Torhoudt est professeur agrégé d'histoire. En 2008, il a soutenu une thèse de doctorat intitulée Centralité et marginalité en Neustrie et dans le duché de Normandie. Maîtrise du territoire et pouvoirs locaux dans l'Avranchin, le Bessin et le Cotentin.

Résumé de la conférence

L'historicité des limites de la Normandie est admise par la plupart des auteurs. Mais, que ces limites soient décrites comme linéaires ou épaisses, qu'elles soient considérées comme un héritage des cadres préexistants ou réajustées « aux mouvements de l'Histoire », les princes Normands des Xe-XIe siècles sont campés comme des princes territoriaux. Le territoire, défini classiquement comme l'« espace de projection » du pouvoir comtal puis ducal, constitue la matrice de la construction de la Normandie.

Or les courants de recherches récents abordent la territorialisation du point de vue de l'histoire sociale et définissent le territoire comme le « rapport d'une société à son espace ». Ils ont ainsi rompu avec une tradition historiographique qui non seulement postulait l'immuabilité des cadres territoriaux et de leurs limites, mais ignorait les formes diverses de représentation et d'organisation spatiales. Ainsi, s'affirme l'historicité de la territorialité.

Les accords de 911, 924 et 933 dessinent une Normandie éphémère ancrée sur des lieux de pouvoirs neustriens (Rouen, Le Mans et Bayeux) et étendue aux relations personnelles du prince avec ses fidèles normands, bretons (cession de la terre des Bretons jusqu'à la mer), cotentinais ou bayeusains (selon l' « éthnogéographie » de Dudon de Saint-Quentin). Pour les deux premiers princes normands, les relations de fidélités et d'alliances priment la projection territoriale. La possession de lieux symboliques, comme l'élargissement géographique de leurs réseaux, fut la manifestation la plus tangible de leur ascension au sein de la hiérarchie élitaire franque. Le réseau de liens personnels fut d'ailleurs leur principale réussite et leur legs le plus durable. En effet, alors qu'avec la mort de Guillaume Longue Épée la construction territoriale s'effondre, son fils Richard parvient à conserver le noyau de sa principauté grâce à ses réseaux francs et scandinaves. Puis, par ses mariages avec Emma et Gunnor, Richard Ier constitua entre 954 et 990 ses propres réseaux personnels.

Quelles furent les formes territoriales de cette nouvelle Normandie ?

On considère habituellement les comtés et les vicomtés normands comme les héritiers directs des pagi carolingiens. Or, la polysémie du mot brouille l'image d'un maillage régulier. Les circonscriptions ecclésiastiques ne furent pas non plus les cadres de l'expansion. Dudon de Saint-Quentin impose la représentation d'une expansion véritablement territoriale, c'est-à-dire présentée comme la « projection spatiale du pouvoir des princes de Rouen ». La documentation permet alors de mieux comprendre la structure spatiale fortement polarisée de cette Normandie. Des réseaux aristocratiques unifiant la principauté démentent l'appréciation habituelle d'un espace occidental mal contrôlé jusqu'en 1047.

La territorialisation de la principauté fut aussi un processus interne et ascendant. À l'échelle locale, des conflits entre les nouvelles autorités seigneuriales laïques et ecclésiastiques révèlent les processus de formation territoriale en cours au XIe et au début du XIIe siècle.

Ainsi les pouvoirs Normands produisirent leur propre système spatial, qui parfois retrouva des tracés anciens. Le territoire normand délimité et hiérarchisé fut un aboutissement et non la matrice dans laquelle la Normandie s'est construite.

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