Quelque longue que soit l'absence : procurations et pouvoir féminin à Québec au 18e siècle

Benoît Grenier, professeur agrégé d'histoire
Université de Sherbrooke
Structure de recherche associée à la MRSH : CRHQ
Date : 18 déc. 2012
Lieu : MRSH
Durée : 40:46

Cette contribution a été enregistrée sans le cadre du cycle de conférences Le CRHQ invite.

Benoît Grenier est professeur agrégé au département d'histoire de l'Université de Sherbrooke (Québec) depuis 2009, où il enseigne l'histoire canadienne préindustrielle. Son cadre d'observation est la vallée du Saint-Laurent des 17e, 18e et 19e siècles. Ses intérêts de recherche portent sur deux volets qui s'entrecroisent, soit le monde seigneurial au Québec, dans ses dimensions sociale, économique et culturelle, puis le pouvoir féminin sous le régime français, notamment par l'étude des procuratrices et des seigneuresses. Il est également membre du Centre Interuniversitaire d'Études Québecquoises (Université Laval / UQTR.

Résumé de la conférence

Dans les sociétés préindustrielles, l'exercice du pouvoir au sein de la famille est étroitement lié aux contingences juridiques et aux normes patriarcales. La connaissance du rôle joué par les femmes dans les activités économiques de la famille, en particulier les femmes mariées, échappe le plus souvent aux historiens. L'étude des procuratrices à Québec, capitale de la Nouvelle-France au XVIIIe siècle, permet de mieux comprendre le fonctionnement du couple dans un contexte colonial marqué par l'absentéisme masculin. L'analyse des actes de procurations octroyés aux femmes, combinée à une étude prosopographique de nature sociodémographique, révèle les enjeux et les circonstances de ce transfert circonstanciel de pouvoir. Cette voie montre qu'il est possible de contourner partiellement le silence entourant les activités des épouses pour éclairer la délicate question de la complémentarité et de la confiance au sein du couple.