La joie comme acte et le tout-autre
Robert Misrahi, Professeur émérite de philosophie Date : 16 juin 2012 Lieu : CCIC Cerisy la Salle Durée : 115:09 | ![]() |
Robert Misrahi élabore une philosophie exigeante qui s'est toujours tenue à distance des modes traversant le champ intellectuel et qui pourrait se définir comme un humanisme moderne. Son propos est de décrire les conditions de possibilité de l'accès de chacun et de tous à une existence heureuse.
Cette conférence s'est déroulée dans le cadre du colloque qui s'est tenu à Cerisy du 9 au 16 juin 2012, où se sont réunis des philosophes ayant mis en résonance avec leurs propres recherches les principaux aspects de la philosophie de Robert Misrahi : entre autres, la question du désir, du corps et de la conscience, la redéfinition du bonheur comme acte d'un sujet, la problématique de la liberté.
Résumé de la conférence
Parce que la conscience est désir, la question éthique est de savoir comment vivre. Face au monde empirique s'imposent alors la nécessité théorique d'une anthropologie philosophique et la nécessité pratique d'une conversion. Seule cette conversion permet l'accès à un bonheur d'être: il est l'expérience et le déploiement du tout-autre. Elle est l'instauration d'un nouveau rapport à soi (autonomie), à l'autre (réciprocité véritable) et au monde (jouissance réfléchie). En chaque perspective se déploie une joie "substantielle". Celle-ci n'est pas seulement la surprise enthousiasmante, elle est aussi la jouissance d'un acte de création et de contemplation. Celui-ci est à la fois un dynamisme et un vécu dense, intense et justifié. Le sujet accède alors à une espèce de plénitude active, intuitive et consciente. Il devient jouissance d'être. J'appelle bonheur la mémoire, l'expérience actuelle et l'anticipation de quelques-uns des grands actes de la joie : fonder, aimer, agir.









