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Archéologie et mémoire du Front d'Orient

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Eric Allart, enseignant lettres - histoire, archéologue
Structure de recherche associée à la MRSH : HISTEMÉ
Enregistré le : 27/03/2019 - Durée : 24mn - Réalisation : MRSH
Lieu : Mémorial de Caen

Cette communication a été filmée lors du colloque international intitulé De Verdun à Caen - L'archéologie des conflits contemporains : méthodes, apports, enjeux qui s'est déroulé au Mémorial de Caen les 27 et 28 mars 2019, organisé par la DRAC Normandie, la DRAC Grand-Est, l'Inrap et l'Université de Caen (MRSH-HisTeMé) avec le partenariat de  la Région Normandie, du Département du Calvados, de la Ville de Caen  et du Groupe de recherches archéologiques du Cotentin.

Depuis plus d’une décennie, l’archéologie contemporaine s’est approprié ce nouvel objet d’étude que sont les conflits de l’ère contemporaine. Ce champ de recherche encore jeune, dont la pertinence est de moins en moins disputée à mesure que se succèdent les découvertes, a vu l’émergence de questions spécifiques auxquelles les archéologues n’avaient que peu ou pas été confrontés jusqu’alors...

Eric Allart est professeur de lettes - histoire en lycée professionnel. En parrallèle de son poste d'enseignant, Il travaille depuis 2009 sur un projet de prospection archéologique et d’enquête orale sur la boucle de la Cerna pendant la première guerre mondiale, avec deux collègues en République de Macédoine. Les résultats ont abouti à la présentation de trois expositions, trois publications, et à plusieurs conférences en France, en République de Macédoine, à Bucarest. Depuis 2014 le projet a été labellisé par la Mission du Centenaire. En juin 2016, Eric Allart a été intégré comme expert par l’Institut français de Skopje dans le groupe d’appui scientifique de valorisation du Front d’Orient.

Depuis 2010 des prospections archéologiques et des recueils de témoignages ont été réalisés en République de Macédoine dans la boucle de la Cerna, un secteur du front d’Orient disputé entre la Triple Entente et la Triple alliance, stabilisé entre novembre 1916 et la percée de septembre 1918.
Ce front est le plus multinational de la première guerre mondiale : Bulgares, Russes, Allemands, Austro-Hongrois, Serbes, Roumains, Italiens, Français et Britanniques incluant leurs troupes coloniales.
Ces armées, utilisant aussi la main d’œuvre civile, ont dû construire routes et ouvrages de franchissement à travers les vallées et crêtes dinariques du massif de Mariovo. Les questions cruciales d’approvisionnement et de logistique, insuffisantes jusqu’à la dernière année du conflit, ont laissé d’importants ouvrages de génie civil et militaire. Ces derniers ont été les premiers, sinon les seuls, à faire entrer la région dans le XXè s.
Dans des vallées marécageuses, sur des pitons pouvant dépasser 1500 m, des contraintes de relief et de climat y ont conditionné des ouvrages spécifiques, pour le cantonnement et les postes de combat. Les premières lignes sont creusées dans la roche au pic et l’explosif. Les ouvrages défensifs mêlent la roche et le béton armé. Ces supports livrent des inscriptions et des figurations pariétales. Un abondant matériel militaire a été abandonné sur place.
Le traitement des morts, regroupés dans de grandes nécropoles pour les franco-britanniques, a laissé des petits cimetières pour les serbes, et des inhumations d’urgence oubliées et mal identifiées.
Ces espaces désertifiés sont en constante déprise démographique. Pendant plus d’un siècle les locaux se sont livrés à un intense travail de récupération et de réemploi de matériel militaire. Le recyclage et la réutilisation perdurent, tant dans l’architecture civile que dans le quotidien de communautés paysannes encore porteuses de traditions orales longtemps négligées et inédites.
La pauvreté et l’isolement des habitants donnent encore lieu à des permanences de pratiques singulières liées à ce mobilier militaire.

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