Paysages d’après photographie
Laboratoire conception, territoire, histoire » attaché à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage
A l'automne 2011, fruit d'une collaboration avec le LACTH (« Laboratoire conception, territoire, histoire » attaché à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille et associé à la MESHS), le cycle Paysage et photographie a amené la MESHS de Lille à envisager les rapports entre deux notions, deux arts, deux disciplines qui paraissent à la fois familières et néanmoins font l'objet de recherches scientifiques avancées.
Sabine Ehrmann est photographe, docteur en esthétique, enseignante formation Paysage à l'ENSAPL. Elle est chercheuse au LACTH.
En regard de quelques images, il s'agit de se demander ce que la photographie a fait au paysage. Sous cette question se love l'hypothèse que la photographie aurait fait époque pour le paysage ; une époque moderne. Qu'on pense à la photographie comme à un des outils désormais familier des paysagistes, comme à un référent visuel qui aura su faire entrer sous le référent « paysage » des espaces en marge des canons traditionnels de reconnaissance (zone industrielle, friche urbaine, espace infrastructurel, etc.) ou que l'on considère le cortège sémantique (le banal, le fragment, la révélation, etc.), abondamment réactivé par nos manières actuelles de voir, de dire et peut-être aussi de faire des paysages ; l'hypothèse est que la photographie aura, si ce n'est déterminé, du moins imprégné profondément la définition du paysage moderne. Elle aurait, a minima, fait cela au paysage : le tenir pour un moment d'espace. Il convient de mesurer les conséquences de cette proposition qui formule paradoxalement le paysage dans l'ordre des événements plus que dans celui des images.
S.E.









