Au-delà du développement durable. Lignes pour un dialogue entre la décroissance et le « buen vivir ».

Ernest Garcia, Professeur de sociologie et d'anthropologie
Université de Valence
Structure de recherche associée à la MRSH : CERReV
Enregistrement : 13 mars 2012 - Durée : 1h30mn38s - Réalisation : CEMU - MRSH
Lieu : Université de Caen

Cette conférence a pour titre : « Au-delà du développement durable ». Elle a été filmée le 13 mars 2012 dans le cadre du séminaire annuel « Changements institutionnels, risques et vulnérabilités sociales », au programme du Master recherche de Sociologie de l'Université de Caen. Initié dans les années 1990, ce séminaire est actuellement dirigé par Salvador Juan, professeur de sociologie à l'Université de Caen.

Ernest Garcia est professeur au département de sociologie et d'anthropologie sociale à l'université de Valence (Espagne). Sociologue de l'environnement, il a notamment effectué des recherches sur le développement durable, la vie au travail, les conflits sociaux autour des questions environnementales, la gestion durable des zones côtières, la consommation et la durabilité, les valeurs environnementales etc.

Le modèle de la croissance industrielle fondé sur l'utilisation de ressources infinies montre aujourd'hui ses limites. Au-delà de l'idée de développement durable qui implique un respect de l'environnement, allié à une croissance économique et sociale, Ernest Garcia propose de réfléchir sur les notions de décroissance et de « bien-vivre ». Ces deux idées ont en commun la critique du développement.

S'il existe plusieurs approches de la décroissance, le sociologue adhère à celle qui part du principe que l'expansion démographique et économique a déjà dépassé ses limites. La décroissance n'est alors pas une option dépendant de considérations morales ou politiques, mais une perspective nécessaire et inévitable. Cette approche se caractérise par son insistance sur la dimension non durable de la notion de dépassement, et par son affirmation du besoin de trouver des réponses aux problèmes sociaux et politiques en dehors du paradigme du développement.

La notion de « bien-vivre » intègre les inégalités engendrées par le développement et considère des solutions culturelles, et pas seulement économiques : insistance sur l'échelle locale/régionale, revendication d'autonomie et de diversité culturelle.

En discutant différentes théories, Ernest Garcia montre l'importance de la problématique de l'agencement entre nature et société. Cependant, aucune culture ne comprend une assurance de durabilité. Dans les théories du changement social, il ne faut pas tenir compte uniquement de la dimension culturelle, mais intégrer le pouvoir d'action des hommes sur l'environnement. Enfin, la question de la surpopulation ne peut être évitée en fonction de ces considérations.

Mathilde Heinrich